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Oui, mais quelle est la question ? De Bernard Pivot éditions du Nil.
Un livre de Pivot. Enfin. De retour au roman, Bernard Pivot qui a accordé une Twitterview pleine de malice et de finesse dans le CB News n°13, réussit avec son « Oui mais quelle est la question ? » à nous plonger avec humour dans le fléau de sa « questionnite ». La questionnite du héros, Adam Hitch – présentateur à la télé (tiens, tiens) – est symbolisée par son obsession et sa frénésie à poser des questions. Toujours. Dans n'importe quelle situation. Au boulot, à la maison, face au commissaire de police, bref, Adam Hitch, est malade de ses propres questions. Ses maîtresses tiennent un an ou deux, puis s'en vont, épuisées. Pourtant, Adam Hitch doit poser ces questions. Elles vont d'un « tu m'aimes » à une femme à une question pour le Seigneur : « Quelle est la dernière carte retournée par De Gaulle dans la réussite qu'il faisait le jour de sa mort ? ».
pivotlivre.jpgAdam Hitch, le héros du roman, est un double de Bernard Pivot. Un double qui amplifie les défauts de l'auteur mais qui amène de façon humoristique à s'interroger sur son propre parcours, sur les questions sans réponses, ou sur plus largement sur la vie. C'est là la force du livre : donner à une histoire simple une résonance universelle.
Le style de Pivot est alerte, virevoltant de mots. On a l'impression parfois de le revoir sur le plateau d'Apostrophes ou de Bouillon de Culture, mâchouillant sa branche de lunettes, furetant dans le livre de l'invité à la recherche de LA question marquante. Bref, un livre exquis, chaleureux, sensible et drôle à consommer sans modération.



Les gourous de la Com' de Michaël Moreau et Aurore Gorius , édition de poche augmentée, La Découverte.gourouscom.jpeg
Dans ce journal, nous avons déjà écrit à quel point l'édition grand format du livre de Michaël Moreau et Aurore Gorius était passionnant dans sa mise en perspective des gourous de la com' (Calzaroni, Fouks, Méaux, etc...) et dans l'analyse de leur pouvoir supposé ou réel. Nous écrivions également que l'analyse des auteurs sur la place prise par la communication dans la politique était elle aussi très intéressante, très fouillée et pleine d'informations.
Nous maintenons tous ces compliments et nous en rajoutons une petite louche pour l'édition de poche qui a l'immense avantage d'être augmentée d'une analyse et d'informations autour de la campagne présidentielle 2012. On y découvre un Stéphane Fouks, blacklisté après l'affaire DSK, essayant coûte que coûte de se remettre dans la boucle. On y voit un Nicolas Bordas et un Marco de La Fuentes avoir un rôle important auprès de François Hollande et enfin, on y voit un Franck Louvrier défendre les axes de communication choisis par Nicolas Sarkozy. C'est top. Allez-y et ce d'autant plus si vous l'avez raté en grand format. En poche, vous n'avez plus d'excuses.

 

 

 

simon-192x300.jpgDans ma bouche François Simon, Flammarion
François Simon, pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est le critique gastronomique du Figaro et de l'ex-Direct8. Il avance masqué, paye ses additions et hache-menu les restaurants trop aseptisés. Suivre les conseils de Simon est la plupart du temps un gage de soirée réussie. Outre ses critiques gastronomiques, François Simon est aussi un esthète. Un amoureux de la phrase ciselée, un épicurien des soirées entre amis où le bordeaux coule à flots et ou les discussions virevoltent aidées par l'alcool, et enfin un amoureux des femmes. Tous ces épisodes, il les racontent en détail, avec humour, cynisme, ou même férocité dans son roman « Dans ma Bouche ».
Dans ce livre à la fois émouvant et appétissant, vous passerez de la description d'un restaurant japonais à Tokyo aux salons privés du célèbres Lapérouse, quai des grands augustins. François Simon, en jouisseur invétéré qu'il est raconte aussi avec volupté ses ébats avec Manuela, Flore ou d'autres conquêtes. Et malicieusement, il insinue l'idée que la gastronomie et les choses de la chair ne sont pas si éloignées que cela. Ce roman-récit est une ode à l'épicurisme, à la gastronomie, aux voyages, et aux femmes.
Faut-il y aller ? Oui, assurément et plutôt deux fois qu'une.

 


Lu dans ce livre, un passage exquis sur le désir :

 

 

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