Venezuela : La présidente illégale de MONÓMEROS démissionne

Un autre scandale touche l'entreprise MONÓMEROS, propriété de l'Etat vénézuélien et filiale de PEQUIVEN qui se trouve en Colombie et odnt le Gouvernement d' Iván Duque a pris le contrôle la semaine dernière.

On a appris lundi que Carmen Elisa Hernández, qui fait illégalement fonction de présidente du comté de direction de la compagnie, a présenté sa démission.

Hernández a pris ses fonctions en avril 2019, quand le contrôle de l'entreprise était tombé dans les mains de l'ex-député vénézuélien Juan Guaidó, qui s'était autoproclamé « président par intérim » du Venezuela.

C'est pourquoi sa démission a été notifiée à Guaidó. Dans sa lettre, qui a été publiée par El Heraldo et circule sur les réseaux sociaux, Hernández déclare que sa démission est due à un « désaccord absolu » avec la position adoptée par l'administration générale de l'entreprise et d'autres membres de sa direction face à la « résolution de contrôle » expédiée par la Commission de Contrôle des Sociétés de Colombie.

Dans un communiqué publié sur le compte Twitter de MONÓMEROS, l'administration générale exprime son désaccord avec la prise de contrôle de l'entreprise par la Commission de Contrôle des Sociétés de Colombie et annonce qu'elle engagera les recours légaux pour que l'institution « revienne sur sa décision. »

Pour Hernández, la prise de contrôle de l'entreprise par le gouvernement colombien « est le seul moyen de protéger MONÓMEROS et permet de surmonter la grave situation dans laquelle elle se trouve. »

« Je considère que s'opposer à la résolution de la Commission de Contrôle des Sociétés met en danger plus de 600 emplois directs et plus de 1000 indirects qui font partie des opérations de MONÓMEROS. » 

Elle dit aussi qu'ainsi, on «  affronte évidemment l'Etat colombien » qui a apporté son soutien à Guaidó.

        Le prise de MONÓMEROS

La Commission de Contrôle des Sociétés de Colombie a fait savoir le 6 septembre dernier qu'elle soumettait MONÓMEROS à un ocntrôle grâce à une résolution qui avait été adoptée le 20 août. 

Selon cette commission, le contrôle de l'entreprise vénézuélienne qui était aux mains de Guaidó depuis plus de 2 ans est destiné à « surmonter une situation critique juridique, comptable, économique ou administrative. » Parallèlement, le Gouvernement du président Nicolás Maduro a qualifié cette action de « vol » et annoncé qu'il prendra des mesures judiciaires pour récupérer l'entreprise illégalement confisquée.

Dans le communiqué de la direction imposée par Guaidó, on dit que contrairement à ce que déclare la Commission de Contrôle des Sociétés de Colombie, pendant le 1 er semestre de 2021, les résultats financiers de MONÓMEROS « ont été réellement positifs » et même que le rythme de travail s'est maintenu pendant les semaines de forte crise dues à la grève nationale. 

MONÓMEROS, qui appartient au Venezuela, est une entreprise importante pour la Colombie car elle a une capacité de production de 1 300 000 000 de tonnes de substances organiques et inorganiques pour les semailles à grande échelle, c'est dire qu'une grande partie de la sécurité alimentaire des Colombiens dépend d'elle. Selon les données de la Commission de Contrôle des Sociétés, cette entreprise se situe à la 128 ème place dans le classement des 1 000 plus grandes entreprises du pays.

La prise de contrôle de l'entreprise a été connue juste la veille de la nouvelle ronde de négociations entre le Gouvernement du Venezuela et l'opposition au Mexique qui avance à un bon rythme et a mis dans son ordre du jour comme point prioritaire la récupération des actifs confisqués à l'Etat à l'étranger.

Cette avancée dans les négociations ne semble pas avoir été du goût de Duque qui, la semaine dernière, a insisté sur le fait que « tout accord qui renforcerait la dictature (en parlant du Gouvernement du président Nicolás Maduro) sera une tragédie qui ne fera que fomenter l'exode et la misère sur le continent. »

Traduction : Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol : ALBA Ciudad

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