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«En direct du Théâtre de la Ville», jeudi soir : Solidarité avec les réfugiés !

Mediapart vous invite jeudi 26 mai au Théâtre de la Ville, Place du Châtelet à Paris, pour une soirée consacrée à «l'Europe face à la tragédie des réfugiés».

LE PROGRAMME DE LA SOIRÉE
Le Club de Mediapart mer. 25 mai 2016 25/5/2016 Édition du matin

Voyage à djerba

Voici un an , je décide de partir faire la bourge en thalassothérapie à Djerba.

Je rêvais de passer 8 jours à ne rien faire et à me laisser vivre entre les massages, les algues dans un bain....

"Une fois dans ma vie , je veux savourer cela" me disais je.

 

Me voilà arrivée à Djerba :janvier 2008 ,donc habillée avec le pull à col roulé et bien fatiguée. Rien d'une Carla en déplacement.

Je m'installe dans ma chambre.

Le téléphone sonne, une voix d'homme :

-"bonsoir , j'aimerai passer la soirée avec vous"

-"pardon???? qui êtes vous?"

-"le réceptionniste , je vous trouve belle"

-"j'arrive"

 

Un jeune homme de 20/25 ans.....j'en ai 50 !

J'ai beau savoir que 3 h d'avions lifte (comment vous ne le savez pas ?) je lui demande des explications et pige en 5 mn....que c'est un moyen de gagner de l'argent.

 

Je réalise soudain que pour lui je représente l'espoir d'avoir de l'argent, des papiers pour la FRANCE.

 

 

Je me rendrai compte ensuite que le tourisme sexuel est une réalité que je méconnaissais.Des "vieilles" vont à Djerba assouvir leur besoin sexuel en profitant du besoin financier de jeune en souffrance.

 

Toujours est il, que la chasse à la gazelle a été ouverte pendant 1 semaine (mais que j'ai regretté d'être blonde).

Des jeunes qui imaginent qu'ils vont pouvoir accéder à un eldorado grâce à des femmes .

 

J'ai pu en parler avec les jeune femmes qui me faisaient les soins :elles m'ont expliqué la misère qui pousse ces jeunes à se prostituer (appelons un chat , un chat.).L'une d'elle m'expliquait que son amoureux était actuellement en France avec une "vieille" et qu'il rentrerait l'épouser.

C'était pour elle la seule façon de pouvoir espérer une vie meilleure.

 

Djerba ,c'est aussi et surtout un régime tunisien où chaque personne est surveillée par un voisin qui peut aller à la police.Plusieurs fois je me suis faites arrêter dans la rue par un homme qui me demandait si j'étais avocate.

 

Lorsque je suis rentrée en FRANCE j'ai écrit au dictateur BEN ALI pour lui demander ce qu'il pensait de ces jeunes qui n'avaient pas d'avenir sauf celui de faire "les chiens de plage" (c'est la terminologie employée par les tunisien eux mêmes) à la recherche d'une vieille.

 

Je lui ai aussi indiqué que son régime policier, corrompu était un élément qui faisait que je ne remettrai jamais un orteil dans son pays.

En effet j'ai oublié de vous dire que j'avais prévu d'envoyer 20 euros à une jeune femme.

 

"Tu verras , ça ne passera pas " m'avait t elle dit.

J'ai mis 20 euros dans du buvard avec des photos: elle eu les photos mais pas les 20 euros.

 

BEN ALI ne m'a jamais répondu.Je n'avais pas mis le timbre pour la réponse!

 

Boycottons nos séjours dans ce pays.

Ce sera dire notre respect à un peuple qui vit sous un régime policier et qui méprise le peuple.

 

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Tous les commentaires
Dahu, je découvre seulement ton billet et, comme je m'y attendais, c'est un plaisir de lecture. Sur le fond, tu lances une proposition : boycotter la Tunisie. Tu as peut-être raison. Je ne sais pas. Quand j'étais un tout jeune homme, j'avais une position stricte à l'égard de l'Espagne de Franco : non, je n'y vais pas. Y compris un certain été où le petit groupe de mes meilleurs amis avait loué collectivement une grande et belle maison là-bas pour 2 mois. J'ai dit non. Et pourtant j'aimais (j'aime toujours) l'Espagne, sa langue (le castillan) sa littérature, ses poètes, l'idée que je m'en faisais. Mais pas question que je cautionne par ma présence ce régime haïssable ! Je ne me prenais pas pour Malraux mais j'avais l'impression qu'aller là-bas c'était consentir. Et je suis resté tout seul dans mon bourg de campagne, à lire, à traîner dans les bois, à jouer au baby-foot avec mes copains du village. Et puis les filles étaient jolies. L'enfer. Quand ils sont revenus mes amis avaient mille choses à raconter, ils avaient fait la connaissance d'Espagnols de notre âge avec qui ils avaient parlé pendant des soirées entières. Plus tard, après la mort de la vieille ganache sanguinaire, j'ai connu des Espagnols de gauche qui m'ont dit combien l'afflux des touristes venus des démocraties avait été utile, avait constitué pour nombre d'entre eux une sorte d'apprentissage, et que la transition démocratique menée par Suarez et le roi en avait sans doute été facilitée. J'ai repensé à cet été ancien et je me suis senti un peu couillon… Pour la Tunisie je n'ai pas d'avis tranché, mais tu comprends que je m'interroge.

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