Lutter contre la corruption est l’affaire de tous les démocrates

Notre République, notre démocratie doivent faire face au plus dangereux ennemi : la corruption.

 

En latin, le verbe « corrumpere » signifie d’une part « altérer, gâter », par exemple de l’eau qui devient non potable. Il peut vouloir dire d’autre part « détruire complètement, anéantir ». La corruption renvoie aux représentants de la nation et aux fonctionnaires qui mettent en cause leur intégrité, leur bonne gestion des deniers publics et l’égalité des citoyens qu’ils devraient garantir, au profit d’intérêts personnels.

La France n’est pas la seule à subir ce fléau.

La corruption est mondialisée et systémique, selon les estimations les plus prudentes, elle représente 2 % du PIB mondial soit 1 500 milliards de dollars qui épuisent les ressources des Républiques et contribuent au malaise des politiques.

Mais comme le disait Jaurès : « il ne suffit pas de flétrir et de dénoncer les scandales, il faut dire encore comment on entend les déraciner et en empêcher le retour »

La corruption affaiblit le pluralisme politique et les idées. Les monopoles politiques développent rapidement l’hypercorruption, car les élites corrompues doutent de la longévité de leurs pouvoirs et se mettent donc à rafler tout et le plus vite possible.   Les mouvements politiques cachent le plus souvent des partis-cartel où les arrangements entre les partis encouragent les relations illicites entre pouvoir et argent.

Il est injuste d’utiliser le pouvoir public à des fins personnelles.

Cela affaiblit le contrat social et mène à l’exclusion, à l’instabilité et au conflit.

Cela prive les plus pauvres d’accès aux ressources.

Cela empêche de fournir aux groupes vulnérables les services dont ils ont besoin.

Les limites imposées au pouvoir officiel et à l’intérêt personnel de ceux qui les détiennent sont les caractéristiques clefs de la démocratie.

Nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité sont directement mises à mal par la corruption.

Le manque d’information sur les véritables propriétaires des entreprises facilite également la corruption et est souvent à l’origine de flux illicites de capitaux et limite le pouvoir de contrôle des citoyens.

Les lanceurs d’alerte sont essentiels pour lutter contre la corruption.

Il existe en France un régime de protection des lanceurs d’alerte qui devrait être aménagé au niveau européen. La description précise de son fonctionnement est disponible sur le site du défenseur des droits qui permet de prévenir toute forme de discrimination, sanction ou licenciement à l’égard de celui qui a émis une alerte de bonne foi.

En 2018, 95 836 dossiers et 46 243 appels ont été reçus par le Défenseur des droits.

On dit souvent que la corruption fait payer un prix double aux pauvres — d’une part les ressources ne sont pas utilisées aux fins prévues, et d’autre part, ils se ressentent toute leur vie de la qualité inférieure des services fournis.

Face à la corruption, il y a 3 réactions possibles,

Premièrement, résister et chercher des soutiens pour la maitriser, deuxièmement, éluder et renoncer à des biens et des services, troisièmement, se corrompre soi-même et chercher un protecteur plus puissant.

 

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