Le nucléaire ou le mythe de l'expression démocratique bafouée

De nombreuses voix s'élèvent régulièrement en France contre l'atome. Leurs arguments sont le plus souvent fondés sur des idées reçues qui ne résistent pas à une analyse approfondie.

Dans leur « Campagne pour la sortie du nucléaire et pour la promotion des énergies renouvelables », les militants de la France insoumise en donnent un parfait exemple. Le nucléaire, affirment-ils, est dangereux. Il « nous coûte cher », « met en danger notre indépendance énergétique », « produit des déchets »…

electricite-allemagne-france

Des défauts dont les autres énergies, en particulier les renouvelables, seraient miraculeusement dépourvues. C'est pourtant oublier que les énergies renouvelables, peu fiables parce qu'intermittentes, se révèlent insuffisantes face à la demande croissante d'énergie dans le monde.
Or, comme l'a suffisamment montré l'exemple allemand, une sortie du nucléaire entraînerait une hausse de l'utilisation du charbon et du gaz et, par conséquent, des émissions de gaz à effet de serre. Voilà qui tord le cou à deux des principaux arguments de certains.

Une sortie du nucléaire qui pourrait nous coûter cher

D'un côté, la sortie du nucléaire ferait augmenter considérablement les émissions de CO2. D'un autre côté, elle mettrait en danger l'indépendance énergétique de la France, celle-ci n'ayant ni charbon, ni gaz, ni pétrole. Il est vrai que l'Hexagone importe l'uranium, mais une éventuelle hausse du prix de ce dernier aurait un impact moins important sur le prix de l'électricité qu'une hausse du prix du gaz ou du charbon.

Tous les arguments des antinucléaires ne sont cependant pas farfelus. En particulier celui concernant les risques d'accident. Mais il faut savoir que les installations nucléaires françaises font l'objet d'un contrôle quotidien de la part des salariés chargés de l'exploitation. Ce à quoi s'ajoutent près de 600 inspections en moyenne chaque année par l'ASN et de nombreux contrôles de la société civile. Le risque zéro n'existe pas. Dans le nucléaire pas plus que dans la chimie ou la biochimie.

Doit-on pour autant renoncer à la recherche scientifique et l'innovation technique ? Il ne faudrait pas être insoumis, mais insensé, pour le penser.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.