Si la Culture non plus, n'acceptait pas d'être gouverné par la peur et l'arbitraire?

en écho à un article paru sur médiapart le 18 septembre, "Pour survivre, le spectacle se réinvente...", on peut légitimement s'interroger : réinvention ou soumission? doit-on se soumettre à tout, sans (se) poser de questions

Le 12 septembre, 35 chercheurs, universitaires et médecins, tous spécialistes de santé signaient dans le parisien une pétition manifeste : « covid19 : nous ne voulons plus être gouverné par la peur… » Je ne commenterai pas ici le contenu de cette tribune et ne gloserai pas non plus : chacun pourra s’y reporter. (https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-nous-ne-voulons-plus-etre-gouvernes-par-la-peur-la-tribune-de-chercheurs-et-de-medecins-10-09-2020-8382387.php)

Leur argumentaire, es qualité, scientifique, cohérent et mesuré, permet de revenir sur un point qui relèverait d'une simple question de bon sens critique (par ces temps, ça devient si rare) quant à des notions comme : arbitraire, économie, liberté et égalité...et ce, dans le(s) secteur(s) culturel(s) et plus particulièrement spectacles et cinémas.

Appliquons cette démarche aux différents secteurs culturels. Pour faire court, posons la question simplement, à la manière de l’enfant du conte d’Andersen : « le roi est nu… » : en quoi le réduction des jauges dans les salles de spectacles habituelles avec l’obligation de laisser des places vides (théâtres, cinémas, chapelles et lieux divers… nous ne parlons pas ici des évènements festifs rassemblant des milliers de personnes) est-elle cohérente avec le remplissage sans restriction des TGV et avions?

Cet arbitraire contribue à fragiliser un secteur qui n’en demandait pas tant : inconsciemment ou délibérément qu’est-ce que cela signifie ?

Pourquoi ce double traitement ? En quoi les risques de contamination sont-ils plus importants pour un public de théâtre ou de cinéma, masqué bien entendu, que pour des voyageurs en TGV ou avion, tout aussi masqués (ce peut d’ailleurs être les mêmes !).

Scientifiquement, médicalement,… économiquement,… ‘sanitairement’,… qu’on explique ! Pourquoi une telle différence de traitement? Au nom de quoi?

Voilà ce que tout citoyen libre, responsable et sensé – un pléonasme ? - devrait (se) demander : Pourquoi ce deux poids deux mesures ? Nous voulons bien obéir mais pas sans comprendre… ?

Or il y a de quoi s’interroger ? Que constate-t-on ?

Face à l’incohérence de certaines mesures, en regard, la soumission et la passivité ambiante et en particulier dans les milieux culturels, si prompts sur bien des points à monter au créneau avec passion, voire avec véhémence et grandiloquence, parfois avec incohérence… enfin passons, ce n’est pas le sujet.

Le milieu culturel concerné (dans son ensemble : responsables et gérants de lieux, directeurs de troupes et de Cie, programmateurs privés ou des collectivités, artistes concernés… et même les publics) non seulement ne réagit pas, mais fait acte de soumission et d’allégeance à ces injonctions, sans même poser la question, la comparaison de bon sens : TGV/Théâtre, Avion/Cinéma,… ?

Au contraire, chacun, pour survivre, s'adapte, anticipe et applique avec zèle même… c'est à qui montrera patte blanche ! aujourd’hui nous obéissons, sans explications, sans oser rien demander… demain qu’accepterons-nous ?

Il serait temps que, profitant de cette tribunr de scientifiques – eux d’ordinaire pas très bavards – les « gens de culture », dans leur diversité, emboitent modestement le pas de ce mouvement naissant de salubrité civique (citoyenne dirait-on dans la nov-langue actuelle) : « nous ne voulons plus être gouverné par la peur… »

Pratiquement, n’accepterons pas de mesures incohérentes, arbitraires; autrement dit, concrètement pour l’exemple choisi :

1) restriction des jauges, d'accord, mais partout et pour tous, ou pour personne, donc avions et TGV aussi ou bien

2) ouverture normale des théâtres et cinémas… ne dépassant pas la capacité d’une rame TGV ! Oui Go,…

Chiche : exigeons - et appliquons de facto - des normes sanitaires identiques à situation égale : tous masqués, un par fauteuil, mais possibilité de remplir les salles! Reprenons, et par la même occasion redonnons, confiance!

Encore un effort pour être des citoyens

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