Trumpgate : on prend les paris sur le premier inculpé ?

La commission dirigée par Robert Mueller a fait valider par la justice les premières inculpations résultant de son enquête sur l'intrusion russe dans la campagne électorale. On devrait bientôt savoir qui est visé, Paul Manafort, Michael Kelly ou Carter Page sont parmi les favoris. Et le ton monte à Washington alors que Trump marque des points.

Donald Trump marque des points dans l'opinion. Il a réussi à passer quelques semaines chaotiques sans perdre significativement de points dans l'opinion. La gestion des ouragans, l'échec de la réforme de l'Obamacare et l'ouverture déclarée des hostilités avec quelques vedettes Républicaines du Sénat n'ont pas changé de manière déterminante le soutien de la base qui le maintient à flot. Les deux prochaines semaines avec quelques élections partielles le 7 Novembre -Tiens mon anniversaire- seront à observer attentivement.

Reprenant l'initiative sur le terrain de l'assurance santé il a incontestablement redoré son image. Il est apparu en contraste des parlementaires du parti comme celui qui agit réellement. L'efficacité des deux décrets portant sur la mise ne place à terme de nouvelles formules d'assurance et l'arrêt du paiement des subventions aux assureurs qui participent à l'Obamacare ne pourra être jugée que dans quelques semaines, après la campagne d'inscriptions qui débute cette semaine. Il a probablement réussi à semer le doute dans les esprits et assurément à faire monter le montant de primes pour les assurés. La complexité du système fait que ces augmentations vont mécaniquement augmenter les subventions directes aus assurés sous forme de crédits d'impôts et creuser le déficit au grand dam des Républicains mais ces effets ne seront sensibles dans l'opinion que plus tard.

La grande affaire du moment pour les Républicains reste le budget et la réforme fiscale, en clair la baisse d'impôts pour les riches, qui ne se présente pas très bien car équilibrer des propositions qui puissent satisfaire à la fois les ayatollah du déficit et ceux de la baisse des taxes relève de l'équilibrisme. Un équilibrisme qui se traduit en arithmétique parlementaire à la recherche d'une majorité.

Dans ce contexte on a assisté depuis plus d'une semaine à une relance de la frénésie Républicaine autour de la question de l’ingérence russe dans la campagne électorale de l'année dernière. On a ressorti des poubelles le peu ragoutant dossier anti-Trump de l'été dernier qui aurait été financé par les Démocrates, la responsabilité d'Hilary Clinton qui aurait comme ministre des affaires étrangères et avec la complicité active de son mari bradé à la Russie du précieux uranium américain, la vieille histoire de l'assassinat de Set Rich a également refait surface. En même temps se précisaient les appels à la démission de Robert Mueller, le procureur spécial (special counsel) qui dirige l'enquête.

Et on a compris Samedi la cause de l'éruptabilité Républicaine quand CNN a annoncé que le travail de la commission Mueller avait abouti à une première inculpation déposée devant un juge. Cette inculpation étant pour l'instant sous scellés on ne sait pas qui est visé, une ou plusieurs personnes. Il pourrait d'ailleurs s'agir de suspicion de délit étrangers à l’affaire principale puisque Mueller a le pouvoir d'acter sur toute infraction mise  à jour par son enquête.

Les noms les plus souvent cités sont cependant au cœur du sujet. Paul Manafort, Michael Flynn et Carter Page ont tous joué des rôles importants auprès de Donald Trump tout en entretenant des liens forts avec la Russie.

Le début de semaine pourrait bien voir les arrestations ou à tout le moins les notifications aux suspects.

Je prendrais bien un pari sur Paul Manafort. 

 

 

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