L'Algérie : un exemple parmi d'autres d'une décolonisation inachevée

 Le Pésident Bouteflica en repos à l'hôpital militaire du Val de Grâce

Le président algérien Monsieur Bouteflika en quête pour un quatrième mandat, après quatorze ans à la tête du pays, séjourne comme à son habitude au Val de Grâce, pour aux dires du directeur du Centre National de la Médecine Sportive, y subir des examens complémentaires après un accident vasculaire cérébral (AVC). Comme toutes les hautes personnalités, principalement les chefs d'Etats et de gouvernements de l'ex-empire colonial et du monde de la Francophonie, il aurait eu droit à tous les honneurs d'accueil, y compris l'escorte militaire entre l'aéroport et l'hôpital !

 Depuis, des messages rassurants émanent de diverses sources pour confirmer que l'état de santé du Président est sans gravité et que ce dernier, après un petit malaise passager, n'a besoin qu'un d'un peu de repos qu'il ne peut s'offrir dans son propre pays et de quelques examens médicaux complémentaires à ceux réalisés en Alger. Pour celles et ceux qui suivent la situation en Algérie, que ce petit voyage de bilan de santé n'aurait rien à voir avec d'autres, dont une précédente hospitalisation en 2005, pour traitement d'un ulcère hémorragique, un séjour apparemment autrement plus inquiétant que ce dernier.

 S'il fallait retenir un ou deux enseignements sur ce fait divers :

 Une pratique devenue une tradition qui ne choque personne, celle du droit des hautes personnalités africaines et autres à bénéficier en France, des mêmes avantages de soins d'avant-garde que leurs collègues de même rang en charge dans l'ex-Métropole ;

L'Algérie qui disposait durant les années 1960 et 70, au temps où l'Algérie indépendante était pauvre, d'une couverture sanitaire gratuite pour ses citoyens et d'une qualité d'encadrement suffisante héritée de l'ère coloniale et qui dispose aujourd'hui, grâce à la manne pétrolière, de ressources avérées qui l'enfonce dans le sous-développement et la dépendance, jusqu'à transférer une partie de sa trésorerie au Fonds Monétaire International (FMI), connaît aujourd'hui un système de santé défaillant. Un système digne de celui qui prévaut dans les pays les moins avancés, malgré des bâtiments parfois somptueux et des équipements ultra-modernes et des plus coûteux.A L'ONU, comme en Union européenne, en Union africaine, dans l'Organisation de la Francophonie ou en France, personne ne trouve à redire quant aux pratiques tendant à créer les conditions de la reproduction ad vitae- aeternam du pouvoir, l'essentiel est que ces pouvoirs soient fidèles à la pensée dominante du libéralisme et de l'idéologie ''franco-centriste''. Supporter et saluer la durabilité sans limite d'une présidence malade en Algérie, fusse sous motif du droit souverain du peuple algérien à se dôter des institutions politiques qu'il veut et se permettre d'intervenir parfois militairement pour mettre fin à des régimes hostiles aux intérêts de la pensée unique libérale, pro-occidentale ou simplement pro-française et ou anticoloniale, voilà du grain à moudre pour des citoyens responsables désireux de construire un autre monde !

 

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