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Billet de blog 14 déc. 2013

L'INDÉPENDANCE ARTISTIQUE DU LIBRE PENSEUR RODRIGO GARCIA SERA-T-ELLE SOLUBLE DANS L'INSTITUTION ?

Denys Laboutière
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Faut-il se réjouir tout à fait, sans « Approche de l’idée de méfiance » (pour reprendre le titre d’une de ses œuvres), de la nomination de l’artiste hispano-argentin Rodrigo GARICA, à la direction du Théâtre des 13 Vents, à Montpellier ?

Oui et non. Et voici, hypothétiquement, pourquoi.

Rodrigo GARCIA est l'un des artistes de théâtre européens les plus inventifs, et ceci depuis 1989 lorsqu’il créa son « Carniciera Teatro »  - littéralement : « La Boucherie Théâtre » puisque qu'il est fils de boucher mais surtout parce que son théâtre revendique d’être, plus que celui d’aucun autre, un art qui célèbre la chair – avec tout ce que cela suppose de jeux de mots autour d’un substantif qui, il le rappelle, en langue espagnole, tout au moins, ne distingue pas la « chair » de la « viande » (carne  et, de la carne au… carna-val, il n’y a que quelques faux masques à arracher pour en déshabiller les atours, ce à quoi, dans ce joyeux bordel justement carnavalesque du monde, s’adonne volontiers l’auteur de Je crois que vous m'avez mal compris)…

Véritable catalyseur de formes artistiques différentes, soupçonneux à l’égard de l’esthétique pure, du conformisme et de la politique spectaculaire qu'il considère au fond assez bourgeoise, GARCIA ne cesse d’interroger le sens de la Représentation. L’oralité, tout comme la chair, sur ses scènes, prennent, chez lui, alors tout leur sens.

Ses spectacles, jamais simples, souvent provocateurs et ambigus (à dessein) ont suscité, ici ou là, des controverses violentes, de la part de certains représentants ou citoyens parmi les plus acharnés à imposer un ordre moral archaïque. On se souvient, par exemple, que, lors de la présentation de Golgota Picnic,  à Paris, mais aussi à Toulouse, des groupuscules de catholiques extrémistes avaient mobilisé l’intervention des forces de l’ordre, au risque d’émeutes. Il fut aussi apostrophé lorsque, pour un de ses autres spectacles, il organisa un casting pour faire en sorte que, chaque soir, une actrice accepte de se faire entièrement raser le crâne (pour Et balancez mes cendres à Euro-Disney ).

Alors que R. GARCIA aime, de façon parfois en apparence excessive, -mais il manie le grotesque mieux que quiconque et n’est-ce pas la raison d’être d’un véritable artiste que de proposer une certaine radicalité ?-  à la limite parfois de l'insoutenable, de dénoncer les fléaux d’inconscience fomentés par l'Homme, réjoui de bousiller la planète, d'enseigner aux enfants et adolescents des savoirs inutiles car frelatés par la seule visée du capitalisme, ses dénonciations pourraient, de prime abord, sembler gratuites ou faciles si elles ne s'accompagnaient pas d'une écriture souvent fluide, immédiate et souvent littéraire. À la fois prosaïque et poétique. Osons même le dire : romantique.

UNE NOMINATION ROMANTIQUE ET UN PEU DANGEREUSE POUR LE DEVENIR DE L’ÉCRIT THÉÂTRAL.

Romantique, la décision du Ministère de la Culture, à cet égard, en propulsant GARCIA à la tête du CDN de Montpellier, l’est, assurément. Puisqu’elle favorise l’imagination sur la raison et prône la subversion comme signe prioritaire de nouvelles sensibilités. Mais un peu dangereuse aussi, en ce qui concerne l’avenir d’un Théâtre « d’auteurs ». Il reste évident qu’après l’éviction de Jean-Marie BESSET (qui fut nommé par le précédent Ministre de la Culture sous Sarkozy, Frédéric MITTERRAND), dramaturge auquel on a reproché son goût un peu trop académique pour des écritures considérées comme passéistes (y compris la sienne), la riposte de l’ambition nouvelle et fortement contrastée ne pouvait qu’être plus « percutante ». Au moins,  ne pourrons-nous plus reprocher aux politiques de seulement mailler tout le territoire national d’artistes de plus ou moins grande envergure.

Est-ce à dire qu’il faille désormais faire le deuil de la littérature théâtrale d’aujourd’hui ?

Car, en choisissant GARCIA, comme il l’a fait pour Philippe QUESNE aux Amandiers de Nanterre, (qui, lui aussi, souhaite développer un pôle audiovisuel), le Ministère de la Culture  semble affirmer sa nette préférence pour des artistes qui ne privilégient plus le seul « texte » comme point de départ à une réalisation scénique. Quiconque aurait la vocation, aujourd’hui, d’écrire « pour » le théâtre et seulement « écrire » risquerait qu’on ne s’intéresse pas à son œuvre. Puisque sont désormais mis apparemment sur le même plan que l’art dramatique, le cinéma et le numérique (disciplines fort louables mais en totale contradiction avec le théâtre qui reste un spectacle « vivant », éphémère et « de parole »). Qu’on accorde ainsi des crédits, au sein de ces institutions, pour des domaines artistiques qui devraient trouver leur légitimité dans des lieux préalablement conçus pour eux et non pas instrumentalisés par des créateurs, semble peu cohérent.

THÉÂTRE DE CRÉATION PURE vs THÉÂTRE LITTÉRAIRE ?

Bien sûr, Philippe QUESNE et Rodrigo GARCIA, qui présentent régulièrement leurs fresques hors de France, et dont la réputation est sans doute, ailleurs et depuis longtemps acquise dans bien d’autres pays, s’affirment comme les témoins et les acteurs de premier plan d’une lente et inévitable transformation de ce qu’est le « Théâtre ». Cependant, dans une civilisation comme la nôtre, si éprise d’écrans et d’images (qui, souvent n’en sont même pas) et, alors que le Verbe, la littérature, le langage, l’écriture semblent malmenés par l’irruption de plus en plus terroriste d’outils informatiques et technologiques, le risque est grand de continuer à minimiser leurs atouts.

D’un autre côté, on multiplie les formations théâtrales au sein des Ecoles nationales ou départementales en vue d’initier des interprètes, des metteurs en scène, parfois des écrivains-dramaturges, pour une conception assez classique de l’art théâtral. Une contradiction de plus ?

Alors oui, la conception de la nomination de ce « cow-boy » qu'est GARCIA est, de prime abord, une bonne nouvelle. Elle ouvre les portes de la France à un artiste étranger. Elle affirme que la création ne doit pas être « un robinet d’eau tiède » (dixit Michel ORIER, directeur de la création artistique au Ministère de la Culture). Et on ne peut que féliciter les tutelles locales (Département, Région, Ville) du CDN de Montpellier d’être parvenues ainsi à se fédérer ensemble et avec l’Etat, afin d’honorer un projet promis comme « innovant » (sur le papier, tout au moins). Lequel propose de privilégier le développement d’un pôle pour la création européenne, un département de création numérique et, au sein de l’Université, un laboratoire de recherches.

On n’en attendait pas moins de la part d’un artiste si féru du mélange des disciplines et de recherche (arts plastiques, danse, performances, théâtre).

Mais on aimerait aussi que le Ministère défende, tout autant, une politique visant à favoriser aussi et pas seulement par l’entremise de l’Éducation nationale, l’écriture théâtrale proprement dite. Pas seulement dans les écoles ou les conservatoires qui veillent sur une soi disant « tradition du répertoire » telle la Comédie-Française ou dans quelques autres petites structures hélas encore trop modestes (comme  « Théâtre Ouvert »). Sauf à considérer que, décidément, le genre littéraire « théâtral » est bon à être dédaigné et avec, lui, ceux qui se proposent d’en faire évoluer les carcans et d’en instruire l’étude. On a déjà noté il y a plus de 15 ans la raréfaction, dans les quotidiens, ou même dans les suppléments "livres" de certains d'entre eux, de la publication de chroniques littéraires et théâtrales, les grands éditeurs ont délaissé, progressivement, leur intérêt pour l'écriture dramaturgique, en supprimant, à terme, des collections qui s'y consacraient auparavant (et les jeunes maisons d'édition qui tentent de prendre la relève ne peuvent hélas pas toujours rivaliser avec des vitrines de plus en plus encombrées de "non-livres"), etc.

A force de ne privilégier que des « écritures de plateau » (Jan FABRE, tout comme Joël POMMERAT, en même temps que GARCIA ont toujours écrit d’abord pour la scène avant que de prétendre se prévaloir d’être « auteurs ») et de brouiller les pistes en décloisonnant furieusement et toujours davantage les disciplines, divers périls nous guettent  : celui de la confusion, de la contamination par le zapping, la primauté et la privauté de l’image (déjà à l’œuvre par l’affolante multiplication de chaines télévisuelles) sur le processus même de la Représentation, un champ rétréci où l’écriture littéraire, au sens propre, et la revendication des qualités de la profération d’un texte soigneusement appréhendé et transmis, seraient évacuées. Et où la mémoire de traces écrites, autrement que seulement audiovisuelles, s’amenuiserait peu à peu. C'est qu'artistes à part entière, écrivains scéniques incontestables, ces 3 là ont bousculé la traditionnelle hiérarchie auteur/metteur en scène et, bien que leurs textes soient édités, ils intimident forcément d'éventuels autres artistes qui ne voudraient pas imposer leur propre écriture (ou leur incapacité à composer) mais se reconnaissent en ce qu'ils inventent. 

Bien qu’on ne partage pas l’ensemble du point de vue de la critique Armelle HÉLIOT (http://blog.lefigaro.fr/theatre/), celle-ci a néanmoins raison de repérer, elle aussi, qu’au Ministère de la Culture, actuellement :

« l'équipe actuelle n'aime pas le théâtre, pense que c'est un art dépassé et qu'il faut "autre chose". L'équipe actuelle pense que "les nouvelles images", comme ils disent, sont le salut.

 Ils ne comprennent pas que le théâtre est beaucoup plus puissant que les images (surtout nouvelles). Qu'ils aillent donc voir Peter Pan par Bob Wilson et ils seront obligés d ENTENDRE.

 Politiquement, économiquement, on ne donne pas cher de l'avenir du réseau des CDN, si cela continue…Et l'on verra bientôt les "intendants" régner ici et là, de Chaillot à la Comédie-Française. »

Car nos craintes ne sont pas dissipées de constater qu’en effet, si les artistes trouvent des lieux de permanence relative pour y concevoir leurs œuvres, ils sont souvent chaperonnés par des non-artistes dont le souci de carrière est parfois bien plus despotique, prépondérant que celui qu’ils accompagnent.

Il faut espérer qu’à Montpellier, cette manie au fond très bourgeoise de vouloir stupéfier, voire choquer le spectateur, en proposant des programmations abusivement considérées comme novatrices sera éradiquée sans complaisance par GARCIA qui réussira ainsi à s’imposer davantage que l'éventuel futur administrateur-programmateur qu'il choisira pour le seconder.

LE MARCHÉ DE LA CRÉATION ARTISTIQUE INSTITUTIONNEL VA-T-IL TOTALEMENT ASSIMILER L’ARTISTE RODRIGO GARCIA ?

Car, ce n’est sans doute pas pour rien si Rodrigo GARCIA, dont les textes ont, en France, depuis le début, été publiés par François BERREUR et ses éditions Les Solitaires Intempestifs, excellemment traduits de l’espagnol par Christilla VASSEROT, a choisi, en 2011, comme titre générique de ses œuvres regroupées en un volume … « Cendres ». Par ce choix, le dramaturge d’origine argentine, en effet, ré-affirme qu’il ne sacralise pas le texte théâtral en tant que genre littéraire. Ce qui ne veut pas dire qu’il le déconsidère. Il accepte, par ailleurs, que ses textes soient repris et joués par d’autres. Il est peut-être le seul artiste théâtral européen à, justement, ni privilégier un théâtre littéraire ni un théâtre d’actions où l’image prédomine (même si la force et la violence de celle-ci fait parfois écran – exprès - à ce qui est proféré par ses « personnages »). Il faut toujours faire attention avec ce grand blagueur qu’est GARCIA car rien ne peut s’appréhender au « premier degré ». Il y a souvent un arrière-fond extrêmement critique mais souvent bien dissimulé. GARCIA ne se contente pas d’user de phrases-slogans à la syntaxe appauvrie, il est aussi capable d’en dénoncer –pour peu que nos oreilles et nos cervelles sachent en déceler la portée- l’ambivalence des propos. Mais il est capable aussi de composer de fort belles pages, poétiques, pour nuancer la désaffection apparente du langage.

GARCIA n'a donc jamais visé la reconnaissance en tant qu'écrivain dramatique "littéraire". Pour lui, le dialogue, le monologue ne se conçoivent que grâce à l'aventure du plateau et de la mise en bouche, par les acteurs, de ce qu'il compose. Sauf que son écriture finit par être si ancrée (et obsessionnelle) dans un réel à partir duquel il pense et écrit et qu'il grossit, à dessein, qu'elle est bien la plus représentative des tics, manies, dérisions des rites imbéciles de notre civilisation contemporaine.

Sachant, donc, manier autant la langue que l'image (GARCIA a commencé par travailler dans la publicité), il a le sens à la fois du lieu commun, de l'image-choc, de la situation. Ses auteurs de prédilection (on ne le souligne pas assez) sont Thomas BERNHARD et Peter HANDKE. Il y a, chez l'hispano-argentin, en effet, quelques traits de caractères de ces deux dramaturges autrichiens: une haine féroce (quoique nettement plus drolatique, distante, en tout cas) à l'égard de nos misérabilismes, de nos prétentions, des gardiens de l'ordre capitaliste qui oublient que toute vie reste fragile, que la précarité de la pensée, de la conscience, à force de vouloir compenser ce sentiment universel du vide de l'existence par l'accumulation de biens, de gadgets, par l'atomisation de la réflexion au profit de l'obéissance aux slogans publicitaires et aux enseignes (telles Ikéa, Mac Donald) a fini par faire perdre le sens commun (et non seulement le lieu où chacun pourrait au moins se retrouver) aux trois-quarts d'une humanité désormais déboussolée par le terrorisme de la propriété et de la richesse de façade.

On peut aussi s’interroger, d’un autre côté sur la validité de la décision de Rodrigo GARCIA d’accepter de diriger une Institution, lui qui s’en est toujours méfié, en prenant soin d’en dynamiter souvent les conventions et les cadres oppressants. Rappelons-nous de ce qu’il confiait, en 2007, à Irène FILIBERTI, à propos de sa création, Approche sur l’idée de méfiance : « je ne voulais plus travailler pour ce public moderne et cultivé que l’on croise quand on est programmé dans les festivals. Toute cette consommation, ce système, tout cela me semble toujours très en contradiction avec le travail. Le fait que mes créations soient déjà beaucoup montrées devant un public européen qui ne me plaît pas tellement, au sens où celui-ci n’a pas vécu dans sa chair ce que d’autres subissent ailleurs, est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai fait des choses plus agressives, pour qu’il en prenne conscience, qu’il se sente mal. Mais cela ne rime à rien car au final le marché peut tout à fait m’assimiler sans danger. Même si mon œuvre se veut le contraire de cela. »

On compte quand même sur lui pour bousculer justement, grâce à ses nouvelles fonctions, et pas seulement dans le périmètre du département de l’Hérault, les rigidités d’un système de production et de politiques culturelles souvent trop floues, voire aristocratiques car confortant les valeurs de la hiérarchie, de l’autoritarisme et de la mondialisation des moyens tant économiques qu’humains, y compris, et de plus en plus souvent, dans les domaines de l’art. Et qu'il continue de riposter "C'est comme ça et me faites pas chier"...

Philosophe sans jamais vouloir le prétendre, se servant intelligemment jusqu'ici des mêmes armes que ses "ennemis" pour mieux les pousser dans leurs retranchements, poète car inspiré par la confrontation d'images en apparence opposées et cependant fort pertinentes, bien que parfois pessimistes et déprimantes, phraseur ironique et constructeur de fresques imagées souvent marquantes, homme vraiment aimable (dans la vie) et humaniste convaincu, faisant preuve régulièrement de pétulance et de justes sarcasmes, cet artiste épatant car courageux et hors-norme méritait bien de trouver, dans un pays tel que la France, la juste reconnaissance qu'il mérite.

Parce que nous avons besoin d'artistes de théâtre qui ne font pas toujours l'unanimité, surtout en ces époques où des idéologies douteuses tentent de légitimer leurs nauséabondes raisons d'être, d'artistes valeureux comme R. GARCIA a su toujours l'être. Quitte à ce qu'il continue de nous tendre un miroir torve et souvent peu glorieux, cependant jamais méprisant et jamais condescendant ni forcément abusivement romantique;  mais conçu pour nous faire réagir. Voire, réfléchir. A propos, surtout, de nos souffrances communes, universelles et dont nous sommes, complaisamment, nous-mêmes, collectivement, les principaux instigateurs. Et que la violence de nos jours intranquilles finira par banaliser, abrutis d'images que nous allons finir par devenir, femmes et hommes de peu de mots pour avoir outrancièrement délaissé, négligé la langue...

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