L'estrade des Nations Unis, meilleure scéne du monde.

La tribune des Nations-Unies utilisée par la couple, pas si infernal, de l'année : les deux nouveaux présidents Trump et Macron. A défaut de l'art du deal dans lequel il s'st révélé médiocre Trump s'avère bien meilleur communiquant que notre miniTrump.

La session annuelle de l'Assemble Générale des Nations Unies ne pouvait manquer cette année de livrer un spectacle remarquable. La présence de Donald Trump, principal critique ne même temps que principal bailleur de fond de l'organisation promettait beaucoup dès le départ. Le crescendo de la dramaturgie de la crise nord-coréenne dont le Conseil de Sécurité  a été un des lieux a encore ajouté. Et pour finir notre miniTrump à nous a trouvé là une des occasions qu'il affectionne de se faire voir dans son vieux costume de nouveau Kennedy.

Le plus important à propos de Donald Trump n'est pas de juger des positions qu'il a exprimées lors de son intervention. Nous connaissons le bonhomme et nous savons ce que valent ses paroles et leur volatilité. Il est resté dans le droit fil de son comportement et a montré ses muscles, pour rester poli. La menace de perpétrer le  génocides de 25 millions de personnes n'a d'ailleurs pas vraiment ému les commentateurs qui savent à quoi s'en tenir. Quelques uns, pas les français autant que j'ai pu observer, ont remarqué l'effet du comédien  tombé à plat. Quand Trump après avoir dit que la situation du Venezuela venait de ce qu'on y avait fidèlement instauré le socialisme s'est arrêté quelques instant pour attendre un tonnerre d'acclamations seuls quelques rares applaudissement clairsemés ont répondu. Manifestement déçu il a du reprendre penaud la suite de son discours. Ce discours fait partie de ceux qui sont soigneusement écrits et il ne s'est pas permis d'improvisation malencontreuse. Il ne doit d'ailleurs pas être possible à cette tribune d'apporter son prompteur personnel. Mais plus encore il appartient à une suite organisée d'actions cohérentes qui montre à quel point la reprise en main de la Maison-Blanche est parvenue. Qu'on le mette au compte de Kelly, du départ des trublions crypto-nazis (Gorka et Bannon) ou d'autre cause importe peu. La réalité est là. Par exemple affubler Kim-Jong Un du sobriquet de "Rocket Man" est manifestement une manœuvre réfléchie, introduite dans la salve de tweet du Dimanche elle a pu se déployer aux oreilles du monde dans le discours des Nations Unies qui pour Trump est une sorte de  discours sur l'état de l'Union étendu au monde entier.

Les circonstances ont ainsi fait de cette intervention l'occasion de la mise en scène médiatique idéale. Et tout le monde y a trouvé son intérêt. Trump a pu faire tenir son propos de maître du monde. Les Nations Unies au prestige déclinant en sortent un peu plus brillants dans un contexte où les lieux de dialogue international sont bienvenus. A propos où est passé Guttieres, ce Secrétaire Général dont on attendait monts et merveilles et une relance de l'organisation ?  La presse, en particulier les grands organes, a joué son rôle dans la partition car c'est elle qui opère la mise en scène médiatique. Enfin notre miniTrump a trouvé la possibilité de faire parler de lui autrement que comme celui qui tranche dans le budget logement des étudiants et des vieux. Le système médiatico-politique a pu se déployer dans toute son effrayante ampleur, coincé entre des ouragans dévastateurs, des missiles menaçants et un tremblement de terre. Les professionnels de la politique fournissent la matière prête à l'emploi, les professionnels de la communication de masse la serve à leur public (et à leurs annonceurs). Tout le monde est content.

N'y aurait-il pas un peu plus? En fait Trump n'avait pas besoin d'une tribune de plus même si le comédien en lui se réjouit sans doute à chaque prestation. Le bénéfice qu'il en retire va bien au-delà de l'amplification de ses positions. Il a regagné ce qui lui manquait le plus. Une image de sérieux, de dirigeant politique qui compte, même si ses positions sont jugées extrêmes et irréalistes -il s'agit de politique intérieure en fait. Sa côte de popularité en remontée lente mais  constante depuis plusieurs semaines (effet ouragan entre autres) va continuer sur la même pente.

Mais la fin de Septembre est pleine d'embûches. Le retour du Trumpcare, les négociations avec les Démocrates sur l'immigration, les impôts et sans doute le mur sont autant de sujets qui le mettent en porte-à-faux avec à la fois sa base et le Parti Républicain.

Plus que jamais à suivre.  

 

 

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