Libérer des places dans les prisons françaises, c’est possible.

La jurisprudence « Balkany » permettrait désormais d’imaginer des jours heureux pour tous les détenus dont l’âge ou (et) l’état de santé rendraient trop pénible leur incarcération. Condamné à quatre ans ferme, libéré au bout de quelques mois, c’est un exemple à suivre sans délai.

Libérer des places dans les prisons françaises, c’est possible.

Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté fait le même constat accablant que le syndicat FO Pénitentiaire, la situation des détenus devient intenable, du fait de la vétusté de certaines prisons, mais aussi du fait de la surpopulation carcérale.

 Le Conseil de l’Europe, lorsqu’il est saisi sur ce sujet, épingle systématiquement la France sur le défaut de protection que l’État se doit d’apporter aux détenus.

 La jurisprudence « Balkany » permettrait désormais d’imaginer des jours heureux pour tous les détenus dont l’âge ou (et) l’état de santé rendraient trop pénible leur incarcération. Condamné à quatre ans ferme, libéré au bout de quelques mois, c’est un exemple à suivre sans délai.

 Un simple inventaire des pathologies les plus fréquentes étudiées dans l’univers carcéral (2013) met en évidence :

      -       Prévalence du VIH et du VHC multiplié par 6,

      -       Prévalence certaine des troubles psychiatriques,

      -       Surreprésentation de toutes les addictions, (un tiers des détenus concernés par une addiction à l’alcool ou à la drogue),

      -       Prévalence des traitements de substitution aux opiacés,

      -       Prévalence du handicap, deux fois plus élevée qu’en population générale,

      -       Prévalence des troubles mentaux, schizophrénie multipliée par 4, et des maladies infectieuses,

 

Vieillissement et pathologies chroniques

 Le vieillissement progressif de la population carcérale (au 1er janvier 2012, 16 % des détenus avaient entre 40 et 50 ans, 7,8 % entre 50 et 60 ans et 3,5 % plus de 60 ans) multiplie le développement des pathologies chroniques telles que le diabète, l’hypertension artérielle, l’asthme ou les cancers, lesquelles n’ont jamais fait l’objet d’une évaluation sérieuse.

Le cas « Balkany » pourrait inciter les chercheurs de tous poils à créer l’échelle « Balkany » qui permettrait d’étalonner toutes les causes possibles devant aboutir à un aménagement de peine hors les murs de la geôle.

Tout laisse à penser qu’à l’aune de cette évaluation, les couloirs de certaines prisons ou maisons d’arrêts deviendraient soudain silencieux… Et pour une fois au moins, les Balkany auraient œuvré pour la cause commune.

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