Elle ne sera jamais Nobel

Ursula K. Le Guin est morte.

Ursula Kroeber Le Guin.

Plus que l'admirer je l'aimais comme quelqu'un de si lointain et pourtant si proche.

Envoyé par le magazine Fiction à la Convention de Science-Fiction de Heidelberg en 1971 j'y découvre que les deux principaux prix, Hugo (prix des fans) et Nebula (prix des auteurs), sont décernés à un auteur inconnu de moi, Ursula K. Le Guin.

Un de mes plus proches amis a qualifié ce roman que je lirai ensuite sans bien le comprendre la première fois de livre le plus fort qu'il ait lu sur les relations homme-femme. Je garde de "La main gauche de la nuit" une image que le temps n'a pas altérée. Celle du héros qui un ne sait plus si le camarade de guerre qui vient de le sauver d'un camp d'extermination est un garçon ou une fille. 

Peu importe le détail et la taille de l’œuvre.

Je me suis senti si proche de certains livres. J'ai toujours eu peur de relire "Les dépossédés" qui me touchent de si près.
Peu importe qu'elle ait bien avant Harry Potter mis les mages et les dragons au centre d'un cycle romanesque.
Souvenez-vous de cette vision d'une silhouette fugitive aperçue à la fin de l'Enéide devenue la femme vivante au cœur de "Lavinia" quand par la magie de sa plume le seul personnage réel, Virgile, devient un rêve dans le regard de l'héroïne.
Souvenez-vous que la vieillesse n'empêchait pas la dame de Portland de se dire tranquillement anarchiste.
Souvenez-vous de son combat sans répit pour les bibliothèques publiques.
Souvenez-vous d'Ursula Kroeber Le Guin.


Et lisez ses livres.

Pardon d'avoir par facilité employé le terme "héros" qui ne ressemble pas vraiment à ses personnages.

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