De la baignoire au moratoire…

Tous les vendeurs d'électroménager le savent, les machines qu'ils vendent ont une durée de vie limitée. Les plus calés d'entre eux connaissent même la courbe en fond de baignoire de la probabilité d'une panne : non-négligeable au début, elle décroit rapidement vers une valeur faible et constante pendant plusieurs années, puis remonte.

Tous les vendeurs d'électroménager le savent, les machines qu'ils vendent ont une durée de vie limitée. Les plus calés d'entre eux connaissent même la courbe en fond de baignoire de la probabilité d'une panne : non-négligeable au début, elle décroit rapidement vers une valeur faible et constante pendant plusieurs années, puis remonte. A tel point que les réparations deviennent trop couteuses, voire impossibles. Cela vaut aussi bien pour une machine à laver que pour un réacteur nucléaire.

 

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Or les plus anciens de nos réacteurs ont déjà atteint la durée de vie pour laquelle ils ont été vendus et leur opérateur EDF se dit incapable de les remplacer immédiatement,donc obligé de les utiliser au delà de cette limite. Circonstance aggravante: comme ses procédures d'entretien ont évolué dans le sens de l'économie, EDF risque l'irréparable, comme la ménagère de la télévision qui n'a pas mis le produit recommandé par toutes les grandes marques dans sa machine à laver.

 

Il faut donc s'attendre à des arrêts de réacteur et à des réparations de plus en plus fréquentes et de plus en plus coûteuses, voire impossibles. C'est ainsi qu' EDF tente de justifier des augmentations conséquentes de ses tarifs à l'avenir.

 

Mais il y a une autre solution au problème. L’État, actionnaire majoritaire d' EDF, peut imposer un moratoire sur le versement des dividendes aux actionnaires, entre autres à lui-même. Tous les bénéfices seraient ainsi affectés aux investissements et à l'entretien du parc sans augmenter les tarifs au delà du raisonnable. Le titre EDF chuterait en bourse, ce qui permettrait à l'état d'asseoir sa majorité en l'acquérant à bon compte. Cette idée de moratoire sur les dividendes d' EDF, je l'avais déjà entendu présenter en 2006 par un homme politique dont le parti pourrait arriver au pouvoir l'an prochain. Puisse-t-il alors ne pas avoir la mémoire courte.

 

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