Demokratia - partie II : Kratos - Κράτος

Après avoir vu comment la formation d'un groupe génère des inégalités et contredit la promesse démocratique, j'ai voulu observer comment les pouvoirs, de décision, d'accès aux ressources, de commerces... peuvent être confisqués ou répartis et comment certaines organisations parviennent à maintenir à l'équilibre les libertés et égalités de tous...

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J’ai voulu me pencher sur cette question de la prise collective de décision et quand ces décisions sont distraites à la collectivité, ce qu’on peut appeler le pouvoir. Il m’a paru pertinent de suivre ces organisations dans leurs évolutions, de tracer comment le pouvoir se concentre peu à peu ou comment il se disperse à travers plusieurs exemples.

 

 Mais d’abord, ce terme, Kratos, qui signifie « pouvoir », « domination », « règle »… Les contempteurs de la démocratie insisteront sur l’aspect « domination » de l’acception du terme pour la décrire comme un régime brutal, la domination de la majorité, à savoir, forcément, les plus pauvres. Des chercheurs notent qu’en tant que suffixe, Kratosne s’emploie pas pour décrire un régime, comprenant des charges à occuper, des décisions à prendre et interprètent plutôt son sens comme une force, une « capacité à faire », une émancipation, rejetant toute idée de domination[1].

 

 Nous avions vu les Samale, ce peuple nomade de la corne de l’Afrique, s’associer et se diviser autour de la question des ressources. Arrêtons-nous plus avant sur leur organisation décrite comme presque anarchiste.

 

 Pour les Samale, le heer, le contrat, la coutume, le traité dans une modalité égalitaire[2], lie chacun à son groupe. Le mot heerdécrit d’ailleurs aussi la corde qui relie le sommet de la tente au sol. Au sein du groupe, le heerconsiste en un ensemble de droits et de devoirs, ainsi que des clauses prévoyant des compensations en cas d’homicide, d’actes de violence ou encore de ce qui est appelé insulte, et qui va de l’adultère à la diffamation. Il stipule aussi les responsabilités collectives dans les cas de conflits à l’endroit d’autres groupes, puisque chaque membre reçoit ou participe à la compensation[3]. Cela veut dire que si un membre du groupe commet une insulte donc, chacun paie une part des dommages.

 Les plus âgés peuvent ordonné une sanction contre un membre qui néglige ou refuse de remplir ses devoirs. Ils peuvent aller jusqu’à l’exclure. À l’égard d’autres groupes, un rassemblement ad hocd’arbitres s’organisent pour gérer les conflits, quoiqu’ils ne disposent pas de force pour exécuter leurs décisions.

  Ceheer, ce contrat, n’est pas statique et se révise constamment[4], la taille du groupe variant, croissant pour inclure tout un clan en temps de guerre ou se réduisant à cause de conflits ou de formations de nouveaux groupes. Quand un homme refusent de remplir ses devoirs et se voit soutenu par ses proches, ils peuvent acheter leur sécession[5]. Avec la possibilité de contester une décision, d’entrer en dissidence et d’échapper à l’autorité du groupe, la stratification de l’organisation sociale semble inconcevable.

 

  Cet exemple reste à part, bien différent des autres expériences sur lesquelles nous allons nous pencher. Il pose la question de l’organisation de la prise de décision et de la part que chacun prend au groupe dans une conception que nous ne retrouverons pas. Continuons de procéder par touches d’observations avant de se former tout à fait déjà une idée. Déplaçons-nous. Allons voir un mouvement de concentration de pouvoir.

 

  Dans les plaines du Gange, pendant la première moitié du millénaire avant notre ère, le Raja occupait à peine la fonction de chef. Son pouvoir trouvait ses limites dans un « gouvernement de discussion »[6], pour reprendre l’expression d’un chercheur, consistant en plusieurs assemblées et conseils : le Vidatha, un rassemblement pour les cérémonies[7], le Sabha, un conseil d’un corps choisi et le Samiti, l’assemblée du clan.

 « Le besoin de protection et de règles sociales » devenant nécessaire[8], un chef militaire fut choisi. Le Raja avait à défendre les installations, effectuer des raides et ramener des butins pour justifier son statut. Bénéficiant de plus en plus de privilèges, étendant davantage son influence, bientôt il assit son pouvoir sur un territoire, incluant les familles installées dans les villages et les clans élargis[9].

  Les Cérémonies, rituels, sacrifices devinrent nécessaires pour établir son autorité. La figure du prêtre développa son influence, tout à la fois légitimant et concurrençant[10]celle du Raja. Le Raja eu aussi recours au lignage pour justifier et renforcer son pouvoir et ses charges devinrent héréditaires[11]. L’influence des assemblées déclina : « le Sabhatenait lieu de corps consultatif, mais en dernière instance, l’autorité revenait au Raja »[12]. La notion d’État était apparue[13].

 

  Je trace à grands traits ce mouvement où les libertés évoluent, franchissent des seuils et se transforment ici en pouvoirs, là en coercition. Nous regarderons plus en détail un mouvement comparable bientôt.

 

 C’est à une large et ambitieuse dispersion de pouvoirs que je souhaite m’attacher à présent, la démocratie athénienne, qui pendant près de deux siècles, de la fin du 6eà la fin du 4esiècle avant notre ère, se sera développée et approfondie.

 

  D’abord réservées aux plus riches, presque toutes les charges se sont ouvertes progressivement à un plus grand nombre de citoyens. Des compensations financières permirent aux plus pauvres de participer aux assemblées ou aux Cours[14].

  Sous le régime aristocratique, les Archons, les magistrats, étaient élus, parmi l’aristocratie, pour un mandat d’un an non renouvelable, empêchant quiconque d’étendre son pouvoir ou sa popularité[15]. Désormais, la rotation était toujours annuelle, mais l’attribution des charges procédait du tirage au sort parmi presque tous les citoyens[16]. L’ostracisme constituait une autre parade pour se prémunir de l’influence grandissante d’un citoyen, que l’Assemblée pouvait décider de bannir de l’Attique pour une durée de 10 ans[17].

  Le sentiment de citoyenneté se développa à mesure qu’ils prirent part aux décisions, éprouvant leurs droits, galvanisés sans doute par le vertige du privilège quand tant de personnes restaient privées de ces mêmes droits. A voir les plus pauvres débattre, contester, en découdre comme les autres citoyens, l’influence des plus riches ou des bien nés s’estompa[18]. Des tentatives avortées de coups d’État de certaines élites achevèrent de rendre jaloux les démocrates[19], devenus suspicieux des signes ostentatoires de richesse ou de pouvoir[20].

  Mais si les bien nés pouvaient toujours tirer avantage de leur éducation ou se montrer généreux pour convaincre[21], je ne trouve pas de mesure destinée à protéger les droits des plus fragiles dissidents, les prémunir contre ce qui devait jouer comme une pression sociale, une tension normative, le devoir de se conformer, de se montrer digne de la citoyenneté.

 

  Je souhaiterais ajouter une note brève. La république romaine n’est pas considérée par les chercheurs modernes comme une expérience démocratique. « Ni les assemblées ni les tribunes n’avaient vocation à promouvoir les intérêts du peuple mais plutôt à servir les ambitions des élites »[22]. Surtout, les romains les plus pauvres ne pouvaient pas prendre l’initiative politique. Pour autant, même eux, après avoir vécu sous le joug de rois, ont multiplié leurs efforts pour disperser le pouvoir parmi tout un ensemble d’institutions et d’individus. Un chercheur décrit les romains au début de leur république nourris d’une haine féroce à l’endroit de quiconque chercherait à accaparer un pouvoir absolu[23].

 

  Nous avons brièvement vu un exemple où les procédures de prise de décision se concentrent et deviennent pouvoirs et un autre où la participation du plus grand nombre transforme le pouvoir en libertés. Nous reviendrons sur ces mouvements qui semblent vouloir insister quand une collectivité s’organise. Mais avant, je souhaiterais considérer des modalités qui paraissent tenir en échec la possibilité pour un pouvoir de se former, les procédures de décision par consensus.

 

  Vers la moitié du 20esiècle, un chercheur décrit la prise de décision dans le Java rural[24]qui tend à atteindre le consensus, voire l’unanimité.

Dans un village, dukuhan, la population forme une petite communauté, soucieuse de son harmonie sociale. Alors que la structure administrative est pyramidale, au niveau du dukuhan, l’autorité est lâche et l’esprit d’indépendance croissant. Les rassemblements de délibération sont ouverts à tous les résidents mâles de plus de 18 ans et toutes les femmes mariées. Les affaires ne se décident pas par vote mais plutôt en tentant de dégager une unanimité.

  Selon les sujets, les impôts, la division des terres ou le partage de l’irrigation de l’eau, le travail collectif pour les projets communs (la construction d’une école, l’établissement d’une coopérative…), les propositions sont initiées soit par des individus soir par un petit groupe ou encore par les autorités locales. Les opinions s’échangent, se contredisent ou se convainquent, en prenant soin d’éviter la confrontation directe. Des objections sont levées, des modifications sont envisagées. Les orateurs talentueux, les figures influentes tentent de peser sur les discussions, mais si l’unanimité n’est pas atteinte, la proposition est tacitement abandonnée ou reportée.

  Ce chercheur remarque que ces rassemblements se font plus rares, dans la mesure où ils s’avèrent propices à renforcer les antagonismes.

 

  Se penchant sur des observations décrivant un comité dans un village britannique, Pentrediwaith, où les personnes sont réputées éviter « l’expression ouverte de conflits » et chercher à atteindre l’unanimité, un chercheur livre quelques considérations. Il remarque que ceux qui décident sont les mêmes qui seront chargés de veiller à l’exécution de ces décisions et ceux auxquels elles s’appliqueront. L’unanimité devient donc nécessaire, dans la mesure où une minorité insatisfaite pourrait bloquer leur mise en œuvre[25].

 

  Les colonies de la baie de Massachussetts furent fondées au 17esiècle par des réfugiés puritains d’Angleterre. Alors que ces fondateurs « abhorraient la démocratie »[26], un siècle plus tard ces colons durent ouvrir leurs assemblées locales à toute la population mâle. Les femmes, les hommes vivant avec leurs pères, ainsi que les locataires restaient exclus, soupçonnés de faire comme leurs maris, pères et propriétaires l’exigeraient[27]. Ces hommes aussi étaient contraints de chercher à dégager une unanimité, ne disposant pas d’un « instrument autonome », par exemple des forces de police, pour imposer leurs décisions[28].

  Mais l’unanimité, dans une culture fanatisée de l’harmonie, qui rejetait les différences de valeurs, de religion, de nationalité ou de culture[29], doit être vue comme un appareil coercitif. Exprimer un vote devait revenir à « participer à la consolidation »[30]et à la normalisation de la communauté. En d’autres termes on votait pour marquer son appartenance au groupe. Parfois même une décision majoritaire était ignorée, quand cette majorité rassemblait les nouveaux venus ou les plus pauvres[31]contre une minorité invoquant les traditions pour maintenir leurs privilèges et leurs préjugés.

 

  Il me semble que nous commençons à percevoir de quoi le pouvoir est fait et quels obstacles, quels limites peuvent venir faire achopper un groupe qui s’attache à s’organiser. Tentons de tracer un autre mouvement d’évolution où les pouvoirs se forment, se dispersent, puis coagulent encore à travers l’exemple des Communes.

 

  Dans l’Europe médiévale, en Italie, en Espagne, en Allemagne, ou encore en France, en Russie…, certains villages, trop petits pour intéresser l’aristocratie, pouvaient s’autogouverner[32], traiter des affaires légales ou politiques et gérer les communs. Les assemblées étaient ouvertes au plus riches comme aux plus pauvres, même aux serfs et aux femmes parfois[33], et la recherche du consensus dictait les prises de décisions[34].

  Mais la grande majorité des villes médiévales restaient sous le joug d’un seigneur ou d’un évêque, et de leurs hommes, placés aux positions stratégiques pour collecter l’impôt ou rendre des décisions judiciaires. Avec l’accroissement de la population, l’influence grandissante des marchands, la constitution de corporations, l’équilibre des pouvoirs fut bientôt transformé. La bourgeoisie, souvent toute la population du bourg, parfois déjà limitée aux plus puissants[35], devint une entité à part entière. Une volonté d’autonomie provoqua des conflits entre bourgeoisie, aristocratie et clergé.

  Au début du 12esiècle, la ville de Cologne se lève contre l’évêque[36]. Plus tard, dans les Flandres et la région liégeoise, les bourgeois s’insurgent contre le clergé et l’aristocratie[37]. Des bourgs français entrent en lutte, d’autres achètent leur autonomie en payant le seigneur local ou le roi[38].

  D’une multitude de façons, à travers l’Europe, la ville, la Commune, la reconnaissance de la bourgeoisie comme une unité, liée par une communauté d’intérêts, émergent. Souvent protégés par une charte, les bourgeois prêtent serment, conjuratio, jurant assistance à leur communauté[39]. Et cette assistance signifie, par exemple, la gestion des communs, la terre, la forêt[40], le four et le moulin, le partage des traitements d’un instituteur, un docteur ou un chirurgien, ou encore une assurance contre l’incendie[41]. Ils s’attachent parfois à la régulation des denrées (le poisson, la viande, le pain, le vin…), des cris publics, des poids et mesures[42]. Ils contribuent à un fonds communs pour faire face aux dépenses communales[43]. Il arrive qu’ils se partagent l’acquittement d’un impôt commun royal[44]. La bourgeoisie en vient aussi à s’occuper des questions légales et judiciaires, partageant les charges parfois avec l’aristocratie[45]  ou le clergé[46]. Faire partie d’une Commune est perçu comme un privilège[47].

  La multiplicité des façons à travers l’Europe rend périlleuse toute tentative exhaustive de description, pour autant, une même évolution semble s’effectuer dans l’équilibre des pouvoirs. La bourgeoisie comprend souvent toute la population. L’Assemblée Générale, le Conciode Venise, l’Arengodans les autres cités italiennes, est ouverte à tous les citoyens[48]. La population des villes françaises, habituées à prendre part aux décisions, continuent de se rassembler sous le régime communal[49]. Dans les villes anglaises, une grande part des citoyens participe aux élections[50].

  Mais déjà, une strate de la population commence à concentrer le pouvoir. À Cologne, le Richerzeche, la corporation des plus riches, étend son influence dans le gouvernement des affaires[51]. Au cours du 13esiècle, dans la région liégeoise, le mot bourgeois ne désigne plus que les propriétaires fonciers et les marchands[52].

À Venise, le Concio, l’Assemblée générale de tous les citoyens, n’a jamais délibéré, mais consistait à la mise au vote des décisions importantes comme l’élection du premier magistrat ou les entrées en guerre. Après une décision malheureuse de se précipiter dans une guerre, pour prévenir le peuple d’adopter d’autres « décisions irréfléchies »[53], la création d’une assemblée délibérative parut s’imposer. L’idée de permettre à tous les citoyens de participer à la délibération ne semble pas avoir été caressée. Plutôt, c’est un corps de représentants, élus pour un an par toute la population qui fut créé. Dès la seconde année, ces représentants furent choisis par leurs prédécesseurs[54], se détachant du reste des vénitiens. Progressivement, le Conciofut privé du moindre pouvoir.

  Dans les communes françaises, si toute la population pouvait participer aux prises de décisions, les plus pauvres perdirent progressivement la main. Peut-être à cause du temps qu’ils devaient consacré au labeur pour survivre[55], ou parce qu’ils se sentaient impuissants face à l’influence, au prestige des plus riches[56], ils se virent confisquer le gouvernement des affaires. Des conseils furent établis, privant les assemblées générales du moindre pouvoir[57], imposant leurs décisions et régulations à toute la communauté[58]. Les membres de ces conseils commencèrent aussi à désigner leurs successeurs[59], renforçant ce qui était devenu déjà un régime oligarchique. Dans des villes d’Espagne, les plus riches intriguaient, déversant leur argent pour tenir et garder les charges municipales ou se les échangeant entre eux[60]. Dans les villes anglaises, l’oligarchie commença à taxer « arbitrairement » le reste de la population[61], à priver les plus pauvres de leurs droits commerciaux[62]et alla jusqu’à leur confisquer le droit de vote[63]. Si, plus tard, au fondement des Républiques représentatives, certains verront les corps choisis comme les mieux à même de décerner l’intérêt général[64], dans ce cas ces corps semblent avoir dirigé comme il leur plaisait[65]. Les communautés se divisèrent en classes, hostiles les unes aux autres[66]. L’injustice, l’oppression, les tentatives d’extorsion nombreuses provoquèrent de constantes insurrections[67].

 

  Nous voyons la formation de groupe comme s’imposer pour gérer les ressources ; organiser le travail collectif (le travail aux champs ou la chasse, la construction d’une école…) ; développer la solidarité (la mise en place d’assurances, le traitement de médecin pour la collectivité…) ;  ou déterminer des règles (les poids et mesures, les cris publics, les compensations en cas de crime…). Si ce qui est mis en commun varie selon les expériences, toujours le groupe s’établit et s’organise autour d’un ensemble collectif.

  Nous avons vu que des pouvoirs se forment et coagulent quand une partie du groupe commence à accaparer ce collectif, quand toutes les personnes sur lesquelles les décisions seront appliquées n’ont plus leur mot à dire. Les exemples de ces petites communautés où la recherche de consensus s’impose, parce qu’elles ne disposent pas de la force nécessaire pour  exécuter les décisions suggèrent par contraste la brutalité de la coercition dans des organisations munies de telles forces. Le pouvoir semble se former quand les libertés de tous se déséquilibrent ; que la liberté de certains évolue et dégénère en abus.

  Nous avons vu l’élan exponentiel de la concentration de pouvoir. Plus un pouvoir s’étend plus il dépense de pouvoir pour se conforter, par hubris peut-être ou simplement contre la montée des contestations.

  Nous avons vu aussi que la définition d’un Demos est intrinsèquement xénophobe et comme elle génère les inégalités et les antagonismes.

  Enfin, nous avons vu à quelle vitesse une partie du groupe peut faire sécession, comme nous avons vu comment la recherche de cohésion peut devenir une pression sociale qui rejette les différences.

 

  Après ce qui restera comme l’un des moments les plus démocratiques de l’histoire de France, la Commune de Paris, l’un des communeux, Arthur Arnould, se retournera sur cette expérience. Il est convaincu de la nécessité d’attaquer cette « concentration énorme de pouvoir entre quelques mains », la substitution « d’hommes nouveaux à sa tête » ne lui paraît pas suffire[68]. Et c’est sans doute ce qui est voué à rester irrésolu dans l’organisation des démocraties représentatives, la préservation de pouvoirs, alors que la notion même de démocratie semble imposer le mouvement de dispersion de ces pouvoirs redevenus libertés.

 L’expérience athénienne semble être le seul exemple dans l’Histoire d’une dispersion ample et profonde de pouvoirs revenus au seuil des libertés. Mais la question du dispositif égalitaire semble être restée en suspens. Quand le Demosexigea la redistribution des pouvoirs, il se battit pour l’Isomoiria, incluant une nouvelle « division des terres, mais aussi la redistribution des droits politiques et des privilèges »[69]. Nous avons vu que leurs demandes économiques furent écartées. Ils obtinrent l’Isonomia, l’égalité par la loi. Un chercheur considère que cette Isonomia, l’autre nom que les Grecs utilisèrent pour désigner la Démocratie, prenait donc acte « de la défaite des plus pauvres au sein du Demos »[70].

 

[1]Josiah Ober, The Original Meaning of “Democracy”: Capacity to do things, not Majority Rule, Blackwell Publishing Ltd, 2007

[2]I. M. Lewis, Clanship and Contract in Northern Somaliland, in Africa: Journal of the International African Institute, Vol. 29, No. 3, 1959, p. 282.

[3]Ibid., p. 283.

[4]Ibid., p. 286.

[5]Ibid., p. 283.

[6]J.P. Sharma, Republics in Ancient India, E.J. Brill, Leiden, 1968, p. 13.

[7]Ibid., p. 77.

[8]Romila Thapar, History of Early India, Penguin Books, 2002, p. 119.

[9]Ibid., p. 121.

[10]Ibid., p. 120.

[11]Ibid., p. 121.

[12]Ibid.

[13]Ibid., p. 120.

[14]Josiah Ober, Mass and Elite in Democratic Athens, Princeton University Press, 1989, p. 98.

[15]Donald Kagan, Introduction to Ancient Greek History, Series of lectures at Yale University, 2007, Lecture 10.

[16]Josiah Ober, Mass and Elite in Democratic Athens, op. cit., p. 8.

[17]Donald Kagan, Introduction to Ancient Greek History, op. cit., Lecture 12.

[18]Josiah Ober, Mass and Elite in Democratic Athens, op. cit., p. 80.

[19]Ibid., p. 94.

[20]Ibid., p. 86.

[21]Ibid., p. 85.

[22]Andrew Lintott, The Constitution of the Roman Republic, Oxford University Press, 1999, p. 178.

[23]Gregory S. Aldrete, The Rise of Rome, The Great Courses, 2018, chapitre 3.

[24]Robert R Jay, Local Government in Rural Central Java, The Far Eastern Quarterly

Vol. 15, No. 2, 1956, pp. 215-227.

[25]F.G. Bailey, Decisions by Consensus in Councils and Committees: with special Reference to Village and local Government in India, in Political systems and the distribution of power, Routledge, 1965, p. 9.

[26]Michael Zuckerman, The Social Context of Democracy in Massachusetts in William and Mary Quarterly 25, 1968, p. 525.

[27]Ibid., p. 533.

[28]Ibid., p. 526.

[29]Ibid., p. 538.

[30]Ibid., p. 544.

[31]Ibid., p. 542.

[32]Paul Viollet, Les communes françaises au Moyen Âge, in Mémoires de l'Institut national de France, tome 36, 2e partie, 1901, pp. 368-369.

[33]Ibid., p. 371.

[34]Ibid., p. 370.

[35]Henri Pirenne, Histoire de la Constitution de la ville de Dinant au Moyen-Âge, Gand, 1889, pp. 34-35.

[36]Frank R. Lewis, The Wards of Cologne in the Middle Ages, in

Journal of Comparative Legislation and International Law, Vol. 21, No. 4 (1939), p. 233.

[37]Henri Pirenne, Histoire de la Constitution de la ville de Dinant au Moyen-Âge, op. cit., p. 42.

[38]Paul Viollet, op. cit., p. 373.

[39]Ibid., p. 401.

[40]Juan Sempere, Histoire des Cortès d’Espagne, Bordeaux, 1815, p. 40.

[41]Paul Viollet, op. cit., p. 404.

[42]Ibid., p. 474.

[43]Juan Sempere, Histoire des Cortès d’Espagne,op. cit., p. 44.

[44]Charles W Colby, The Growth of Oligarchy in English Towns, in The English Historical Review, Volume V, Issue XX, 1 October 1890, p. 636.

[45]Paul Viollet, Les communes françaises au Moyen Âge, in Mémoires de l'Institut national de France, op. cit., p. 475.

[46]Henri Pirenne, Histoire de la Constitution de la ville de Dinant au Moyen-Âge, op. cit., p. 30.

[47]Paul Viollet, Les communes françaises au Moyen Âge, in Mémoires de l'Institut national de France, op. cit., p. 372.

[48]Horatio F Brown, Venice, an Historical Sketch of the Republic, London, 1895, p. 273.

[49]Paul Viollet, Les communes françaises au Moyen Âge, in Mémoires de l'Institut national de France, op. cit., p. 417.

[50]Charles W Colby, The Growth of Oligarchy in English Towns, op. cit., p. 641.

[51]Frank R. Lewis, The Wards of Cologne in the Middle Ages, op. cit., p. 234.

[52]Henri Pirenne, Histoire de la Constitution de la ville de Dinant au Moyen-Âge, op. cit.,pp. 34-35.

[53]Horatio F Brown, Venice, an Historical Sketch of the Republic, London, 1895, p. 103.

[54]Ibid., p. 104.

[55]Paul Viollet, Les communes françaises au Moyen Âge, in Mémoires de l'Institut national de France, op. cit., p. 417.

[56]Ibid., p. 472.

[57]Ibid., p. 468.

[58]Ibid., p. 474.

[59]Edouard de Laplane, Essai sur l'histoire municipale de la ville de Sisteron, Paris, 1840, p. 18.

[60]Juan Sempere, Histoire des Cortès d’Espagne,op. cit., p. 241.

[61]Charles W Colby, The Growth of Oligarchy in English Towns, op. cit., p. 644.

[62]Ibid., p. 645.

[63]Ibid., p. 648.

[64]CfJames Madison, Fœderalist 10, 1787.

[65]Charles W Colby, The Growth of Oligarchy in English Towns, op. cit., p. 645.

[66]Ibid., p. 646.

[67]Ibid., p. 641.

[68]Arthur Arnould, Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris, éd. J.-M. Laffont et associés, Lyon, 1981, p. 137.

[69]Gregory Vlastos, Studies in Greek Philosophy: The Presocratics, Princeton University Press, 1993, p. 101.

[70]Ibid., p. 102.

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