Jurisprudence Jawad et Appel de Paul GIACOBBI

Une question m’a été posée, qui est de savoir si la jurisprudence #jawad va s’appliquer au cas de Paul GIACOBBI, ancien député de Haute-Corse et ancien président du conseil départemental, actuellement jugé en Appel dans l’affaire dite des gîtes de Haute-Corse. Le cas est très différent, même si les deux sont toujours présumés – il faut le noter – innocents. A ce jour.

Une question m’a été posée, qui est de savoir si la jurisprudence #jawad va s’appliquer au cas de Paul GIACOBBI, ancien député de Haute-Corse et ancien président du conseil départemental, actuellement jugé en Appel dans l’affaire dite des gîtes de Haute-Corse.

Le cas est très différent, même si les deux sont toujours présumés – il faut le noter – innocents. A ce jour.

Certes, #Jawad – comme Paul – ne se souviennent pas trop bien qui ils ont hébergé. Mais dans le cas de Paul tout s’explique puisqu’il n’a hébergé personne, les gîtes n’ayant le plus souvent même pas été construits.

Dans les deux cas, Jawad et Paul sont quelque part, en cherchant très, très, très bien, des « victimes collatérales » d’une action du Procureur qui franchement ne fait pas dans la nuance :
Dura lex, sed lex.

Monsieur Jawad BENDAOUD © Actu Pénitentiaire Monsieur Jawad BENDAOUD © Actu Pénitentiaire

Mais les ressemblances s’arrêtent là, puisque Monsieur Paul a (déjà) été condamné à trois ans de prison ferme, cinq ans d’inéligibilité et 100.000 Euros d’amende en première instance.

Monsieur Paul GIACOBBI © X Monsieur Paul GIACOBBI © X

Avec plus de finesse que d’autres, Monsieur GIACOBBI a d’ailleurs pris soin de désigner celui qui l’aurait trompé, et qui ne serait autre que son ancien directeur général des services, Jean LECCIA, dont il aurait précisé à l’audience: « je lui en veux beaucoup ».


Ce dernier, très abattu, (17 impacts de fusil d’assaut calibre 308, pour être précis) ne peut malheureusement plus s’expliquer sur rien depuis son assassinat en mars 2014. Quatre ans déjà.

Mafifestation en mémoire de Jean LECCIA un an après son assassinat Mafifestation en mémoire de Jean LECCIA un an après son assassinat

On peut comprendre l’agacement de Monsieur GIACOBBI face à ce silence de pierre tombale, et face à ceux qui trouvent commode d’accuser si lourdement un mort. Mais aucun mort n’ira trois ans en prison ou ne paiera 100.000 Euros d’amende.
Surtout alors que le défunt n’était même pas poursuivi dans l’enquête au départ…

Monsieur GIACOBBI se plaint quant à lui de faire l'objet d'un "assassinat politique" (ce qui est tout de même moins définitif).

Comprenons donc que cette jurisprudence #jawad est peut-être au premier abord agréable à la cause de Monsieur GIACOBBI mais elle lui servira bien moins que de charger à mort les mânes de Monsieur LECCIA.

Reste à en convaincre la chambre correctionnelle de la Cour d’Appel de Bastia, ce qui ne semble pas gagné d’avance…

Didier CODANI

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