Refus d’exécuter une ordonnance prise par le Juge des Enfants

Refus d’exécuter une ordonnance prise par le Juge des Enfants confiant 3 mineurs à l’Aide Sociale à l’Enfance de Paris (ASE) Récit

Lors de l’audience du 30 janvier dernier, le Juge pour Enfants ordonne le placement à l’ASE  de Paris de 3  mineurs isolés, obligeant ainsi l’ASE à  les prendre en charge, ce qu’elle avait refusé de faire .

Cette mesure de protection est immédiate.

L’ordonnance est rédigée le lendemain et ces 3 jeunes que j’accompagne se présentent au SEMNA.

Informés de notre présence aux fins de prise en charge  par ses services,  Mr S…indique qu’il est trop tard (il est 16 heures) et demande de revenir le lendemain à 10h, s’autorisant d’une part, à refuser l’application de l’ordonnance du Juge et décidant d’autre part de laisser à la rue une nuit de plus ces 3 gosses.

Il refusera  toute idée de mise à l’abri pour la nuit, exigeant avec force que nous quittions les locaux.

 Je faisais savoir que je refuserai toute mise à la rue de ces gamins  alors même que le Juge avait demandé leur prise en charge et ne cessait de réclamer la mise en application de l’ordonnance.   

Enfin, à 18h, il donne à chacun des 3 jeunes  l’adresse d’un hôtel à République pour y passer la nuit pour « éviter tout incident ».

Ainsi, ce n’est pas tant pour appliquer la décision du Juge, ni même d’éviter une nuit de plus à la rue, que Mr S..accède à la mise à l’abri,  mais… « pour éviter tout incident ».

 

Peu importe que des gamins soient à la rue, une nuit de plus, ce n’est pas grave, et ce, malgré tous les dangers bien connus de l’ASE, auxquels ils sont exposés !

Ce n’est pas grave qu’une décision de justice ne soit pas  appliquée !

Ce fait reflète une attitude d’un responsable qui tourne le dos à la mission sociale dédiée à l’ASE de Paris  envers tout mineur quel qu’il soit.

 

Mais n’est ce pas l’attitude des politiques du Conseil Départemental de la Mairie de  Paris qui autorise de fait  de telles dérives, car ce n’est pas la 1ère ?  Quand la Mairie de Paris n’applique pas elle-même et  sous des prétextes fallacieux la réglementation sur la mise à l’abri de tout mineur se présentant.

Ce sont des centaines de gamins comme ces 3 jeunes qui sont laissés à la rue.

L’Adjie qui accompagne ces jeunes avec d’autres associations, des citoyens lambda de plus en plus nombreux ne font que  constater ces dérives graves et à les dénoncer depuis des années.

Madame Hidalgo, Madame Versini, les entendrez vous un jour ? jamais ?

Qu’allez-vous faire de ce récit, un de plus,  porté à votre connaissance ? quelles mesures allez vous prendre ?

Empêcher la solidarité, l’accompagnement, le soutien  à  ces jeunes que vous abandonnez, ainsi que le demande Mr S.. de façon à piétiner les droits de ces mineurs en toute discrétion et hors témoin gênant?

 

« La cerise sur le gâteau »et en guise sans doute de « punition », une chambre d’hôtel pour 3 ados, un minuscule couloir donne accès sur une pièce, un lit double et ….un matelas par terre qu’il faut enjamber…, une fenêtre qui ferme à peine !! bonjour les mesures de sécurité!! 

L’ASE de Paris est décidemment dans un piteux état !! même pas en mesure de fournir un lit pour chacun des gamins !

Quelle mesquinerie, c’est vraiment peu glorieux pour la capitale 

 

 

Danielle Gherissi de l’ADJIE

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