Russie, covid-19 : 800 000 personnes vaccinées.

C’est le chiffre annoncé le 2 janvier par le ministère de la santé, Mikhaïl Mourachko. Et le maire de Moscou a annoncé le rétablissement des tarifs réduits dans les transports en commun pour les retraités vaccinés.

On sait que la deuxième vague de covid-19 est en train de frapper sévèrement la Russie, avec au 1er janvier 3,15 millions de cas confirmés, ce qui la place en chiffres absolus en 4ème position mondiale, derrière les États-Unis, l’Inde et le Brésil, et juste devant la France (2,7 millions de cas confirmés). En chiffres relatifs, le nombre quotidien de cas par million d’habitants est maintenant comparable dans les deux pays.

 © Daniel Mathieuiel Mathieu / données Our world in data © Daniel Mathieuiel Mathieu / données Our world in data

La presse française a repris récemment une autre information qui illustre la gravité de l'épidémie : le service fédéral des statistiques (Rosstat), a publié, pour l’ensemble du territoire fédéral et pour toute la période épidémique, des statistiques de décès révisées, très supérieures à celles transmises par le gouvernement russe à l’OMS. Au total, 116 030 décès de personnes avec un diagnostic de covid ont été enregistrés entre avril et novembre 2020. Parmi ces décès, ceux dont il a été établi que le covid-19 était la cause directe de la mort étaient au nombre de 64 911, si l’on ne prend en compte que celles pour lesquelles un test a été réalisé avant ou après le décès, ou 70 921, si l’on ajoute au chiffre précédent les situations où le virus n’a pas été identifié par une analyse biologique, mais où les signes cliniques ne laissent aucun doute sur la maladie. 

Le point de situation gouvernemental ne fait état que de 40 464 décès à la fin novembre : on reste dans le rapport probable de un à trois entre les chiffres officiels et une estimation réaliste, comme je l'avais indiqué dans ce billet déjà ancien. 

Surtout, le nombre des décès a considérablement augmenté en fin d’année, avec, selon les chiffres de Rosstat, 35 645 personnes sont mortes avec un diagnostic de covid en novembre, soit 30 % des décès intervenus depuis le début de l’épidémie. Cette évolution laisse penser que le système de santé russe est maintenant débordé par l’épidémie, et que celle-ci touche des régions où les hôpitaux ne sont pas en situation de soigner les patients. Les chiffres du point de situation gouvernemental, les seuls disponibles pour la fin de l'année 2020, montrent que la hausse s’est poursuivie en décembre, avec cependant un palier dans la deuxième partie du mois, au niveau record de 550 décès par jour. 

Dernière information, et elle est plus positive, le ministère de la santé a annoncé le 2 janvier que 800 000 personnes avaient été vaccinées contre le covid-19 en Russie, sans préciser si elles avaient subi une ou deux injections.

La campagne de vaccination a débuté le 5 décembre à Moscou et le 10 dans les autres régions russes. Le vaccin, Spoutnik-V, est administré en deux doses, la résistance au SARS-CoV2 est acquise trois semaines après la deuxième injection, dans 91,4 % des cas selon les données fournies par le centre Gamaleïa qui a mis au point le  vaccin. La vaccination s’adresse a tout personne de plus de 18 ans, sous réserve qu’elles n’aient pas eu la covid, et n’aient pas de contre-indications. Une priorité est donnée aux militaires, personnels de santé, enseignants et travailleurs sociaux.

La mairie de Moscou a annoncé le 29 décembre que les cartes sociales, qui permettent aux étudiants et aux retraités de bénéficier de la gratuité ou de réductions dans les transports publics, seraient à nouveau activées pour les personnes vaccinées, 14 jours après la deuxième injection. Elles avaient été bloquées pour limiter les déplacements et les risques de contagion. 

Ria novosti (2 janvier 2021) - Meduza (29 décembre 2020)

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