L’islamisme s’acharne contre Charlie-Hebdo

Marika Bret (photo) est une bien belle personne, comme le disent les Provençaux ou les Vaudois, Mère Courage de Charlie-Hebdo dont elle est la directrice des ressources humaines. Pour une fois, ce titre n’est pas usurpé. Car il lui en a fallu, et des ressources et de l’humanité pour faire face aux conséquences des attentats de janvier 2015. Ce qu’elle vient de subir est inacceptable.

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Lundi 14 septembre, les officiers de sécurité qui ne la lâchent pas d’une semelle de rangers depuis cinq ans, apprennent que des menaces, précises, circonstanciées et imminentes visent Marika Bret qui suit alors le procès des attentats contre Charlie-Hebdo et l’Hyper-Casher de la Porte de Vincennes. Celle qui porte la mémoire de Charb – directeur de la publication qui figure au nombre victimes du massacre islamiste – n’a que dix minutes pour préparer ses affaires, jeter un ultime regard vers ses souvenirs et quitter son domicile sous bonne garde et rejoindre un asile inconnu.

Marika Bret a décidé dans une interview au Point (lire en cliquant ici) de rendre public ce qui lui est arrivé la semaine passée.

Exfiltration de chez soi !

Lorsqu’on parle d’exfiltration, on pense aussitôt à des agents qui doivent quitter le théâtre de leurs opérations ou à des diplomates coincés dans leur ambassade par un coup d’Etat. 

Aujourd’hui, là, en France, c’est de sa propre maison que l’on est exfiltré comme en pleine guerre. Et pour quel motif ? Pour avoir défendu un journal, sa ligne éditoriale, la mémoire des victimes de l’islamoterrorisme sans appel à la vengeance et en fin de compte la liberté de la presse, indissociable de notre liberté tout court.

L’actuel procès n’a pas conduit les islamistes à faire profil bas. Les esprits optimistes auraient pu espérer le contraire, tant l’imbécilité crasse de la voie islamoterroriste a éclaté au grand jour à l’occasion de ces débats. C’était oublier que ces gens-là disposent d’une réserve inépuisable de haine. Peu leur chaut de rendre odieuse la religion dont ils se disent les défenseurs. La tension déjà élevée depuis cinq ans n’a donc fait que s’intensifier. Marika Bret en subit aujourd’hui les effets.

 Allons-nous supporter cela pendant encore longtemps ? C’est tout d’abord aux musulmans eux-mêmes de s’opposer à toute tentation communautariste et d’éduquer les jeunes dans le respect de toutes les croyances et incroyances. Le slogan « ce n’est pas ça l’islam » n’est plus audible car c’est toujours en son nom que les djihadistes commettent leurs crimes, en déployant des versets coraniques aux accents guerriers. Versets sortis de leur contexte, certes. Mais enfin, ils existent tout de même ces versets qui sentent la poudre ! Odeur qui met le feu aux têtes fragiles et qui se transforment en actes de mort. On attend cette Grande Réforme de l’islam, toujours annoncée mais jamais mise en route, du fait de l’éclatement de cette confession en multiples tendances. Pourtant, les musulmans sont les premières victimes des islamistes.

L’extrême-gauche en question

Dans l’interview qu’elle a donnée au Point, Marika Bret met en cause l’extrême-gauche, non sans raison. Sous couleurs de défendre une population d’origine immigrée ou pour complaire à leur électorat, elle a trop souvent fait montre d’un silence coupable sur les invectives antisémites, les comportements antirépublicains, les exigences communautaristes qui séparent les membres d’une confession du reste de la Nation.

La Suisse n’est d’ailleurs pas épargnée par ce phénomène islamogauchiste. Le Parti socialiste et les Verts n’ont-ils pas appelé – en vain, Dieu merci ! – à voter contre la Loi sur la laïcité de l’Etat à Genève ?

Que Marika Bret sache que nous sommes solidaires avec elle et que nos maisons lui sont aussi ouvertes que nos cœurs.

Jean-Noël Cuénod

ESPACE VIDEO

Marika Bret explique le quotidien que vivent les journalistes, dessinateurs, employés de Charlie-Hebdo.

Procès Charlie: Marika Bret évoque un quotidien "extrêmement pesant" | AFP © AFP

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