Podcast Poésie à lire et à ouïr AMARRES LARGUÉES

Première semaine sans les bruits de Trump qui ont autant brisé nos oreilles que cassé nos pieds. Mais d’autres reprendront cette trumpette jetée à terre pour y expectorer leur salive corrosive. Profitons de cette minute de silence pour plonger dans les mystères de la vie-mort. A lire et/ou à ouïr ce poème frais pondu.

Partir / Vers ces lieux sans barrière / Sans règne / Tellement loin tellement proche © JNC Partir / Vers ces lieux sans barrière / Sans règne / Tellement loin tellement proche © JNC
A LIRE

L’étoile chevillée au corps

Tu marches

Rien ne peut plus t’arrêter

Rien

Ni le soleil qui se dérobe

Dans l’ombre

Ni la lune qui disparaît

Sous terre

La nuit éclaire tes jours

Epaisse

Comme ce vin qui rend lucide

Le boire

Pour ne pas oublier ton pays

Jamais

Le quitter pourtant sans bagage

Léger

Comme la trace de l’oiseau

Ce soir

Le quitter sans te retourner

L’esprit

Trempé dans le feu des épées

Tranchant

Pour rompre toutes les amarres

Partir

Vers ces lieux sans barrière

Sans règne

Tellement loin tellement proche

Boussole

Déboussolée bonne à jeter

 

C’est toi

Et toi seul qui règle la marche

Ton nez

Captera les signes du sol

Ton cœur

Sera la route et ses balises

Sans trêve

Sans rêve tu t’élèves enfin

Air libre

Respire cet encens de feu

L’enfant

L’enfant c’est toi c’est toujours toi

Qu’en faire ?

 

Le prendre pour ton maître et guide

Parole

Redonne lui cette parole

Perdue

Au milieu de tes décombres

Fouille

Fouille encore remue tes cendres

Sens-tu

Palpiter sous tes doigts cet or

Vivant ?

L’humus

Qui malaxe la vie la mort

Forêt

Sans fin tous nos destins plantés

Feuillage

Des âmes au vent frémissantes

Eclat

De rire à travers le cosmos

Porté

Par cette onde réconfortante

Tu marches

Jean-Noël Cuénod

A OUÏR

JNC

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