Quotient Intellectuel (QI) et intelligence(s), quelles différences ?

Lorsqu'un enfant présente des difficultés (ou des facilités) d'apprentissage, il est souvent proposé aux parents de faire passer un test du QI à leur enfant. Toutefois, l'appréciation de l'intelligence d'un enfant est encore aujourd'hui trop liée au résultat de ce test. L'intelligence représente un tissu de tellement de facultés cérébrales qu'elle ne peut être résumée en un nombre. Explications :

Des mots différents pour des définitions différentes

Il existe deux définitions pertinentes de l'intelligence :

  1. Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle
  2. Aptitude d'un être humain à s'adapter à une situation, à choisir des moyens d'action en fonction des circonstances

Source : Larousse

Au premier abord, on remarque que les deux définitions sont étroitement liées. En effet, plus une personne possède de facultés mentales et plus son aptitude à s'adapter à une situation sera importante.

Utilisation d'un matériel favorisant la représentation dans l'espace par une petite fille © Pixabay License Utilisation d'un matériel favorisant la représentation dans l'espace par une petite fille © Pixabay License

On distingue cinq grandes facultés mentales :

  • Le raisonnement
  • La vitesse de réflexion
  • La visualisation dans l'espace
  • La mémoire
  • L'exploitation du vocabulaire

Ce sont ces facultés mentales qui sont mesurées par le test du QI. Le résultat du test du QI est un nombre qui varie de 20 (retard mental profond) à 200 (polymathe) avec une moyenne européenne à 100. Ainsi, il est facile de penser que le QI et l'intelligence sont étroitement liés. Ce n'est pas le cas. Par ailleurs, tout psychologue réalisant ce test précisera qu'il s'agit d'une "mesure relative de l'intelligence".

En effet, si avoir de grandes facultés mentales est une condition nécessaire pour avoir une grande intelligence, elle n'est pas une condition suffisante. Il existe des facteurs extérieurs qui peuvent venir perturber les facultés mentales et réduire ainsi considérablement l'"adaptation à une situation" ou le "choix d'un moyen d'action".

« Le QI est à la sociologie ce que la gravité est à la physique » - Richard Lynn

De l'intelligence par la gestion des émotions

Tristesse, joie, colère, anxiété représenté par des émoticones © Pixabay License Tristesse, joie, colère, anxiété représenté par des émoticones © Pixabay License
Les émotions sont les plus grands perturbateurs de nos facultés mentales. En suivant les travaux de Paul Eckman, on distingue 7 émotions différentes : la joie, la colère, le dégoût, l'anxiété, la tristesse, la surprise et la peur. Une émotion, qu'elle soit positive ou négative, perturbe nos facultés mentales. Elle agit négativement sur la concentration et sur la volonté. La concentration et la volonté sont deux composantes indispensables pour l'utilisation efficace des facultés mentales ; sans elles, ils nous est impossible de "s'adapter à une situation" ou encore "de choisir des moyens d'action" pertinents pour la résolution d'un problème. Une voiture, aussi puissante soit-elle, n'avance pas sans pilote (la concentration) ni carburant (la volonté).

Il apparaît alors impossible pour un individu, aussi élevé son QI soit-il, de faire preuve d'intelligence sans maîtriser ses émotions. La peur et le stress paralyseront la mémoire d'un élève durant un examen ou celle d'un artiste sur scène ; la colère perturbera notre raisonnement jusqu'à commettre des exactions, etc.

Albert Einstein représenté sur un camion © Pixabay License Albert Einstein représenté sur un camion © Pixabay License
Une intelligence...? Non, des intelligences !

Il est maintenant bien établi qu'il n'existe pas une seule et unique intelligence, mais bien huit ! Les facultés mentales de chacun ne se révèlent pas dans les mêmes domaines. Ainsi, les facultés mentales (le QI) s'expriment différemment en fonction de la situation, des circonstances. En d'autres termes : Albert Einstein était un génie, Jimi Hendrix aussi ! Cependant, on ne parle que du QI du premier (et parfois aussi un peu de son violon)...

Les huit intelligences touchent de nombreux domaines d'application, on compte :

  • l’intelligence linguistique
  • l’intelligence logico-mathématique
  • l’intelligence intrapersonnelle
  • l’intelligence interpersonnelle
  • l’intelligence visio-spatiale
  • l’intelligence kinesthésique
  • l’intelligence musicale
  • l’intelligence naturaliste
    Nous possédons 8 intelligences différentes © Cyril Iaconelli Nous possédons 8 intelligences différentes © Cyril Iaconelli

Et les enfants dans tout ça ?

Un des réflexes lorsqu'une difficulté scolaire est rencontrée est la mesure du QI de l'enfant. Le QI moyen des enfants varie en fonction de l'âge, il est en moyenne de 65 à 10 ans, de 85 à 13 ans et enfin de 100 pour un adulte européen. Cependant, la réussite scolaire dépend très peu du QI d'un enfant (pourvu qu'il ne soit pas trop faible, en dessous de 85 pour un adulte, ce qui représente 16% de la population ; soit, tout de même, plus d'une personne sur 10).

Ce qui compte avant tout, c'est que ses intelligences soient exploitées et que l'enfant ait envie de travailler et de progresser. L'envie, c'est ce qui guide la concentration et la volonté de l'enfant pour l'utilisation de ses facultés mentales. Au-delà, de la mesure du QI, il faut proposer des activités diversifiées afin de découvrir et de nourrir toutes les intelligences de l'enfant. Cela est encore plus important mais complexe lorsque le système éducatif actuel privilégie principalement deux d'entre elles : l'intelligence linguistique et l'intelligence logico-mathématique.

Enfin, l'utilisation des facultés mentales est tout aussi nécessaire chez l'enfant, ainsi travailler sur l'écoute, la compréhension et la maîtrise des émotions est primordial. Une réussite scolaire ne peut se faire dans la colère, l'anxiété ou la peur permanente. Peut-être se souci-ton trop de l'intelligence et pas assez des émotions ? Qui inventera le QE ? ... Le Quotient Émotionnel.

Conclusion

L'intelligence expliquée en diagramme © Cyril Iaconelli L'intelligence expliquée en diagramme © Cyril Iaconelli
Le QI est une mesure intéressante, mais pas déterminante pour apprécier l'intelligence d'une personne et donc d'un enfant. Pour disposer pleinement de ses facultés mentales, il faut faire preuve de concentration et de volonté ; ce qui impose une maîtrise des émotions. La maîtrise des émotions est donc un facteur déterminant de l'intelligence. Il n'existe pas une intelligence, mais huit qui concernent un grand nombre de domaines différents. Il est important de travailler avec l'enfant à la fois dans de nombreuse disciplines différentes, mais aussi sur la compréhension de ses émotions et de leur origine.

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