Poésie à lire et à ouïr – EN CHANTS RUES ET CHAMPS

Entre champs et rues, l’humain chemine vers l’horizon qui se perd dans les brumes ; le pigeon a les crocs ; les peaux, toutes les peaux, sont mises à nu ; la nature et la ville tendent leurs pièges. Entre champs et rues, l’humain titube, ivre de sa peur. A lire et à ouïr la 16e série des Tankas Covidiens.

L’impasse est un monde/ Sur son mur cris colorés/ Fourmillement d’interstices//  Ses invisibles tribus/Tracent leurs signes secrets © JNC L’impasse est un monde/ Sur son mur cris colorés/ Fourmillement d’interstices// Ses invisibles tribus/Tracent leurs signes secrets © JNC
 A LIRE

 Léger et glacé

Le vent caresse ta peau

L’orage s’avance

                       Le bourreau suspend sa hache

                       En un clin d’œil l’éternel

 

Nuages en scène

La fanfare du ciel

Fourbit ses cymbales

                       L’éclair lève sa baguette

                       La pluie bat le tambour

 

L’huile du soir

Etouffe les chants d’oiseaux

S’étend sur l’étang

                       Sous les éclats de la lune

                       Les roseaux courbent la tête

 

Forêts indociles

Les hommes y cachent leurs rêves

A l’abri des villes

                       Les mâchoires urbaines

                       Déchirent la peau des champs

 

Les vapeurs d’essence

Montent à la tête des rues

La ville titube

                       Même les immeubles boitent

                       Et les platanes s’enrhument

 

L’impasse est un monde

Sur son mur cris colorés

Fourmillement d’interstices

                       Ses invisibles tribus

                       Tracent leurs signes secrets

 

Le pigeon contemple

Sur la rive du trottoir

L’île du Crouton

                       Mer agitée de périls

                       La faim le rendra marin

 

Nuage anthracite

Le deuil traverse l’azur

En terre l’orage

                       L’éclair transperce le sol

                       Ténèbres illuminées

 

Ne l’oublie jamais

L’arbre choisit ton cercueil

Et le sol ta tombe

                       Ton corps pourriture noble

                       Et ta vie va son chemin

Jean-Noël Cuénod

A OUïR

JNC

                      

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