Des votes d'enseignants volatils ?

Le sondage Opinionway publié samedi dernier par « Le Figaro »   indique que seulement 21% des enseignants seraient actuellement prêts à voter pour François Hollande (contre 44% dans le sondage de même type qui avait eu lieu à l'approche des dernières présidentielles).

Le sondage Opinionway publié samedi dernier par « Le Figaro »   indique que seulement 21% des enseignants seraient actuellement prêts à voter pour François Hollande (contre 44% dans le sondage de même type qui avait eu lieu à l'approche des dernières présidentielles).

L'ampleur de cet écart est manifestement frappant. Et ce serait un écart sans précédent historique s'il se trouvait confirmé plus tard à un moment effectif d'élections, aux futures présidentielles en l'occurrence.

Contrairement à ce que l'on pense généralement, le vote des enseignants est loin d'être stable et aussi fortement structuré qu'on le croit. Si l'on regarde d'un peu près ce type de sondages qui ont eu lieu ces vingt dernières années à l'approche des présidentielles (et même si l'on n'oublie pas les aléas et les biais qui peuvent leur être inhérents), on ne peut qu'être frappé par certaines fortes variations, de divers sens d'ailleurs. On prendra pour références le sondage effectué à la sortie des urnes après le premier tour des présidentielles de 1995, celui réalisé par la SOFRES fin mai 2002, et ceux effectués par l'IFOP en mars 2007, puis en avril 2012.

On peut d'abord noter l'écart important de votants qui se sont déclarés en faveur de Lionel Jospin (et cela en pleine situation d'élections présidentielles effectives) en 2002 par rapport à 1995  : 27% contre 40%.

Les fluctuations des votes déclarés en faveur de François Bayrou par les enseignants sondés sont, elles aussi, remarquables : 8% en 2002, 30% en 2007, 16% en 2012, 26% en juillet 2015. La hauteur que peuvent atteindre ces pourcentages (plus du quart des votants en 2007 et 2015) montre que l'on est sorti d'une structuration de base historique des votes enseignants, à savoir le conflit basique plus que séculaire entre le ''public'' et le ''privé'' (ce que l'on appelait naguère ''la question scolaire'') alors même que François Bayrou a commencé sa carrière de ministre (d'obédience ''démocrate-chrétienne'') en tentant d'abroger la ''loi Falloux'' pour favoriser l'enseignement privé (et en échouant face à la mobilisation du ''camp laïque'' et de François Mitterrand). Un ''péché'' sans doute désormais considéré comme'' véniel'' par un grand nombre d'enseignants.

Par ailleurs, si les totaux des déclarations de votes en faveur de candidats ''à la gauche de la gauche'' s'avèrent sensiblement de même hauteur, avec des variations qui ne sont néanmoins pas négligeables (15% en 1995, 18% en 2002; seulement 13% en 2007, mais 17% en 2012 et 22% en juillet 2015), les fluctuations du poids respectif des organisations impliquées peuvent être fortes en liaison avec l'émergence de certaines ''personnalités'' : 6% et 7% pour Arlette Laguiller en 1995 et 2002 ; 7% et 5% pour Olivier Besancenot en 2002 et 2007 ;15 % pour Jean-Luc Mélanchon en 2012 et 18% en juillet 2015.

En revanche, le pourcentage de votants en faveur du principal candidat de droite est presque une constante parmi les enseignants sondés durant cette vingtaine d'années : 13% et 12% pour Jacques Chirac en 1995 et 2002 ; certes 18% pour Nicolas Sarkozy en 2007 mais 13% en 2012, puis à nouveau 13% en juillet 2015.

Enfin, les votes déclarés en faveur des candidats du Front national sont moins négligeables qu'on le croit souvent, avec peut-être une augmentation en fin de période (il est difficile de trancher, compte tenu des marges d'erreur ; mais la vigilance est de rigueur ). Jean-Marie Le Pen : 4% en 1995, 2% en 2002 , 4% en 2007 . Marine Le Pen : 4% en 2012, puis 6% en juillet 2015.

 

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