LES NON ABSTENTIONNISTES DU VOTE AUX EUROPÉENNES CHOISIRONT L' EXTREME DROITE

Pour essayer, un mois avant l'échéance, d'y voir clair dans des synthèses possibles à propos de ces futures élections. Superposition (la moins aléatoire possible) de diverses déclarations, chocs des cultures et des proférations, des analyses... tout sauf la Cour des Miracles, s'il vous plaît ? l'enjeu est primordial.

Bien que n'écoutant plus que rarement l'émission quotidienne "C'est dans l'air" de France 5, j'ai dressé cependant plus que d'habitude l'oreille aux propos de Dominique REYNIÉ, politologue, et invité du numéro de cette fin de journée intitulé "Le Pen vire en tête".

Passons sur l'intitulé un rien racoleur de l'émission (on finit par être habitués, partout, aux trouvailles rarement originales des tapins de la communication médiatique) pour nous focaliser sur les propos de M. REYNIÉ :

"La France est à droite. Et les hommes politiques de gauche se battent dans un univers qui se rétrécit beaucoup. Ils tiennent des discours qui les intéressent beaucoup eux-mêmes et qui n'intéressent pas les électeurs. La classe ouvrière ne va pas s'intéresser à la transition énergétique, je suis désolé, la classe ouvrière n'écoute pas d'une bonne oreille les discours très généreux sur la politique migratoire, contrepieds complets, peut-être agréables à entendre, et conformes à des vertus, des convictions, etc, mais ça ne marche pas. Ils vont vraiment dans le sens contraire d'un mouvement qui est un mouvement très puissant (les Gilets Jaunes)..."

Pointant ainsi les positions inconfortables de la plupart des candidats de gauche après avoir tout de même salué au passage les qualités d'un Ian Brossat ou d'un Raphael Glucksmann, il conclut son laïus par ce constat sans réserve : "ils parlent de sujets qui, fondamentalement n'intéressent pas les gens qu'ils sont censés représenter". 

REYNIÉ prend soin aussi d'étendre cette synthèse à toute l'Europe.

Plus tard, dans l'émission, on apprendra que, selon un sondage, actuellement, 4 Français sur 10 sont incapables de citer 1 nom d'une tête de liste française aux Européennes. "Ce qui ne fait pas beaucoup, ce qui prouve le désintérêt profond des Français pour ces élections"" croient bon de souligner les autres invités de l'émission et son animateur.

En ce cas, si l'élection, à un mois jour pour jour de son échéance, est déjà ainsi pliée, qu'en déduire? que ceux qui se déplaceront voteront en majorité pour des représentants de la droite, voire de l'extrême droite? Etant donné le titre prémonitoire "Le Pen vire en tête" et la façon assez complaisante qu'a eue C'est dans l'air de présenter et donner la parole à Laurent Wauquiez et au tout nouveau poulain de LR, au nom de faux-ami, François-Xavier Bellamy, en toute logique, cette élection peu suivie choisira un candidat tout aussi improbable que celui des Présidentielles de 2017. Voilà de quoi séduire les déçus ex électeurs de droite du macronisme... 

Qu'on ne s'intéresse pas une fois de plus aux raisons qui feront déserter les urnes, de la plupart des citoyens français, le 25 mai prochain, n'a plus rien de surprenant. 

Qu'il soit permis tout de même de clamer, cette fois, haut et fort, que non, le mouvement des Gilets Jaunes n'est pas majoritairement un mouvement populiste (conformément à ce que les médias habituels veulent caricaturer), mais bel et bien un mouvement contestataire qui se démarque d'une gauche qui n'a pas su depuis deux ans au moins relayer leurs revendications. Et que, donc, il n'est pas principalement constitué de poujadistes votant Le Pen ou Wauquiez ou apparentés. Puisque si ceux-ci sont élus, ce sera sans leur assentiment. Mais bel et bien avec celui de Gilets si obscurs, si Bruns, qu'on les distingue à peine, tapis dans l'ombre de leurs conforts rétrogrades et qui ne sortent surtout pas dans la rue à part pour contribuer, une fois de temps en temps à La Manif pour tous. 

L'histoire de cette décade de 2010 qui s'achève dans un an, se souviendra sûrement, que c'est, successivement MM. Sarkozy, Hollande et Macron, qui auront largement contribué à l'avénement d'un futur régime autoritaire et quasi fasciste. Dont on voit, dans notre propre pays, avec les diverses interdictions tentées pour barrer les manifestations ou les gêner, qu'il est en bonne voie de se constituer jusqu'à un point de non retour qu'il serait temps de contrecarrer.

Radicalement.

 

 

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