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Billet de blog 19 avr. 2012

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Réponse à Lucas_Martin

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Cher Monsieur,

Votre commentaire sur mon billet précédent m’a, je dois le dire, surprise.

En écrivant hier, je me doutais bien que certaines réactions justifieraient la politique d’immigration actuelle. Mais je ne pensais pas que quelqu'un puisse incriminer des gens qui quittent leur pays dans l’espoir d’une vie meilleure.

Peut-être ignorez vous ce qui peut pousser des gens à partir loin de chez eux, juste avec l’espoir que ça ira mieux là-bas.

Les clandestins, comme on les appelle, ne partent pas en voyage pour leur plaisir. Ils n’arrivent pas dans un pays en se disant « tiens c’est sympa ici je vais y rester ». Contrairement aussi à une idée reçue, ils ne se disent pas « allons en France, on va bénéficier des aides de l’Etat français ». Sachez que la CAF, la Sécurité sociale, le RSA ne font pas de publicité à l’étranger.

Quitter son pays, sa famille, ses amis n’est jamais facile. C’est toujours une décision lourde. D’autant plus quand on le fait dans l’ombre. Quand on en arrive là, c’est qu’on n’a pas le choix.

La guerre, la dictature, la menace sur leur vie ou sur leur intégrité physique poussent chaque jour des milliers de personnes à fuir. Et ce de tout temps. Il n’y a qu’à regarder l’Histoire pour le voir : rien qu’entre la première et la seconde guerre mondiale la France a accueilli des allemands fuyants le régime nazi, des italiens opposants à Mussolini, des républicains espagnols, des russes blancs… Peut-on leur reprocher d’avoir voulu vivre ?

Une autre raison qui pousse des populations à s’exiler dans des conditions atroces, c’est la misère, la faim. Je ne pense pas qu’on puisse reprocher à quelqu’un de vouloir manger, de vouloir faire vivre sa famille.

Je pourrais encore vous citer d’autres cas qui poussent un homme ou une femme à fuir son pays d’origine. Aucun d’entre eux  n’est moins respectable que les deux que je viens de vous exposer.

Ainsi que vous pouvez donc le constater, ce n’est pas un choix de vie. Je pense que si vous interrogez des immigrés clandestins, tous vous diront qu’ils préféraient vivre dignement chez eux plutôt que cachés, la peur au ventre, ici. Et ce, quelque soit le « chez eux » et le « ici ».

Vous dites que vous essayez « d’accepter les aspects d’une politique (celle de l’immigration) ». Mais pourquoi essayez-vous ? Si elle vous déplait, sachez que rien n’est immuable dans l’existence, ou presque. Qu’une loi, une politique peut être changée.

 Vous demandiez « Que faire d’autre ? » je vous réponds : ne pas se résigner.

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