Ne rien faire pour améliorer notre sort

Difficile quand on est citadin d'agir directement contre la déforestation ou la disparition des pollinisateurs dans nos campagnes. Alors, pouvons-nous continuer à persister dans l’inaction, ou, pire, à dépendre du fait que les autres agissent à notre place?...

A elle seule, la déforestation pourrait être la cause d'une augmentation, depuis le début de l'ère industrielle, de 1,5 degré en moyenne de la température à la surface de notre planète. Ce qui entraine une augmentation plus importante des températures sur les continents, du double, avec toutes les difficultés incommensurables que cela implique pour la vie des populations, dés maintenant et durant les décennies à venir.

Cette déforestation criminelle illustre les scandaleuses impasses de notre civilisation industrielle et commerciale, qui refuse, face aux évidences, de considérer qu'elle fait fausse route; et nous entraine inexorablement dans sa chute... Pour obtenir ce qui est pourtant vital, c'est-à-dire l'arrêt de la déforestation et la restauration de ces écosystèmes, nous ne pouvons, individuellement, presque rien faire, sinon, nous lamenter...

La faune la plus indispensable à notre substance, notamment les pollinisateurs, est en train de s'éteindre à petit feu, sans nous nous puissions, là non plus agir directement et immédiatement, à la hauteur des enjeux; c'est-à-dire de manière forte. Pour sauver les pollinisateurs, il est primordial notamment de préserver et de restaurer les écosystèmes, en particulier forestiers. Tout est lié...

Alors, si tout est à ce point lié, il y a peut-être une stratégie possible, pour chacune et chacun d'entre nous, à notre niveau. Il s'agirait, alors, de considérer les aspects sur lesquels nous pouvons agir directement, quotidiennement et de manière significative. Il y en a au moins trois, qui sont totalement à notre portée: notre usage des transports, nos habitudes alimentaires et plus généralement notre comportement de consommateur très docile et parfois carrément stupide. Les plus riches et les plus en vue socialement d'entre nous étant les plus concernés. (Cette prise de position est contraire aux habitudes qui consiste à dénigrer prioritairement les classes sociales défavorisées, qui consomment, certes assez souvent de manière peu éclairée, mais sont limitées dans la nuisance qu'entraine leurs comportements par la grande modestie de leur pouvoir d'achat.)

A la première loge se trouve le transport aérien, qui est de loin le plus polluant, pour un trajet donné par individu (ou marchandise) transporté. Vous n’êtes pas obligé de choisir une destination à l'autre bout du monde pour vos vacances ou même de choisir l'avion pour y parvenir. On peut se demander comment une solution aussi consommatrice et polluante peut se trouver être la plus économique. On marche tout simplement sur la tête. Le transport aérien est subventionné; prime est donnée à la consommation et à la pollution! Même si malheureusement c'est la triste mentalité opérante dans notre civilisation, personne n'est vraiment obligé de la partager...

Si vous êtes contraints dans votre emploi salarié ou tout simplement dans votre emploi du temps, à opter pour ce mode de transport écocide; il est peut être opportun de vous demander quel parcours personnel, quel conditionnement, vous ont conduit à un tel état de dépendance. L'avion est le plus absurde des moyens de transport actuel... Soyons conséquent: la déforestation nous révulse, mais pas l'usage de l'avion comme moyen habituel  de transport?

L'usage de la voiture est un autre aspect du piège de la consommation courante irresponsable. Avant de prendre une voiture, avons nous envisager toutes les alternatives qui se présentent à nous: limiter la distance et la fréquence de nos déplacements, partager nos déplacements ou prendre des transports en commun ou encore opter, selon les circonstances et opportunités, pour des modes de transport beaucoup plus légers. Déplacer une personne de moins de cent kilos, en général, dans un véhicule de près d'une tonne relève, en fait, d'une totale absurdité à laquelle il est demandé de na pas penser... Les économies à réaliser sont considérables; et, les changements de mentalité seront tellement bénéfiques!

La dépendance matérielle à la voiture est la plus forte à la campagne, dans les zones périurbaines et dans les classes sociales les plus défavorisées, où le choix du lieu d'habitation et de travail est le plus limité. Cela ne concerne donc pas encore une majorité de personnes, qui devrait donc se préoccuper de changer ses mauvaises habitudes; et, quand cela aura été fait, de s'occuper à réfléchir sur les causes de la précarisation sociale, source de dépendance matérielle, notamment au transport automobile. A chacun et chacune de voir ce qu'il peut faire; car il y a vraiment à faire; contrairement à la lutte contre la déforestation, où nous n'avons pas toujours la main. Mais, in fine, nous contribuons, par l'impact collectif de décisions individuelles significatives,  à réduire de manière pertinente nos émissions de GES (Gaz à Effet de Serre).

Notre alimentation trop carnée, contribue à nuire à notre santé, pendant qu'elle cause directement les dégradations des écosystèmes et la part importante d’émission de GES par l'agriculture. Une part significative de la déforestation est destinée à l’approvisionnement des élevages, notamment bovins. Manger moins de viande est une source de mieux être incontesté et de baisse de la dévastation de la nature et de maltraitance animale. Le conditionnement alimentaire est grand. Il ne tient qu'à nous d'en sortir!

Enfin, de manière plus générale, nos comportements de consommation irresponsables peuvent être très rapidement et simplement corrigés. Plus notre développement personnel est grand, plus notre capacité d'action devrait être grande. Il ne s'agit pas d'attendre quoi que ce soit des autres, mais tout simplement de s'y mettre joyeusement et résolument. Le changement de point de vue vis-à-vis de notre civilisation et de ses dérives insoutenables sera grand! Nous allons avoir envie de nous préoccuper du bien être des autres, de renoncer aux violences économiques et sociales actuelles, pour construire patiemment, humainement une véritable alternative aux impasses présentes. (Voir billet suivant)

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