Colette Oscar 2021 du meilleur court métrage documentaire

Cette récompense, ce film, c’est un hommage aux femmes, partout dans le monde, des femmes qui se tiennent par la main pour la justice. Vive Colette, et vive la France  (Alice Doyard, productrice)

Court métrage réalisé par Anthony Giacchino (2019). 25'

Productrice Alice Doyard,

avec Colette  Marin-Catherine et Lucie Fouble

 

Colette vient d'obtenir l'Oscar du meilleur court métrage documentaire

Cette récompense, ce film, c’est un hommage aux femmes, partout dans le monde, des femmes qui se tiennent par la main pour la justice. Vive Colette, et vive la France  (Alice Doyard)

https://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2020/nov/18/colette-a-former-french-resistance-member-confronts-a-family-tragedy-75-years-later

 https://www.troiscouleurs.fr/swipe/a-voir-colette-un-court-metrage-sur-la-resistance-en-lice-pour-les-oscars/

Pour la première fois, à 91 ans, Colette entreprend  un pèlerinage en Allemagne avec sa nouvelle complice Lucie, à qui elle confie ses histoires de fantômes, notamment celle de ce frère (déporté et mort à Dora à 19 ans)  dont elle n’était pas forcément proche, celle de sa mère qui lui en a voulu d’être en vie à sa place.

 

Colette

 2021  Colette  Marin-Catherine a 93 ans et c'est  l'année de la 93ème cérémonie des Oscars (simple coïncidence?) 

 Esprit vif, sens de la formule, franc parler,  Colette va guider  la jeune Lucie (et le spectateur) dans cette archéologie de  flux mémoriels. 

 Le court métrage  suit  en effet l'itinéraire de cette femme depuis son départ de Caen jusqu'au camp de Dora, en Allemagne. Dans les premières "séquences" nous voyons successivement Colette chez elle, et Lucie étudiante en histoire  passionnée par la Seconde guerre mondiale. Puis, côte à côte, les deux femmes entreprennent ce   "pèlerinage" sur les traces de Jean-Pierre Catherine, ce frère "si beau et si étonnamment brillant" (quand il avait décidé de traverser un mur tant pis pour le mur) déporté et tué en 1945. Un pèlerinage où se mêlent  les réponses de Colette aux questions de Lucie, des souvenirs, des images, des documents  et des films d'archives 

 Refusant le pathos (et pourtant  quelle émotion quand les deux femmes franchissent la porte du "crématorium"....) le réalisateur insiste  " sur la transmission mémorielle et sur le témoignage de la solidarité entre les générations"  (dont la bague serait l'emblème). Une  thématique qui a influé sur le choix du jury? 

 Un court-métrage de facture très classique,  dont l'intérêt majeur résiderait peut-être  dans cette "rencontre"  entre la recherche du vrai (vérité historique) et  la béance de  blessures ravivées, tout en refusant le "tourisme morbide " (celui que fustige précisément le personnage éponyme)

 

Florilège

"On ne rentre pas dans la Résistance comme on rentre dans une banque, en disant : « Bonjour, ouvrez-moi un compte résistance » 

 

Quand je vais franchir la frontière avec l'Allemagne, je sais que je ne serai plus la même

 

C'est pire que l'horreur c'est Dante sur terre

 

écoute les oiseaux (c'est peut-être le recueil de nos peines et de nos chagrins) 

 

"Je suis très reconnaissante aux initiateurs de cette rétrospective, sans laquelle Jean-Pierre serait encore dans la nuit et le brouillard de Dora. Je suis Colette, simplement, mais très honorée d’être le socle sur lequel Alice, Anthony, Lucie et toute l’équipe sont venus construire cette émouvante œuvre de mémoire. »

 

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