Tsiganes et voyageurs

Les nomades étaient naturellement libres, comme des oiseaux sauvages. Les sédentaires ont pris le monopole des biens, des espaces et finiront par tout détruire.

Les "tsiganes et voyageurs" étaient pauvres mais chantaient et dansaient. Depuis des générations ils cueillaient, chassaient, prenaient ce que la Terre donne, juste pour manger selon leurs besoins au jour le jour. Ils exerçaient les métiers de culture et d’élevage, de travail des métaux, de musique, de textile, de tressage…

Eh oui, jadis la Terre comblait les besoins des Voyageurs. Ils s’arrêtaient quelque part, pour une nuit, pour quelques jours ou plus longtemps. Tout n’était pas idéal, mais malgré une faible espérance de vie leur expérience les protégeait des principaux dangers.

Les femmes savaient accoucher.

Cependant, les fourmis amassaient et stockaient des biens grâce à un système qu’elles avaient créé. Elles se multipliaient. Avec une avidité croissante, elles prenaient en monopole tous les biens que donne la Terre, et aussi tous les espaces de vie.

Cueillir et chasser fut réglementé. Les espaces devinrent des propriétés réservées. La vie des tsiganes fut de plus en plus difficile car ils furent rejetés par ces fourmis qui s’étaient établies partout et qui avaient pris de force pour elles-mêmes le contrôle de tout ce que donne la Terre. Elles imposèrent pour tous une multitude de lois contradictoires, de règlements, de formulaires à remplir.

Les tsiganes n’eurent plus d’endroit où s’installer sans être rejetés. Les grands espaces de vie des animaux sauvages se réduisaient aussi.

Nos tsiganes et voyageurs sont une espèce en voir de disparition pour cause de monopole de la "civilisation" et aussi à cause d'une démographie alarmante."

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.