«Mais à présent, qu'allons-nous devenir sans barbares?» (Grèce / revue de presse du 31 mai 2015)


Mais à présent, qu'allons-nous devenir sans barbares? / Ces gens-là, écrivait en substance le grand poète grec Constantin Cavafis, c'était quand même une solution...

Non sans ironie, l'économiste Paul Krugman associe le salut des Grecs en cas de sortie de l'euro et de dévaluation externe au déferlement de hordes de « grands buveurs de bières britanniques ».

 

Rappel à la discipline de parti sur fond d'accord en vue (et de « concessions douloureuses » et/ou de « compromis honorable ») avec les créanciers: Nikos Pappas (ministre en charge de l'audiovisuel et bras-droit d'Alexis Tsipras) accentue ses critiques contre la présidente de l'Assemblée nationale, Zoe Konstantopoulou, trop indépendante selon la fraction majoritaire/gouvernementale du parti au pouvoir et sans doute trop soucieuse aux yeux de ces derniers de défendre (depuis un « perchoir » hautement politisé après son entrée en fonction) le respect des engagements initiaux du gouvernement grec (la charge contre Z. K. alimente depuis quelques semaines déjà plusieurs articles de la presse de gauche proche de N. Pappas).


A Bruxelles, les pourparlers sur l'économie grecque semblent s'accélérer dans le cadre du Brussels Group. Questions sur la table: système fiscal, régimes de retraites, fonctionnement de la Justice, des marchés, du système bancaire – entre autres. Un accord au niveau des « équipes techniques » du Groupe de Bruxelles paraît «possible», selon des sources proches des négociateurs grecs. Les entretiens se poursuivront vraisemblablement ce lundi, tant au niveau des équipes techniques qu'à celui des responsables politiques.

Après l'entretien de jeudi dernier (en marge de la rencontre au sommet de Riga), une vidéoconférence est prévue ce soir (dimanche 31 mai) entre A. Tsipras, A. Merkel et F. Hollande:
Cf. aussi :
http://itgenial.it/articoli/2015/04/01/1386853-crisi-grecia-stathakis-accordo-entro-settimana-prossima-tv

Le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, est vertement critiqué par plusieurs des responsables de Syriza (dont Dimitris Papadimoulis, député européen et l'une des voix les plus écoutées du parti de gauche radicale) pour avoir nommé Elena Panariti (ancienne membre du PASOK, ayant travaillé avec l'ancien Premier ministre Giorgos Papandréou) au poste de représentante de la Grèce au FMI:Yanis Varoufakis dément les rumeurs concernant sa démission imminente – sans exclure le fait qu'elle pourrait intervenir à un stade ultérieur.

«La question des privatisations en cours constitue un objet de négociation pour le gouvernement, qui s'efforce de promouvoir des changements importants dans les clauses de l'accord, changements susceptibles de garantir l'intérêt public», a déclaré depuis Chania (île de Crète) le ministre grec de l’Économie Giorgos Stathakis, qui a rencontré des représentants de l'administration et du personnel de l'aéroport local. Le président du syndicat des employés s'est déclaré opposé au programme de privatisation des aéroports régionaux.

A propos de la privatisation du port de Pirée comme de celle des 14 aéroports régionaux, projets lancés lors de la législature précédente, G. Stathakis a indiqué que le gouvernement s'efforçait d'obtenir de meilleures conditions (plus favorables à l'intérêt public) que celles qu'avait obtenues le gouvernement précédent.
Le même déclare au « Corriere Della Serra » que la signature de l'accord avec les créanciers n'est plus qu'une question de jours.

Pour une lecture de la philosophie qui semble guider en l'occurrence le gouvernement grec, cf. mon point de vue récent et assez peu optimiste: «  L’une des questions posées par cette réorientation est de savoir si cette «mutualisation» hypothétique des bénéfices est une pure vue de l’esprit, un artifice idéologique ou une réalité possible — et, dans ce dernier cas, s’il ne s’agirait pas simplement, dans le contexte spécifique de la faillite achevée de l’État grec et de la reconnaissance d’une dette insoutenable, de la poursuite, par des moyens assez peu différents, des politiques néolibérales. »

 

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