La stratégie de la France insoumise : tuer la gauche… pourquoi faire ?

Le coup de gueule d'un ex-insoumis face à l'incompréhension des orientations stratégiques et tactiques de la France insoumise.

 « Je vote, ils dégagent ». Voilà l’esprit et la lettre de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, qui s’est basée dès le départ – et à juste titre – sur le rejet du système présidentialiste, autocratique et corrompu pourri de la Vème République. Mélenchon a lancé sa campagne en février dernier, bien avant la plupart des autres candidats. Prenant acte de la mort du Front de gauche, déjà en partie enterré par les stratégies d’alliance du PCF avec le PS lors des scrutins locaux de la présidence Hollande, il a dans la même foulée lancé un nouveau mouvement, la France insoumise, destiné à appuyer sa candidature hors-parti.

Refuser les primaires… pourquoi ?

Dans un premier moment de la campagne, un très large nombre de français sympathisants de la gauche étaient favorables à une primaire unitaire de toute la gauche, de Hollande jusqu’à Mélenchon. Le discours de Mélenchon, qui s’est résolument opposé au principe d’une primaire ouverte à la « gauche » néo-conservatrice des Hollande et consorts, consistait à dire qu’il ne servait à rien d’aller dans une primaire dont on pourrait ne pas respecter le résultat. C’est ce qu’Alexis Corbière a expliqué dans son livre « Le piège des primaires », qui démontrait très bien que, même si la gauche radicale emportait l’élection, sa campagne serait de toute façon sabordée par la trahison des hollandais… et c’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé in fine avec la défection du renégat Valls. Il est donc compréhensible qu’il fasse le choix de ne pas aller dans un tel genre de primaire, puisqu’on se serait risqué à devoir séparer le bon grain radical de l’ivraie hollandaise, en priant pour que le candidat sortant soit bel et bien de gauche.

A cela près tout de même qu’une primaire unitaire de toute la gauche aurait rendu bien plus difficile la défection de la droite du PS vers Macron. Elle l’aurait fait, mais sous un déluge d’invectives justifiées par la juste colère de toutes les autres composantes de la gauche, et cela aurait même renforcé la dynamique unitaire grâce à la purge des éléments conservateurs de la « gauche ». La droite du Parti socialiste aurait inévitablement été prise en porte-à-faux, et aurait été rendue bien inaudible par la victoire de toute la gauche. C'est facile de maltraiter une aile minoritaire d'un parti, moins une coalition qui rassemble toutes les sensibilités de la gauche. D’autant plus qu’il est parfaitement évident que la gauche aurait remporté la primaire (la participation des sympathisants de droite aurait été minime comme celle des sympathisants de gauche à la primaire de la droite, et la détestation qu’inspire le hollandisme aurait donné lieu à une grande participation populaire sous la forme d’un référendum antilibéral au second tour de la primaire, quel que soit le représentant de la gauche désigné).

Par ailleurs, même en admettant les réserves qu’on aurait pu formuler au principe de la primaire unitaire de toute la gauche, les anciennes composantes du feu Front de gauche, EELV et la gauche du PS (comme Filoche), ont fait campagne pour le principe d’une primaire unitaire de la gauche débarrassée de ses éléments libéraux. Dans une telle primaire, il n’y aurait donc eu qu’à choisir entre des candidats de gauche entre des partis de gauche qui auraient sans réserve fait la campagne du gagnant… comme pour la primaire de la droite avant les mésaventures de Fillon. Or, Mélenchon a également refusé le principe d’une telle primaire, qui lui aurait donné une légitimité encore plus grande que les simples clics sur son site jlm2017.fr, tout en ouvrant à une alliance de gouvernement si la gauche du PS l’emportait également à la primaire socialiste. Pourquoi donc ? Continuons. 

« Sarkozy-Hollande » … une stratégie erronée

La stratégie première de la France insoumise était résumée par le fameux sticker « Sarkozy-Hollande… ». Comptant sur le rejet massif de la classe politique par le peuple français, il s’attendait à ce que l’ex et le presqu’ex soient désavoués dans les urnes au profit des alternatives plus radicales à droite – Le Pen – comme à gauche – lui –, pour arriver à un duel au sommet avec la cheffe du FN qu’il emporterait par la grâce du Front républicain. Malheureusement, ni Hollande, ni Sarkozy n’ont été reconduits. Sarkozy, qui tentait une énième fois de se faire passer pour le renouveau, a été balayé par l’ouragan Fillon lors de sa primaire.

Hollande, probablement inspiré par les mésaventures de son meilleur ennemi, a préféré faire amende honorable. C’est donc Valls qui s’est envoyé au casse-pipe tout seul comme un grand. Déjà plombé par la haine viscérale que lui voue tout ce qui ressemble à peu près à la gauche, ses prises de position hallucinantes (proposer la suppression du 49.3, fallait y penser quand même) et la campagne dynamique d’Hamon, couplée à quelques propositions phares (revenu universel, 49.3 citoyen…) ont donné l’impression d’un candidat fragile, usé et balourd… En bref tout ce qu’il n’était pas étant Premier ministre. Il se fait donc laminer au second tour avec moins de 43% des suffrages exprimés.

C’est donc, première catastrophe pour le candidat de la France insoumise, Fillon qui représente la droite. Seconde catastrophe, et encore plus formidable celle-là, Hamon qui représente le Parti socialiste. Autant dire que toute la stratégie « dégagiste » s’est volatilisée en fumée au soir du second tour de la primaire de la gauche. Sachant que Mélenchon avait, juste avant de quitter le PS en 2008, soutenu la motion C « Un monde d’avance » présentée par Hamon en personne, il était bien sûr plus difficile de dénoncer le « solférinisme » du candidat socialiste.

Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… pas du tout.

Sachant qu’Hamon avait gagné la primaire sur une ligne très proche de la sienne (écosocialisme, 6ème République, alter-européisme…), la question qui s’est immédiatement imposée dans le débat public était celle de l’alliance entre lui et Hamon. Alors, la France insoumise, qui avait beaucoup de mal à cacher son malaise et sa préférence évidente que Valls remporte la primaire, a commencé à tergiverser. Or, Mélenchon savait que la primaire du PS a été organisée par et pour le PS ; étant donné que le Parti socialiste était le seul véritable organisateur de la primaire, il a pu l’organiser de telle manière qu’il soit capable de saborder la campagne du candidat le cas échéant… ce qui aurait été impossible si la primaire avait été co-organisée par le PS, la FI, le PCF, EELV etc.

Mélenchon savait très bien que, au contraire du Labour ou du SPD, le candidat du PS ne devient pas automatiquement premier secrétaire du parti, et n’a donc aucun contrôle direct sur les investitures, pas plus qu’il n’a le pouvoir de rappeler à l’ordre et éventuellement d’exclure les éléments philocentristes du parti.  Ont donc été exigées, en préalable à l’alliance, les têtes de Valls, El Khomri et Bruno Le Roux… ce qu’Hamon ne pouvait pas offrir, malgré les gestes de bonne volonté qu’il a formulé en soutenant notamment la candidature dissidente de Caroline de Haas dans la 18ème circonscription de la Seine, c’est-à-dire contre El Khomri elle-même. D’autant plus qu’il est parfaitement évident que, si un accord avait été trouvé pour la présidentielle, accord pour les législatives il y aurait eu, et que dans cette configuration Hamon aurait été en position de force pour donner les circonscriptions des candidats vallsistes à des insoumis, PCF, EELV ou autres.

Cette condition ne pouvant plus jouer le rôle de verrou suffisant à l’alliance, deux autres rodomontades ont été trouvées par la France insoumise pour prouver qu’Hamon ne voulait pas réellement l’alliance ; celui du coup de fil qu’Hamon n’aurait jamais passé et celui du « bulletin de vote Hamon qu’il y aurait dans tous les cas ». L’avantage de l’argument du coup de téléphone est qu’il est invérifiable. Quant à la phrase de Hamon qui a affirmé qu’il serait dans tous les cas candidat à l’élection présidentielle, il faut la remettre dans son contexte. Avant la primaire, Hamon a affirmé qu’il ne faisait pas de sa candidature un préalable à toute négociation, et ce n’est qu’après la primaire qu’il a dit le contraire. Pour la raison que, une fois devenu candidat socialiste à l’élection, il n’aurait pu se désister pour Mélenchon qu’en plaçant le PS devant le fait accompli, c’est-à-dire après la conclusion de l’accord : sinon, il aurait immédiatement été démis par un putsch interne du parti. Dans tous les cas, ces arguments ne valent pas grand-chose devant le fait qu’Hamon faisait scander « Unité » dans ses meetings, alors que les insoumis évitaient ostensiblement le sujet avec une pudeur de gazelle.

Le jour fatidique devait toutefois finir par arriver. Le restaurant chilien de Ménilmontant a servi de décor à la tragi-comédie de la gauche française. Les deux candidats devaient ne pas s’unir, après un mois de tractations hasardeuses qui ont fait perdre à Hamon la dynamique qu’il avait au sortir de la primaire. Fatalité : l’Europe. Alors que les candidats s’accordaient sur l’ultra-majorité des sujets (rejet du CETA, transition écologique, soutien au pouvoir d’achat, redistribution du temps de travail, refondation démocratique complète… avec des différences plus dans les formes que sur le fond, quoique l’on puisse en dire), la question européenne devait cristalliser tout ce qui rendait l’alliance impossible. Or, Mélenchon dit et répète à qui mieux mieux qu’il ne veut pas du plan B et ne s’en sert que dans l’objectif de faire peur à l’Allemagne (ce qui n’a pas non plus vraiment de sens : une arme de dissuasion n’est utile que si l’adversaire a la certitude qu’on est prêt à s’en servir), et le programme de Hamon appelle également à une profonde refondation démocratique et sociale de l'Union européenne. Les deux candidats sont donc d’accord sur la nécessité d’un plan A et l’inutilité d’un plan B : désaccords il y avait sur la question européenne, profonds – comme sur la question du revenu universel ou de la planification écologique – mais pas insurmontables donc.

Temporiser pour laisser pourrir

Une fois la division de la gauche actée, avec pour seul lot de consolation unitaire un « code de bonne conduite » évoqué uniquement par Mélenchon et dont les termes n’ont jamais été rendus publics. Alors que Hamon faisait les frais des défections massives de son camp en faveur de Macron, Mélenchon temporisait sur son socle électoral stable pendant que Hamon baissait doucement mais surement dans les sondages. De plus, l’activité de trolling débridé des militants insoumis les plus sectaires sur les réseaux sociaux a énormément desservi Hamon en dépassant et excédant grand nombre de militants socialistes respectueux du fameux code de bonne conduite, ensevelis sous une montagne de déblatérations fulminantes voire parfois diffamatoires.

Par ailleurs, si le mouvement de la France insoumise a commencé à vraiment dérailler à partir du second tour de la primaire, en entamant une dérive sectaire et césariste dédiée au culte du chef de la « vraie gauche » qui ne se soumettrait pas aux solfériniens, il faut dire la vérité. Sous prétexte d’être un mouvement hors-parti et ouvert, la France insoumise est en réalité un parti centralisé et fermé. Le fait qu’il n’y ait pas d’adhérents permet de se passer d’un bureau politique démocratiquement élu. Le fait d’être un mouvement hors-parti a permis d’humilier et de briser les autres partis de gauche, au premier chef desquels le Parti communiste français, qui a été détruit par le refus que Mélenchon a opposé à tout compromis avec le PCF sur la charte éthique de la FI en investissant des candidats insoumis face aux candidats communistes. Le fait enfin d’être « ouvert » ne cache pas le fait que presque toute discussion interne pouvant porter préjudice à la campagne est étouffée, car les groupes d’appuis sont dirigés en quasi-totalité par des militants tenant d’une ligne légitimiste dure vis-à-vis du comité dirigeant de la France insoumise.

Les quelques semaines de ni-ni ont également été perturbées par l’action désespérée de nombreux militants de gauche convaincus de la nécessité de l’alliance à gauche pour penser pouvoir remporter l’élection. Réunions et délibérations nombreuses ont eu lieu au sein du PCF, de la gauche du PS, d’EELV, des autres partis, des syndicats et de la société civile de gauche. Autant de délibérations qui ont également porté préjudice à la candidature d’Hamon, puisque la gauche du parti discutait et la droite croisait au mieux les bras, ce qui fait qu’au final personne ne faisait la campagne. Seul endroit dans lequel n’avait lieu aucune discussion publique en faveur de l’alliance : la France insoumise. La seule réponse qu’a opposé systématiquement Mélenchon aux citoyens et journalistes qui lui posaient la question était : « retourne dans ta section PS » ou « sale con ». En toute légitimité d’ailleurs – même si ce n’était pas la classe américaine – puisque le principe de l’alliance avait été enterré par les deux candidats.

                Le week-end ou tout a basculé

Mélenchon savait très bien que tôt ou tard, Hamon, très affaibli par les défections massives de la droite du PS que ce dernier ne pourrait enrayer, finirait par passer en dessous de lui. La marche pour la VIème République, qui aurait rassemblé 130 000 participants selon les organisateurs – la vérité devait se trouver quelque part aux alentours de 70 000, ce qui est déjà un beau score – a fait marquer des points à Mélenchon. Le lendemain, Hamon faisait également un meeting réussi à Bercy devant une arène entièrement remplie. Un partout balle au centre. Le débat télévisé a été clairement à l’avantage de Mélenchon, tout à fait à l’aise dans sa posture tribunicielle, ce qui a fait pencher la balance en sa faveur en déterminant ces 3% de l’électorat qui vacille entre lui et Hamon à voter pour lui, raflant la quatrième place des intentions de vote.

De nombreux militants de la France insoumise se sont alors gobergés du renversement fantastique de la situation en faveur de Mélenchon. En oubliant que ce dernier était simplement revenu au niveau que lui attribuaient les sondages juste avant la primaire du PS. Le seul changement par rapport à la situation d’alors est que Macron a pris la place de Fillon en pôle-position des sondages face à Le Pen. Et se sont félicités de la « dynamique » qui entourerait le candidat de la France insoumise… alors qu’il s’est contenté de prendre 2 points d’intentions de vote en en faisant perdre autant au « solférinien » dans les prophéties de Saint Ipsos et stagne depuis lors au même niveau. Une bonne semaine, oui. De là à dire que Mélenchon est peut-être en passe de dépasser Fillon et de devenir le troisième homme de la présidentielle, voire de l’emporter, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas.

Le véritable changement est que la rétrogradation de Hamon de la 4ème vers la 5ème place a réellement mis le candidat socialiste dans une position extrêmement dangereuse. Hamon a désormais une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Peut-être que la défection de Valls est le coup qui va faire rompre le fil. Aux abois, Hamon s’est même permis de critiquer Mélenchon sur ses positions en matière de politique étrangère, notamment sur ses propos sur la Russie (les fameux « bavardages » dont on ne peut vraiment pas dire que Mélenchon puisse se vanter). Que ne voilà pas qu’immédiatement les insoumis ont crié à la rupture du « code de bonne conduite » ! Ah, décidément, tout a été minutieusement préparé. D’autant qu’Hamon n’a jamais parlé de ce code (sans jamais formellement le démentir non plus), que personne n’en connaît les termes, et que les insoumis ne se privent pas pour autant de basher continuellement Hamon sur les réseaux sociaux depuis la fin de la primaire.

La tribune assassine de Valls dans le JDD le jour du meeting de Bercy, la défection de Le Drian le jour de la présentation du programme régalien du candidat… l’aile droite du PS fait tout pour détruire la campagne d’Hamon. Hamon, qui a fini par récolter un précieux soutien en la personne de Martin Schulz et des sociaux-démocrates allemands, s’est immédiatement fait aspirer cette bulle d’air par le ralliement de Valls à Macron. Rien de cela n’aurait pu arriver si la gauche avait été unie, puisque le candidat unitaire serait mécaniquement remonté, au moins à la troisième place des intentions de vote, sinon dans le duo de tête. Mélenchon se retrouve donc en position de force par rapport à Hamon, et va tenter de lui forcer la main pour qu’il se désiste en sa faveur comme il l’a fait avec le PCF et Ensemble! ; si Hamon décroche à moins de 10 % dans les sondages, il se pourrait qu’il y arrive.

                Et alors ?...

Même en admettant qu’Hamon finisse par se désister, c’est que la plus-value de sa candidature serait devenue totalement minime, comme celle de Jadot l’a été pour lui-même. Elle ferait encore peut-être gagner quelques points à Mélenchon, mais pas nécessairement au point d’arriver au second tour. Même si c’était le cas, cela serait un coup de poker qui a bien moins de chances de réussite que l’union si elle avait été faite au sortir de la primaire. Et, si au final, Hamon encaisse le coup de la défection de Valls et se maintient dans les sondages, la gauche partira divisée à l’élection présidentielle, car Mélenchon ne se ralliera pas à Hamon, ni le contraire. Pire que cela, Mélenchon ne pourra jamais être élu à la présidence de la République ; clivant, jugé trop extrême par certains et ayant jeté des ponts avec la droite (marée de drapeaux tricolores à la marche pour la 6ème République, propos plus que déplacés sur les travailleurs déplacés au Parlement européen, proposition d’un plan B qui n’est rien d’autre qu’un Frexit…), on ne peut même plus être convaincu de sa capacité à mobiliser efficacement le Front républicain face à Le Pen. A noter que je ne pense pas plus que Fillon ou Macron soient en capacité de le faire, loin de là. Encore faudrait-il pour le vérifier qu’il arrive au second tour, mais il lui faudrait pour cela pêcher au moins 10 % d’intentions de vote, ce qu’il sait ne pas être en capacité de faire.

Dès aujourd’hui, les appels des insoumis au désistement de Hamon en faveur de Mélenchon se sont fait entendre de toutes parts. Nonobstant le fait que, bien qu’Hamon ait caracolé en tête de Mélenchon pendant 2 mois et ait atteint au sortir de la primaire un niveau d’intentions de vote jamais atteint de la campagne par leur candidat, jamais ils n’auraient accepté un désistement de Mélenchon en faveur de Hamon. Le rassemblement avec la France insoumise ne peut se faire qu’à la condition de bazarder son programme, son candidat et sa famille politique. Le culte dédié à la personne de Mélenchon – même s’il le nie en permanence –, déguisé en fétichisme d’un « Avenir en Commun » qui en devient presque une nouvelle Table de la Loi, augure un sombre avenir pour la gauche française. Dans tous les cas, la charte éthique des législatives risque de faire que, si la gauche n’emporte pas l’élection, et elle a peu de chances de le faire, il y aura dans presque toutes les 577 circonscriptions législatives un candidat communiste, un candidat socialiste ou vert et un candidat insoumis ; autant dire que l’Assemblée nationale risque d’être encore plus à droite qu’en 1919 ou en 1993.Trop vieux pour se présenter une troisième fois, Mélenchon pourrait fort installer la gauche dans une posture contestataire de long terme avec une France insoumise devenue parti, de la même manière que le PCF des années 1920. S’il tord le bras à Hamon en le forçant à se désister ou que, partant séparés, ils fassent chacun un mauvais score à l’élection, il aura fracassé la carrière politique d’Hamon, ce qui affaiblira durablement la gauche démocrate-socialiste en France.

Et alors ? Pourquoi faire ? Pourquoi faire ? 

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