A nos soignants et aux héros qui se jouent la vie pour sauver les nôtres

Soignants, pompiers, ambulanciers. Pendant des mois, ils ont crié la santé en détresse, l’humain brisé pour l’argent. Ils ont dit la casse de l’Hôpital, les conditions de travail éprouvantes, le manque de personnels, de moyens, de matériel, de lits à force d’en fermer.

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Soignants, pompiers, ambulanciers. Pendant des mois, ils ont crié la santé en détresse, l’humain brisé pour l’argent. Ils ont dit la casse de l’Hôpital, les conditions de travail éprouvantes, le manque de personnels, de moyens, de matériel, de lits à force d’en fermer. Le manque de tout. Ils ont raconté les tragédies du quotidien, ce qu’il fallait gérer, encaisser, endurer. Sans reconnaissance, jamais. Au-delà de la rue et de ceux qui les savaient déjà, qui les a entendus ? Pas les hauteurs assurément. Mais c’était attendu. Souvent, pas vous non plus. Non. Vous, vous avez au mieux détourné le regard. Au pire, vous les avez méprisés.

Combien m’ont ri au nez ou craché au visage quand je tentais de me faire le bien modeste relais des alertes d’une société exsangue dont le système de santé était à l’agonie ? Les sourires navrés étaient votre norme. Pas navrés par la situation, non. Navrés par ce que vous prêtiez de déficience intellectuelle et d’idéal trop con à ceux qui manifestaient. Vous saviez, vous. Sur la base du néant. Sur la base des médias que vous écoutiez en boucle vous raconter la même histoire. Pas sur la base de l’humain, jamais. Pas sur la base de lectures documentées non plus, à défaut d’empathie. Sur la base de convictions bien ancrées, de ces certitudes nées d’un rien. Pour certains, le confort matériel et/ou le privilège de l’âge qui vous faisait échapper une réforme injuste à laquelle vous résumiez toutes les revendications. A ceux-là, il fallait encore ajouter les « penseurs » par l’indifférence. Les jamais concernés. Les tièdes.

Il fallait écouter les concerts de : « Mais tu crois vraiment que vous allez changer quoi que ce soit à défiler comme des idiots ? A quoi bon, vous ne servez à rien. » Le pire était encore d’entendre ceux qui louaient nos dirigeants, leur jeunesse (si, si) et leur courage à réformer. C’était court d’arguments. Il n’y avait rien à creuser. Tantôt, je m’enflammais. Tantôt, je la fermais.

Je vous ai écoutés en pensant que bien au-delà de moi qui n’étais rien de fait, c’étaient eux que vous éclaboussiez. Et qu’un jour vous verriez … Tristement. Car ces choses-là n’affleurent qu’à la faveur des tragédies.

Vous célébrez aujourd’hui ceux que vous n’avez pas soutenus. Ceux qui avaient pris les rues, par le froid, par la pluie. Ceux qu’on a gazés, frappés, fracassés pour faire taire leurs voix. Ceux qui vous alertaient. Ceux qu’on envoie aujourd’hui au front, sans armes, deviennent vos héros.

Alors, en ces temps troublés où la division n’engendre que stérilité, admirez-les, applaudissez-les et flagellez-vous en dedans - ils se jouent la vie pour sauver les nôtres.

Et puis, pour les protéger eux aussi, #RESTEZCHEZVOUS ! 

 

A NOS HÉROS, SOIGNANTS ET POMPIERS EN LUTTE CONTRE LE COVID19 © Le Pavé Libre

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