Ecoutons les vœux du président de la République pour 2018

J’ai écouté les vœux du président de la République Emmanuel MACRON le 31 décembre 2017. Ce qui suit n’est que mon modeste point de vue. Je peux me tromper, et vous avez le droit de penser différemment, ou d’avoir compris le discours différemment… si vous l’avez suivi plus de 15 minutes.

J’ai écouté les vœux du président de la République Emmanuel MACRON le 31 décembre 2017.

Ce qui suit n’est que mon modeste point de vue.

Je peux me tromper, et vous avez le droit de penser différemment, ou d’avoir compris le discours différemment… si vous l’avez suivi plus de 15 minutes.

La renaissance, un thème porteur. © Emmanuel MACRON La renaissance, un thème porteur. © Emmanuel MACRON

Déjà, après avoir privatisé Chambord, la volonté de « faire vivre cette renaissance française », il fallait oser. Mais… ça ose tout, « c’est même à ça qu’on les reconnait », disait Michel AUDIARD.

Très sérieusement on a qualifié partout ces vœux de convenus, sans surprise, limite ennuyeux.

C’est vrai que plus d’un quart d’heure c’est long pour des vœux, c’est même trop long. Mais ce n’étaient pas tant des vœux qu’une mise au point. Et la mise au point est faite en public. Personne ne pourra dire « je ne savais pas ». A condition d’avoir écouté attentivement.

C’est là qu’il est bon, et qu’il a sa force, notre actuel président de la République.

Il veut ramener des riches en France, il les a favorisés et il va continuer.

Il nous le dit.

Nous n’avons plus les moyens de faire tourner les services de l’état comme nous le devrions, alors on va réduire la voilure. Mais comme on ne peut pas la réduire d’un coup, il va falloir plus d’argent pour faire tourner l’existant, et on va le prendre dans les poches des contribuables moyens.

Il nous le dit. Aussi.

Forcément puisque l’on a décidé de favoriser les riches, et qu’il faut « faire du social » avec les pauvres pour éviter une révolution…

Ensuite, pour avoir plus de main d’œuvre à bon marché, qui travaille volontiers dimanche et jours fériés,  il faut que les migrants soient mieux reçus en France, et cela aussi ça se paie.

Sans oublier qu’avec ces migrants en plus, il va falloir tenir les budgets des militaires et des policiers.

Armer la sécurité privée va peut-être occasionner quelques bavures, mais ça va les motiver  pour accepter des missions qu’avant on devait confier à la police ou aux militaires de Sentinelle, et qui coutaient donc ce que coûtent des policiers ou des militaires. En déléguant à de la sécurité privée, on renvoie la charge de la plupart de ces missions aux demandeurs privés. Donc déjà, ce n’est plus l’état qui paie mais l’association, l’entreprise, ou la congrégation. Quant aux cas où faire garder des biens de l’état par les policiers et les militaires revient trop cher on va pouvoir économiser de la masse salariale en délégant à des vigiles armés ; bien moins payés qu’un soldat ou un policier.

Ce n’est pas anodin.

Certains groupes  de sécurité privée vont faire des fortunes, et quelques « bons gestionnaires » vont se faire considérer. Savoir si ce sera efficace est une autre histoire. En cas de litiges ou d’infractions les tribunaux s’en occuperont. S’ils en ont les moyens, ce qui n’est pas certain.

Alors il n’y a pas de surprises dans ces vœux, parce qu’il ne pouvait ni ne devait y en avoir, au grand dam des journalistes et autres communicants branchés. Lorsqu’en réalité vous annoncez publiquement aux Français que sous couvert de sauver les pauvres vous allez essorer le plus grand nombre de contribuables sans toucher aux riches… l’exercice est déjà assez compliqué comme cela.

En 2018, les encadrants, les cadres, les (petits) chefs d’entreprise, les meilleurs techniciens, les retraités, par exemple… vont perdre de l’argent, perdre du pouvoir d’achat et de l’épargne,  qui leur seront pris tant par l’état (l’air de ne pas y toucher) et les collectivités locales que par de grands groupes, gros collecteurs de factures à payer. Ils devront décaisser leur épargne, et casser les tirelires – s’ils en ont – pour payer cash. Comme on ne peut tondre un œuf, les pauvres qui n’ont pas les moyens d’épargner… seront eux (presque) épargnés.

Mais à la fin, je ferai... Au moins c'est écrit clairement. © Emmanuel MACRON Mais à la fin, je ferai... Au moins c'est écrit clairement. © Emmanuel MACRON

Vous pourrez parler, nous pourrons tous nous exprimer, et nous serons tous écoutés… mais notre bon président n’en tiendra pas compte. Avec ses amis, « il fera ». Je n’invente rien, il l’a dit.

Il l’a dit, avec un soutien franc et massif à nos militaires après avoir poussé le chef d’Etat-Major des Armées, le général d’armée Pierre de VILLIERS, à la démission.

Haie d'honneur et applaudissements des militaires pour le général d'amée Pierre De VILLIERS à son départ © EMA Haie d'honneur et applaudissements des militaires pour le général d'amée Pierre De VILLIERS à son départ © EMA

Il l’a dit, avec le plus grand respect pour les policiers dont les conditions de travail sont si dures, après avoir amputé leur budget 2017 de plus de 500 millions d’Euros.

Un CRS en feu le 1er mai 2017. Une image forte qui a fait le tour du monde en quelques heures. © APF/ZAKARIA ABDELKAF Un CRS en feu le 1er mai 2017. Une image forte qui a fait le tour du monde en quelques heures. © APF/ZAKARIA ABDELKAF

Il l’a dit, en contribuant (en paroles) à protéger la planète, sans contrarier Monsanto et l’utilisation de glyphosate outre mesure…

Traduction personnelle © X Traduction personnelle © X

 Élu avec un soutien massif des plus grands groupes financiers, avec l’appui éhonté des plus grands  médias aux ordres désormais de leurs bailleurs de fonds ; notre bon président n’aura que faire des mouvements de mauvaise humeur que ces mesures provoqueront quand les Français vont réaliser la portée des mots qu’il a prononcés, bien noyés dans plus d’un quart d’heure de discours.

Nos médias en France et leurs propriétaires fin 2017 © ACRIMED Nos médias en France et leurs propriétaires fin 2017 © ACRIMED

Ne l’oublions pas, nous ne vivons pas en dictature, mais dans une nouvelle forme de démocratie populaire « en marche ». Nuance.

La dictature c’est « ferme ta gueule », la démocratie populaire c’est « cause toujours ».

Nous y sommes.

Bonne année ?

 

Didier CODANI

1er janvier 2018

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