Autocars Macron : l’émergence d’un modèle

Mesure phare de la loi Macron, la libéralisation du transport de voyageurs en autocar a permis une période faste pour les nouveaux entrants sur le marché du transport. Après ce développement initial, le secteur cherche maintenant à se stabiliser.

Le marché du transport de personnes par autocar a connu un « boum » sans précédent depuis la loi Macron, votée à l’automne 2014, et permettant la libéralisation de ce secteur. Au 31 décembre 2016, l'Arafer (l'autorité de régulation du secteur) recensait 180 villes desservies par car en France – un signal généralement analysé comme positif par les observateurs. Et pourtant, il s’agit d’une baisse de 5 % par rapport au trimestre précédent, d’après la dernière étude publiée vendredi 17 mars par l'Arafer.

Les « cars Macron » ont transporté 1,56 million de personnes au quatrième trimestre 2016, soit un recul de 22 % par rapport au trimestre précédent. C’est le premier véritable reflux pour les nouveaux arrivants dans le secteur du transport de personnes, qui jusque-là ont connu une croissance galopante.  « La saisonnalité de la demande contribue à expliquer cette baisse observée à cette période de l'année dans tous les autres modes de transport de voyageurs : avion, voiture particulière, train », remarque l'Arafer.

Un secteur qui continue à croitre, malgré les fluctuations saisonnières

On observe tout de même une hausse de près de 70 % de voyageurs par rapport au quatrième trimestre 2015 (où 640 000 s’étaient déplacés en car). De même, le taux d’occupation dans les cars a progressé pour atteindre 36,1 % fin 2016 - contre 32,4 % au quatrième trimestre de l’année précédente. Le chiffre d'affaire des autocaristes s’établit à 24,3 millions d'euros HT, soit un triplement par rapport au même trimestre de l’année précédente.

Malgré la baisse saisonnière, les autocaristes ont toutefois augmenté la recette moyenne par passager aux 100 km entre les deux trimestres de 18 % : elle est passée de 4 à 4,7 euros, ce qui leur permet de compenser les sièges vides. Plus qu’un signal négatif, ce ralentissement montre que le marché s’est enfin stabilisé, et entre au même titre que ses concurrents, dans les tendances globales du transport de personnes. Autrement dit, il montre les premiers signes de maturité.

L’ère de la concurrence

De fait, Flixbus, Ouibus et Isilines, les trois principaux opérateurs du secteur, multiplient les efforts afin d’ajuster leur offre au plus près de la demande. A l’image du marché des autocars allemand, libéralisé le 1er janvier 2013, après une croissance exponentielle, commence la « guerre des prix ». Cela passe notamment par une approche saisonnière de leur catalogue. Ils ont ainsi remplacé plusieurs grandes destinations estivales (Arcachon, Guérande, Saint-Martin-de-Ré...) par la desserte de stations de montagne (Albertville, Tignes, Val-d’Isère...).

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