Jean-Luc Mélenchon et la situation en Syrie

Jean-Luc Mélenchon affirme «... il faut absolument qu'il y ait un cadre de droit international reconnu par tous  ... quand on arrive à l'ONU, les Russes et les Chinois s'opposent aux décisions ... Que pouvons-nous faire? Organiser les représailles qui s'imposent contre la famille al-Assad ».

http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/en-direct-la-journee-de-campagne-minute-par-minute-12-03-2012-1901667.php

L'attitude de Jean-Luc Mélenchon est sans nul doute ambigüe.

Mais nous sommes tous ici dans la même situation (sauf ceux qui sont bardés de leurs certitudes interventionnistes ou, à l'opposé, meyssaniques).

Nous avons été témoins des conséquences humaines incalculables des guerres d'Irak, d'Afghanistan, de l'obscénité et de l'irresponsabilité criminelle de l'intervention otanesque en Lybie, nous sommes témoins du silence et de l'hypocrisie qui entourent la Palestine.

Il y a les sermons, diffusés depuis des mois par les grands média en provenance des pays sous influence wahhabite, appelant à se "débarrasser des Alaouites". Cela ressemble étrangement parfois à la Radio des Mille-Collines, de sinistre mémoire rwandaise.

En même temps, le clan Assad se nourrit et joue de cette menace, pour maintenir son pouvoir, et créer dans ce but une situation irréversible pour les communautés chrétienne et alaouite, qu'il tente d'enfermer dans une liaison mortifère avec son propre régime.

Les Russes et les Chinois, comme tout le monde, jouent le jeu de rôles qui leur convient. Ce n'est pas moi qui vais leur jeter ni la pierre, ni des fleurs.

L'Irak et l'Afghanistan relèvent d'une conscience universelle absente. Ce qui se passe en Syrie en Lybie ou à Gaza, relève de la même barbarie humaine, et je ne suis pas le seul parmi les commentateurs de Médiapart qui ne supporte plus les indignations sélectives de ceux qui se placent du côté du "Bien", des "Occidentaux", du "camp des démocraties", des pays "civilisés".

J'espère qu'il est encore possible:

(1) d'empêcher le scénario lybien qui entrainerait le peuple syrien dans un puits sans fond.

(2) que le peuple syrien puisse reconstruire une nouvelle société, sans les Assad.

Mais ce n'est là peut-être qu'un rêve.

En attendant, c'est le cauchemar : hier, à Homs, je ne prétendrai pas désigner les auteurs du massacre de 47 personnes, femmes et enfants, dont s'accusent mutuellement le pouvoir syrien et l'ALS. Tout simplement, parce que je ne sais pas qui sont ces auteurs.

Intuitivement encore, je pense qu'une présence indépendante constituée sous l'égide de l'ONU, avec des contingents de pays non partie prenante dans ce conflit (Brésil, Inde, Afrique du Sud, etc..) aurait été souhaitable bien plus tôt, et l'est bien davantage aujourd'hui, de façon encore plus urgente, avec une aide nécessaire et impérative aux populations civiles.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.