Non aux inégalités obscènes ! Le Long confinement...Et demain ?

C'est le titre d'un ouvrage du sociologue Gabriel Langouët écrit à la fin du premier confinement et qui vaut d'être parcouru au seuil du confinement à venir. Il esr centré sur la question des inégalités (une constante chez lui) dans un cadre non seulement français mais résolument planétaire.

Ce dernier ouvrage de Gabiel Langouët est un « essai » d'une facture tout à fait particulière puisqu'il s'appuie sur les trois livres précédents du même auteur (ce qui n'est certes pas tout à fait inédit) mais aussi sur des recensions ou des réactions qu'ils ont suscitées (et qui sont dûment citées) en vue d'en tirer des éclairages et des propositions ad hoc. De l'art de faire un ''mélange'' (pluriel et pluraliste) avec l'ambition que cet « essai » soit une sorte de « manifeste »

Comme Gabiel Langouêt a cité longuement dans cet ''essai'' la recension que j'avais faite du premier de ces trois ouvrages le 14 novembre 2011 dans « Médiapart », elle est reproduite ici in extenso pour que l'on ait une idée un peu précise de ce qui est fondamentalement en jeu pour lui dans le moment très particulier que nous vivons, et à partir de quoi il tente de penser notre situation. Et notre avenir possible.

« Les inégalités entre Etats et populations de la planète. Trop, c'est trop.

Il ne faudrait pas s’imaginer que cet ouvrage est la simple profession de foi d’un ‘’indigné’’ ( même s’il l’est effectivement), car Gabriel Langouët s’est emparé avec beaucoup de rigueur de statistiques plus ou moins éparses concernant 182 pays pour scruter et ordonner les inégalités face à l’espérance de vie ou quant à l’accès aux biens indispensables à la vie ou à la survie (de la nourriture aux soins médicaux ),et, bien sûr aussi, les inégalités quant à l’accès des jeunes et des adultes à l’éducation. Mieux, il a réussi à les présenter le plus souvent de façon astucieuse, afin de ne pas lasser voire rebuter le lecteur. C’est lisible, et à lire.
Dans une première partie, Gabriel Langouët procède à une mise à l’épreuve serrée, (et finalement à une validation ) de l’Indice de Développement humain qui a été construit selon les orientations théoriques du prix Nobel Amartya Sen (sur trois composantes : le Produit intérieur brut par habitant, l’espérance de vie et le taux d’accès à l’instruction ), en mesurant les effets séparés puis combinés des trois composantes.Dans la seconde partie, l’Indice de Développement Humain apparaît comme la variable essentielle pour analyser les effets sur le développement humain des inégalités propres à chaque pays
.La partie centrale de sa conclusion générale vaut d’être citée in extenso : « Les comparaisons effectuée entre des Etats et quels que soient leurs niveaux moyens de richesse ou de pauvreté, ont confirmé, à de très rares exceptions près, le lien étroit et constant entre la redistribution des richesses et le niveau de développement humain. D’une part, à revenus moyens par habitant sensiblement équivalents, les Etats égalitaires produisent des résultats plus élevés que ceux des Etats inégalitaires, et le plus souvent à la fois en termes de vie ou de santé ; et même, notamment s’il s’agit des plus riches, des différences sont observées entre Etats intermédiaires et Etat égalitaires, voire, dans le cas des Etats très riches, ou extrêmement riches, entre Etats assez égalitaires et Etats très égalitaires ( par exemple entre certains Etats du Nord de l’Europe et ceux de l’Ouest ). D’autre part, et complémentairement, dans le cas de revenus moyens par habitant qui diffèrent, un Etat moins riche mais plus égalitaire compense, au moins pour une part ou totalement si l’écart de développement est assez modéré, le déficit qu’il aurait pu enregistrer par rapport à un Etat plus riche mais plus inégalitaire ; et ce fait, très net lorsqu’on oppose un Etat très inégalitaire et un Etat très égalitaire, se maintient même lorsque les différences d’inégalités deviennent plus atténuées, voire très atténuées ».« C’est pourquoi, au moins à partir d’un certain niveau, les inégalités de redistribution à l’intérieur des Etats sont inacceptables, et totalement injustes » conclut Gabriel Langouët.

On peut ainsi saisir plus facilement dans quel sens et comment Gabriel Langouët peut s'efforcer de penser notre situation ''pandémique'' et notre ''avenir'' possible dans son dernier livre :« Non aux inégalités obscènes ! Oui à de plus justes partages ! Le long confinement...Et demain ? » paru au second semestre de l'année dernière aux éditions « Des auteurs et des livres ».

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