Manifestation du 28 janvier - Pompières impressions

De la tête à la queue d’un cortège se jouent mille atmosphères. Du calme à la tempête, des rires aux larmes - jusqu’au sang. Mardi, de la tête à la queue, on perçut la tension.

 

De la tête à la queue d’un cortège se jouent mille atmosphères. Du calme à la tempête, des rires aux larmes - jusqu’au sang. Mardi, de la tête à la queue, on perçut la tension. Celle des forces de l’ordre, déployées très nombreuses et qui, dès le début, tentèrent d’imposer le rythme à coups de matraque. La suite, on la connaît. Des images qui ont fait le tour des écrans, simplement esquissées ici (une paire de bouchons d’oreilles est une protection insuffisante pour aller vraiment au feu). Les héros du quotidien subissant la violence de ceux qui ont fini par cristalliser le mépris, la colère ou la haine. Sur le papier pourtant, leurs conditions de travail apparaissaient semblables il y a encore un an et demi. Les uns ont choisi de se battre pour défendre une certaine idée de l’humain et l’honneur d’un métier aux allures de sacerdoce. Les autres ont renoncé, préférant maintenir à sa place le régime et quitter ainsi le camp du peuple.

On parle peu des pompiers. On dit rarement combien ils sont sollicités, prenant très souvent le relais d’un SAMU en manque d’ambulances, interrogeant les conséquences du manque d’effectifs sur la manière dont ils parviendront à servir la population, à gérer leurs interventions, les urgences vitales, les incendies et puis le reste. On ne dit pas le manque de moyens. Ni les sur-cotisations, ni le fait que la profession n’est pas reconnue comme métier à risques. On ne dit pas les agressions croissantes lors des interventions, ni les pressions des hiérarchies déconnectées, comme ailleurs, de la réalité du terrain.

Non. En revanche, le ministre de l’Intérieur, toujours soucieux d’orchestrer la division, a évoqué mardi soir la revalorisation de la prime de feu à laquelle il semblait avoir résumé les revendications des pompiers. Voici que les syndicats, heureux, cessaient la grève. C’est ce que l’on nous a dit, ce que les médias ont répété. Ce que les internautes encore trop dociles parfois ont repris, partagé. Les pompiers abandonnaient la rue. Finalement, ils étaient comme les autres. Des égoïstes qui désertaient maintenant qu’ils avaient obtenu ce qu’ils voulaient. Il n’en était rien pourtant. Si quelques syndicats avaient désarmé, les autres ne décoléraient pas. La revalorisation de la prime de feu était certes une revendication. Elle n’était pas la seule. Du reste, le versement de la prime feu est à la charge des collectivités territoriales qui, en fonction de leurs budgets et/ou de leurs humeurs, pourraient bien ne pas pouvoir / vouloir en supporter le poids. Rien de nouveau donc sous le soleil.

Plusieurs organisations syndicales, parmi lesquelles la CGT, poursuivent la lutte en conséquence. Contre le projet de réforme des retraites, pour une reconnaissance de cette profession à risque, pour le maintien d’un service public de qualité.

 

 

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