Lettre ouverte à Manuel Valls

Monsieur le Député-Maire,

A plusieurs reprises, je me suis adressée à vous sur des sites ou blogs connus, appartenant parfois à certains de vos amis politiques très proches, à défaut d'avoir découvert le vôtre. Chaque fois, je vous ai fait la même requête : avoir l'obligeance de confirmer ou d'infirmer l'information concernant votre présence à la réunion du groupe des Bilderberg en 2008. Ces listes d'invités à la réunion annuelle de ce "laboratoire d'idées" international où se rencontrent les tenants de la haute finance mondiale, des dirigeants d'institutions importantes comme le FMI ou l'OMC, des banquiers, des dirigeants de grands groupes, des personnalités influentes des médias, des chefs de gouvernements etc... se trouvent facilement sur internet. Je suis désolée de devoir vous dire, Monsieur le député-maire, que vous n'avez jamais eu la simple courtoisie de me répondre, or il ne s'agissait pas d'une affirmation calomnieuse, mais d'une simple demande d'information et éventuellement, à votre intention, un renseignement qui vous aurait permis de rétablir la vérité ou même faire un procès en diffamation.

Vous n'êtes pas sans savoir que maintenant ce genre de clubs, restés secrets pendant la guerre froide, sont bien connus et ont fait l'objet d'articles dans des journaux fort sérieux français ou étrangers. Cependant, j'avais été surprise, en découvrant votre nom parmi les personnes cooptées à l'époque. En effet, sans vouloir vous vexer, vous n'étiez alors qu'un député-maire d'une ville moyenne, alors que les autres participants arboraient des titres autrement prestigieux dans le milieu où vous auriez évolué. De plus, les choix de votre parti s'accomodaient mal avec ceux que pouvaient défendre ces grands capitalistes prédateurs. Qu'auraient-ils pu attendre de vous ? Quelles instructions pouvaient-ils éventuellement vous donner qui puissent leur apporter quelque bénéfice ? Ils ne pouvaient tout de même pas vous demander de trahir votre idéal ou celui de votre parti, ni de le destabiliser ou de le diviser, d'autant plus qu'il semble l'être déjà suffisamment. Vous auriez refusé, vous auriez même refusé de vous rendre dans cet antre du pouvoir mondial de l'argent. Voyez, votre nom qui traîne dans cette liste peut vous porter préjudice et ce sera probablement le cas de vos camarades de parti dont on peut également y trouver les patronymes à d'autres époques. D'ailleurs, il est évident que ces informations, certainement mal vérifiées, peuvent porter préjudice à l'ensemble du Parti Socialiste. Vous devriez lui dire de prendre les mesures qui s'imposent, si je peux me permettre de vous soumettre humblement ce conseil.

Dans l'attente de votre réponse, nécessaire pour un juste exercice de la citoyenneté, je vous prie d'agréer, Monsieur le Député-Maire, l'expression de mes respectueux sentiments républicains. Danièle Dugelay.

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