Ruptures multiples et brutales du cercle vertueux du vivant

La dépression apicole et la disparition des abeilles auraient des causes multiples complexes. L'argument est pris et repris sans aucun discernement... C'est très représentatif d'une pensée qui sait si bien noyer le poisson, pour rester inconséquente.

La dépression apicole et la disparition des abeilles auraient des causes multiples complexes. L'argument est pris et repris sans aucun discernement...

C'est très représentatif d'une pensée qui sait si bien noyer le poisson, pour rester inconséquente.

Prenez la proposition inverse: la disparition des abeilles a bien une cause principale, clairement identifiée: la pression économique, qui a, certes, de trop multiples et graves conséquences:

- la promotion de l'agriculture industrielle,

- le recours à la chimie de synthétique,

- la perte vertigineuse de main d’œuvre, et

- la perte tragique de savoir-faire.

Le cercle vertueux du vivant n'est plus entretenu, mais rompu de multiples manières, qu'on voudraient appeler "causes"; mais, qui ne sont, en réalité, que des "conséquences" de la pression économique imposée à tous les secteurs d'activité humaine.

Chute de la biodiversité

Cet aspect est largement observable et scientifiquement documenté. La cause humaine est aussi clairement pointée par la dernière publication de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité », comme indiqué dans cet article du Monde.

Pour la faune, dont celle des pollinisateurs, les monocultures et l'homogénéisation des pratiques agricoles ont des conséquences catastrophiques.

La première est la destruction des habitats naturels et sauvages. La deuxième sont les carences alimentaires (manque de diversité des pollens et donc des protéines disponibles) et les disettes (périodes d'absence de floraisons). Plus de détail sur culturenature71

Il y a aussi des aspects du comportement humain provoqué par le mode de vie hors sol, imposée par l'agriculture industrielle: la méconnaissance, parfois totale, des réalités biologiques et le mépris et l'incapacité croissante à cohabiter avec la vie sauvage.

La chute de la biodiversité est un problème très enraciné dans nos pratiques et notre culture, impulsée par les "élites". C'est ce qui en fait un sujet de société, un sujet politique explosif!

Chute de la prospérité

Cet aspect peut paraitre plus surprenant, car nos sociétés paraissent, au moins dans les pays dominants, encore très prospères. Mais, pour combien de temps, encore?...

Le danger est bien réel. La disparition, dans certaines zones géographiques des pollinisateurs l'atteste bien.

L'érosion des sols et de la biodiversité végétale entrainent des pertes lourdes d'interactions entre les composantes, toutes dépendantes, les unes des autres, d'un écosystème. Le productivité agricole - et, plus généralement - le bien être physiologique procuré par la nature sont en perte; alors que la pression démographique ne faiblit pas de son côté.

L'apparente prospérité n'arrive plus à cacher les désastres à venir...

Remise en cause de la stabilité

L'introduction de molécules et d'espèces exogènes (pesticides, espèces venues d'autres continents...) parvient à rompre des équilibres millénaires, qui ne pourront être rétablis en un clin d’œil.

S'y ajoute les manipulations génétiques et l'épuisement des réserves biologiques, comme la disparition des races d'abeilles adaptées localement. Les écosystèmes agricoles manquent cruellement de résilience. Or, ils sont soumis à des pressions croissantes, économiques et climatiques.

Pour couronner le tout, nos réseaux d’approvisionnement alimentaire totalement délocalisés, dépendant donc des énergies fossiles, sont également soumis aux spéculations commerciales et financières. Les risques de ruptures, comme en 2018, sont plus que jamais d'actualité.

Les conditions de crises majeures sont toujours malheureusement réunies....

Quel avenir?

L'avenir n'est clairement plus assuré, dans la situation actuelle.

Dans la situation actuelle, qui voudrait être agriculture, avec les contraintes, la pression et les risques que cela comporte?

Les positions de dénie sont encore très majoritaires, en tout cas dans les discours politiques. Rien ne presse, semble-t-on croire...

A vivre hors sol, justifier de continuer à le faire est le cap inlassablement maintenu.

C'est pour le moins délirant; et, très certainement hautement irresponsable!

 

 

 

 

 

 

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