Il est parti ! Elle arrive ?

JPD s'en va. Est-ce le début d'un changement de cap de cette réforme dont les françaises et français ne veulent pas ? Ce système de retraite par point est mauvais pour trois raisons: il est destructeur du paritarisme, il ne corrige pas les inégalités et il met sur les rails la privatisation de nos retraites. Alors réformer oui mais pourquoi pas en commençant par l'égalité salariales femme/homme ?

Il est parti!

Ce n'est que bon sens et respect de nos institutions trop souvent malmenées depuis l'élection de Macron(il est le 16ème départ de ce gouvernement. Un record!). La justice, si elle est saisie notamment par la HATVP, aura ensuite à se prononcer sur les faits et dire ses conclusions. À suivre...

Cette démission est le point d'orgue à deux semaines de cafouillages gouvernementaux , d'une succession de bafouillements des député.es de la majorité, d'un empilement de mensonges maintes et maintes fois répétés dans les journaux, sur les chaînes info, sur le net, pour tenter d'en faire une vérité.

Ce projet est mauvais pour au moins 3 raisons :

- il s'attaque de plein fouet au paritarisme social, qui fonde après guerre les relations entre salariés et employeurs et organise la protection des travailleurs hommes et femmes. En y regardant de plus près, après la loi PACTE, après la réforme de l'assurance chômage, la modification de l'organisation de nos retraites est d'une continuité néolibérale que cultive le gouvernement depuis 30 mois. La valeur du point sera dorénavant aux mains de l'État. Que restera-t-il aux partenaires sociaux ? Si peu. Macron et ses techniciens du chiffre s'attaquent et réduisent l'expression de la sociale démocratie. Rocard doit se retourner dans sa tombe.

- il n'est en rien égalitaire. Cotiser 1 pour recevoir 1 est une belle idée d'égalité mathématique... pour soi-même ! Mais c'est une arnaque intellectuelle de haut vol face à notre devise républiquaine. L'idée d'Égalité dans la République Française a toujours été posée en terme d'accès aux droits et de non-discrimination entre les citoyen.nes. Hors, si un système est injuste il peut bien être égale à un autre système injuste. Le système de rémunération des salarié.es est injuste quand on considère la réparation des fruits du travail entre les salariés et les actionnaires. Cette répartition était avant les années 90 de 20% pour le capital et de 80% pour les salarié.es. Elle est aujourd'hui de 30% pour le capital et 70% pour les salarié.es. Les actionnaires on gagné 50% d'augmentation de leurs revenus ! Et les coefficients entre les plus bas salaires et les plus hauts peuvent dépasser les facteurs 250 dans certaines entreprises! Ainsi donc les retraites injustes seront strictement égales aux rémunérations toujours aussi injustes. Toute la force du programme social du CNR était de corriger les injustices pas de les reproduire. Il est interessant à ce sujet de lire cet article de Cole Strangler de The Guardian : (Article en anglais) Les Travailleurs Français défendent l'État Providence

- il est injuste puisqu'il ouvre les vannes à la retraite par capitalisation en sapant une fois encore la solidarité entre les citoyen.nes. Sans doute pas dés l'année prochaine ou celle d'après, mais petit à petit. Ce n'est pas pour rien que les fonds de pensions et les compagnie d'assurances sont à ce point sur le devant de la scène. Sans se cacher d'ailleurs puisque le plus célèbre d'entre eux n'hésite pas à publier ces recommandations au gouvernements français à la une de son site internet et à se réjouir des effets prévus de la loi Pacte. Il renvoie à la génération de nos enfants un système sans garantie, sans paritarisme qui cultive le chacun pour soit! Alors que le système actuel permet aujourd'hui de constater que la part des retraité.es pauvres en France n'est que de 8% contre près de 20% dans les autres pays d'Europe, y compris l'Allemagne !

 

Pour remplacer ce Haut-Commissaire et donner une nouvelle impulsion à cette volonté de réforme, il revient à Emmanuel Macron de nommer une nouvelle ministre en charge des retraites et de la solidarité. Les femmes aujourd'hui ont une pension de retraite inférieure de 40% à celle des hommes et un salaire inférieur de près de 25%. Elles sont donc les premières concernées par ce qui pourrait être une modification juste et équitable. Il faut donc réformer notre système car les préoccupations d'aujourd'hui ne sont pas celle de 1945, et la société actuelle n'a plus rien à voir avec celle de l'après-guerre. Mais il faut le faire par l'angle de la justice et de l'équité. Au sein des entreprises comme de notre société vieillissante.

Aussi s'attaquer aux différences de salaires femmes/hommes en réformant l'obligation d'égalité de salaire c'est :

- assurer une hausse en volume des cotisations versées non seulement aux caisses de retraite mais aussi à la santé et à la famille, en capacité de combler le déficit qui pourrait apparaitre dans 3 ou 4 ans et qui est d'ailleurs l'excuse de ce gouvernement pour nous proposer la réforme actuelle,

- assurer une meilleure répartition de la richesse produite notamment entre salariées et actionnaires.

- assurer une réelle égalité de droits sans se soucier du genre.

Et le reste suivra...

Alors, Mr le Président, Chiche ?

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