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Billet de blog 16 nov. 2018

Maintenance des installations nucléaires : une priorité non négligeable

Au coeur de l’activité nucléaire française, la maintenance des réacteurs est pointée du doigt dans un récent rapport parlementaire pour son recours massif à la sous-traitance. Confiée à des experts reconnus dans leur domaine respectif - fournisseurs, prestataires certifiés, organismes publics, etc. -, elle fait l’objet d’une attention exacerbée à toutes les étapes de la vie d’une centrale.

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Début novembre 2018, EDF a choisi Orano (ex-Areva) et Aris pour réaliser ses opérations de préparation, d’installation et de retrait d’échafaudages et d’isolants thermiques pour les six réacteurs de ses centrales nucléaires de Penly (Seine-Maritime) et Dampierre (Loiret). D’une durée respective de cinq et six ans, ces missions simples en apparence n’ont pas été confiées à n’importe quels prestataires en raison du milieu sensible dans lequel elles interviennent. Retenues suite à un appel d’offres, les deux sociétés françaises sont en effet des acteurs reconnus dans les activités de soutien à la production nucléaire, telles que le contrôle et la maintenance des installations.

En France, 23 000 personnes oeuvrent quotidiennement au bon fonctionnement des 58 réacteurs exploités dans les 19 centrales que compte le territoire. Grâce à leur labeur, le parc nucléaire français est disponible à plus de 90 % afin de fournir plus de 70 % de l’électricité consommée dans le pays. Chaque jour, ils assurent la maintenance courante des différents sites, vérifiant la sûreté et la sécurité des équipements, prêts à intervenir pour effectuer tout ajustement ou réparation nécessaire. Les points de contrôle ne manquent pas dans ces structures aussi massives que complexes : conduite des réacteurs, pilotage des machines, planification des interventions, analyse chimique des eaux du circuit, etc. D’une durée prévue initialement à 40 ans, l’exploitation des centrales nucléaires prévoit tous les 18 mois l’arrêt de chaque tranche pendant cinq à six semaines afin de recharger une partie du combustible. Tous les dix ans, une inspection détaillée et complète des installations est également pilotée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) afin de vérifier l’état des réacteurs et de décider de la poursuite de l’exploitation. Cette étape incontournable est souvent l’occasion de réaliser des opérations de maintenance plus lourdes, dites exceptionnelles, en particulier sur les grands composants comme les couvercles de cuve, générateurs de vapeur ou les systèmes de contrôle-commande.

Les sociétés françaises au coeur du dispositif de sous-traitance du parc nucléaire

Bien effectués, les travaux de maintenance permettent également de prolonger la durée de vie d’une centrale, à l’image du grand carénage d’EDF, qui vise à poursuivre l’exploitation des sites en parfait état même après 40 années d’existence. Ils sont aussi nécessaires pendant le processus de déconstruction des réacteurs, qui s’étale sur 25 années pendant lesquelles la surveillance reste de mise. En raison de son caractère extrêmement sensible, la maintenance des centrales ne peut être confiée au premier prestataire ou sous-traitant venu, mais à des professionnels de confiance. Début juillet, un rapport parlementaire s’est inquiété du recours « massif » d’EDF à la sous-traitance pour la réalisation des travaux de maintenance sur son parc nucléaire. Si le groupe français ne cache pas que ce ratio s’élève à 80 %, il avance des arguments solides pour expliquer ce mode de fonctionnement. « Le taux a toujours été de 80 %, il n’a pas varié et la plupart des activités sont confiées à ceux qui ont fabriqué les équipements », explique Dominique Minière, directeur de la production nucléaire et thermique chez EDF. En toute logique, l’électricien estime ainsi que Framatome, Alstom/GE, Rolls-Royce, Schneider Electric, Vinci, Bouygues ou encore DCNS sont les plus compétents pour vérifier le bon fonctionnement des composants qui ont livrés et effectuer d’éventuels réglages ou réparations dessus. Un « cahier des charges social » visant à encadrer ces interventions est toutefois en cours de création, selon Dominique Minière, qui assure en outre que la « surveillance en usine » a été accrue chez les fournisseurs. « La réalisation des activités de maintenance n’est qu’une petite partie des activités, rappelle-t-il. Il y a aussi la préparation, la coordination, l’ingénierie et l’exploitation, pour lesquels le taux de sous-traitance est bien inférieur. »

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