Krasnoïarsk, covid-19 : veux-tu être bénévole et chauffeur de médecin ?

Une initiative surgie d’un réseau social russe, pour faciliter les consultations à domicile.

Un court billet pour donner un exemple des formes prises en Russie par la solidarité face au covid. À Krasnoïarsk, en Sibérie, un journaliste de la télévision régionale (TVK) a créé un chat pour proposer à des particuliers d’accompagner avec leur automobile les médecins généralistes lorsqu’ils se rendent au domicile d’un patient, et aux médecins de recourir à cette prestation bénévole.

L’initiative a pris corps rapidement, et le nombre des consultations ainsi accompagnées se situerait entre 40 et 90 par jour, et19 centres médicaux de la ville y participent. Elle a été commentée dans les médias, et citée en exemple par la structure régionale de Russie unie, le parti présidentiel. 

Elle semble en tout cas fonctionner, et les médecins interviewés indiquent y gagner un temps précieux, et apprécier la « gentillesse » de leurs concitoyens. 

Selfie sur le chat «Везу врача» (je conduis un médecin) © Viber Selfie sur le chat «Везу врача» (je conduis un médecin) © Viber

Au passage, quelques informations, générales et forcément simplifiées, sur l’organisation en Russie de la médecine de ville, ou de premier niveau : les médecins sont salariés, et ils exercent dans des polycliniques — nous dirions des dispensaires de quartier —, rattachées au ministère de la santé de la région. Elles regroupent des médecins généralistes et des spécialistes, presque toujours un pédiatre. Les patients sont enregistrés dans une de ces polycliniques, en fonction de leur domicile. La consultation est gratuite, elle est prise en charge par l’assurance maladie obligatoire, les médicaments ne le sont pas, sauf pour certaines catégories de la population (vétérans, jeunes enfants, …), et certaines prestations, par exemple des analyses, sont facturées.

Les médecins consultent dans le centre le matin, et à domicile l’après-midi. Leur activité est assez normée, notamment en ce qui concerne le nombre et la durée des consultations et la taille maximale de leur patientèle, qui n’est d’ailleurs assez souvent pas respectée. Ils se plaignent de la part de leur temps consacrée à des tâches relevant du suivi administratif de leurs patients. Leurs salaires sont faibles, j’essaierai de revenir sur ce point, qui est un handicap du système de santé russe.

Il existe aussi, au moins dans les grandes métropoles, un secteur privé, mais il reste marginal, les polycliniques publiques sont le lieu d’exercice de la médecine ambulatoire, pour la très grande majorité des Russes. Elles sont un peu quant à leurs moyens les parents pauvres du système de santé.

Novaïa gazeta (7 novembre 2020) - TVK (sur YouTube, 26 octobre 2020)

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