Antidépresseurs, anxiolytiques,et autres médicaments dans l'eau : Société (de) Malade

Lentement mais sûrement, les eaux de nos lacs et de nos rivières, tout comme les nappes souterraines, se chargent petit à petit en ... médicaments. On en retrouve aussi de plus en plus dans ... L'eau potable.

Antidépresseurs, anxiolytiques, antibiotiques et autres médicaments dans l'eau : Société (de) Malade !!

Les anti dépresseurs se retrouvent en tête de liste. Les antibiotiques, anxiolytiques, ou autre anti inflammatoire sont aussi très bien représentés.

Nous vivons dans une société où beaucoup de personnes sont malades, psychologiquement, et ce depuis bien avant le grand méchant virus.

Les principaux pseudo "médicaments" retrouvés ne servent pas à guérir la cause d'une blessure, maladie, mais juste à diminuer les symptômes, à cacher la douleur, on veut juste ne plus avoir mal, oublier.

Eh oui, beaucoup se gavent médicaments pour le moindre petit bobo, et se shootent aux anti dépresseur pour fuir leur réalité et rester dans le déni.

"Penser une blessure pour ne pas jouer avec les maux, car Panser les mots ne soigne que les blessures apparentes, les conséquences, Penser les maux soigne les blessures profondes, les causes."

Mais ça n'est pas sans conséquence.

Non seulement vous vous empoisonnez "vous m'aime", mais cela a des conséquences sur l'eau, les animaux ... et les autres humains, que vous empoisonnez vous aussi !!

En effet, en février, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) annonçait que des traces de médicaments, à usage humain ou vétérinaire, sont présentes dans l’eau potable.

Le laboratoire de l’Agence a analysé 285 prélèvements d’eau traitée à travers la France, et un quart d’entre eux contient une à quatre molécules quantifiables. Anxiolytiques, antalgiques, anti-inflammatoires, antiépileptiques, antiparasitaires, antibiotiques ou hormones sont détectés au moins une fois.

Trois milliards de boîtes de médicaments ont été vendues en 2009 dans les pharmacies françaises (La Mutualité française, 2010). Cela fait beaucoup de médicaments avalés et rejetés dans l’environnement.

Société (de) malade.

L’Académie de pharmacie a publié le premier rapport sur le sujet en 2008 synthétisant les connaissances sur la nature des dangers, les effets associés, les risques d’exposition, les évaluations des risques et les mesures de gestion.

Ce rapport évoquait déjà en 2008 :

« Grâce aux progrès de l’analyse physico-chimique, la présence de traces de substances médicamenteuses et de leurs dérivés ou métabolites a été largement établie à l’échelle mondiale en particulier dans les eaux superficielles et souterraines, dans les eaux résiduaires, dans les boues des stations d’épuration utilisées en épandage agricole et dans les sols. Ces résidus s’ajoutent aux nombreuses substances non médicamenteuses liées aux activités humaines, également présentes dans l’environnement telles que les produits phytosanitaires, détergents, hydrocarbures, métaux, etc.

En 2013, le sujet était à nouveau sur "la table" :

"Aujourd'hui, certaines études font le lien entre la présence de résidus médicamenteux dans l'eau potable, l'autisme et des troubles du comportement.

D'autres ont montré des effets sur l'hermaphrodisme dans l'écosystème, les troubles de la reproduction ou encore la résistance bactérienne", affirmait le Dr Pierre Souvet, le président de l'Asef, en ... 2013.

Ces spécialistes ont identifié plusieurs coupables.

De sa fabrication à sa destruction en passant par son utilisation, le médicament a maintes occasions de s'immiscer dans l'environnement.

Il n'empêche, la première source de contamination viendrait de la population ... Après avoir été ingéré, le produit se retrouve dans nos selles et nos urines pour aller ensuite dans les stations d'épuration.

Malheureusement, ces dernières n'ont pas été conçues pour traiter ce type de pollution. Elles ne dégradent pas totalement ces molécules thérapeutiques, dont une partie rejoint nos rivières.

Cependant, le véritable problème ne viendrait pas tant des médicaments ingérés que de ceux que l'on ne consomme pas ... "En France, chaque année, sur des dizaines de milliers de tonnes de médicaments non utilisés, moins d'un quart est recyclé. Le reste est jeté à la poubelle, dans les éviers et même dans les toilettes !" regrette le Dr Patrice Halimi, secrétaire général de l'Asef. Parmi eux, on retrouve des antibiotiques, des antidépresseurs, des bêtabloquants, des anti-inflammatoires, des produits de contraste (utilisés en imagerie médicale) ou encore des contraceptifs.

Des effets toxiques sont possibles du fait du caractère chronique de l’exposition, des risques d’accumulation dans la chaine alimentaire et dans le corps humain et de potentiels effets cocktail à certaines molécules.

Ce risque est d’autant plus important que l’exposition existe à chaque âge de la vie et que par exemple les bébés et les enfants peuvent être extrêmement sensibles à certaines molécules.

L'autre risque est que la présence chronique d'antibiotiques dans les rivières favorise l'apparition de bactéries résistantes à ces médicaments, et donc potentiellement plus dangereuses pour l'homme en cas de contamination.

Quels sont les effets, conséquences sur la nature, les animaux ?

Des effets sur la reproduction des animaux ont été constatés (poissons, batraciens, mammifères marins), pouvant aller jusqu’au changement de sexe et associés à la présence d’œstrogènes

- Des modifications des populations bactériennes, avec en particulier un développement des bactéries résistantes aux antibiotiques, associées à une pression de sélection due à la présence permanente d’antibiotiques dans l’eau

- Des modifications du comportement de poissons, par exemple perches rendues plus agressives du fait de la présence d’un antidépresseur (oxazepam) dans l’eau ; etc.

Mais il existe des solutions :

Arrêter de se gaver de médicaments pour rien.

La technologie pour retirer les médicaments des eaux usées existe déjà. Ces molécules peuvent être retirées par adsorption, une réaction chimique au cours de laquelle les médicaments se collent à certains composés, comme du charbon actif.

L’autre est l’oxydation, où un produit très réactif est utilisé pour briser toutes sortes de molécules et même désinfecter l’eau. Un exemple est l’ozonation, un procédé à partir duquel des molécules d’ozone sont utilisées pour désinfecter l’eau.

Même s’il s’agit d’un problème environnemental important, faciliter l’adoption de ces technologies dans les grandes villes du pays pourrait contribuer à diminuer fortement les rejets médicaux dans l’environnement.

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Illustration: Philippe Geluck

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