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Le Club de Mediapart ven. 27 mai 2016 27/5/2016 Dernière édition

Merci, monsieur De Toledo!!!

Ce matin 22 janvier 2013, Camille De Toledo était l'invité de Pascale Clark dans le 7-9 de France-Inter.  L'écrivain (essayiste, vidéaste, musicien etc...) plaide pour la création d'une identité européenne par la connaissance mutelle des gens, et la connaissance des langues. Les démocrates ne peuvent qu'être d'accord...

Ce matin 22 janvier 2013, Camille De Toledo était l'invité de Pascale Clark dans le 7-9 de France-Inter.  L'écrivain (essayiste, vidéaste, musicien etc...) plaide pour la création d'une identité européenne par la connaissance mutelle des gens, et la connaissance des langues. Les démocrates ne peuvent qu'être d'accord...

Camille de Toledo et Guillaume Klossa (président du  "think tank" européen et transpartisan EuropaNova) feront paraître demain 23 janvier dans "Libé" une  lettre ouverte à Angela Merkel et François Hollande sur ce thème.  D'après ce que j'ai retenu de l'entretien de C De Toledo avec Pascale Clark, c'est à une "Europe de la traduction" que ces deux Européens convaincus appellent... Ils souhaitent que les Européens maîtrisent les langues, et que les traductions, un grand nombre de traductions soient effectuées et circulent.

Cependant, en période de "crise" et d'austérité, quels seront les états de l'Union qui se donneront vraiment les moyens d'atteindre ce but ambitieux?

Les membres des classes sociales les plus favorisées, les plus cultivées, fréquentent et connaissent déjà leurs congénères européens. Ils communiquent avec eux, souvent au moyen de  la "Lingva Franca" du XX ème siècle, l'anglais.

Certains sont également capables de parler d'autres langues, mais malgré l'enseignement de deux langues pendant la scolarité, bien des gens n'ont même pas accès à une seule  langue étrangère. En effet, un examen attentif de la répartition des polyglottes suivant l'origine sociale montrerait, à n'en pas douter, que plus on est "bas" dans l'échelle sociale (c'est à dire en termes de revenus, ce qui coïncide hélas avec le degré d'éducation), moins on a accès aux langues, et même pas à ce globish qu'on nous a fourgué depuis cinquante ans sans que grand-monde ne s'en inquiète.

Je n'ai pas de statistiques à produire, mais dans ce domaine, mon expérience personnelle de polyglotte, qui est diverse et assez vaste, me semble suffisante pour affirmer que le "TINA" linguistique profite aux plus favorisés.

Je l'ai déjà dit, mais redisons-le: il est aberrant et stupide d'utiliser en Europe comme principale langue véhiculaire la langue du pays le moins "européen", à savoir la Grande-Bretagne. D'autant plus illogique et idiot, que cette langue est loin d'être simple à maîtriser, n'en déplaise à toutes celles et ceux qui ont oublié tout le temps passé à l'apprendre (et supposent la parler "suffisamment bien").

En tant qu'ancienne institutrice, je suis consciente de tout ce qu'implique la politique linguistique actuelle, ou plutôt, comme dirait François Grin, son absence quasi totale. Car c'est bien cet économiste spécialiste des langues qui (en substance) a écrit en 2005 à propos de la prééminence de l'anglais que dans tout autre domaine de l'activité sociale économique etc... cette inégalité serait perçue comme absolument insupportable.

Je m'irritais voici quelques semaines (ici) de la ritournelle qui nous prétend "nuls en langues" alors que j'ai moi-meme constaté que d'autres Latins (Italiens, Espagnols...) ne sont pas plus polyglottes que nous. Que j'ai tenu des conversations basiques avec des Polonais dans leur langue, car ils ne parlaient pas le sacro-saint anglais... et même dans cette Allemagne dont les naïfs croient que "tout le monde" y parle anglais, j'ai eu l'obligation de préférer mon très mauvais allemand au globish que les Allemands du peuple ne parlaient pas!!! On doit aussi retrouver dans un commentaire récent le récit de mes tribulations dans le nord des Pays-Bas...

Alors? QUE FAIRE???

Faut-il mettre plus de profs d'anglais, en augmenter l'horaire, inventer un "assimil" d'anglais pour foetus in utero? Tout cela au détriment des cultures et identités nationales, régionales? Non, non, et encore non! Les enfants, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs ont tout d'abord besoin de maîtriser le lire-écrire dans leurs langues maternelles afin de comprendre le monde, afin de pouvoir s'y exprimer.

Par contre, il convient de les "ouvrir" très tôt à d'autres langues dans leur diversité, sans miser au départ sur telle ou telle jugée plus "indispensable" dans leur vie professionnelle future (et disons-le, perçue comme le "nec plus ultra" de la communication, au détriment de nombreuses autres...)

Or, il y a une chose que l'on n'a jamais essayé pour cimenter une "identité européenne": c'est l'initiation à la langue créée par le Russe LL Zamenhof voici plus de 125 ans. Les résistances sont fortes, car le déni du problème est puissant. Voir le billet "Aux chiottes l'espéranto!"

Ce que la plupart des gens ignorent, c'est que l'espéranto, de par sa construction, de par ses racines etc... est le tremplin idéal pour accéder ensuite aux autres idiomes, qu'ils soient indo-européens, ou plus exotiques. Nos amis Britanniques, avec le programme "Springboard to languages" qui est utilisé par quelques établissements de Grande-Bretagne, tentent de diminuer l'incompétence sévère de cette nation en matière de langues étrangères. Car il faut tout de même en prendre conscience, les plus "nuls en langues" de l'Union Européenne, c'est eux!!!

(à suivre...)


En attendant, voici quelques liens intéressants:

"neniam milito inter ni" (jamais de guerre entre nous), un blog dont j'ai naguère "pompé"quelques articles...

Article de Wikipedia sur le rapport Grin

Le rapport Grin dans son intégralité

L'article de Wikipedia sur F Grin

Les vidéos de Claude Piron sur "Les langues, un défi"

1 se comprendre

2  la diversité des langues

3. Le handicap linguistique

4. Les instances internationales

5. Passer d'une langue à l'autre

6. Les langues ... ça coûte!

7. La peur du réel ! -

8. Le fonctionnement du cerveau

 9. La programmation génétique

10. La solution

Et une vidéo:




NB (n'ayant pas le temps pour le moment de terminer ce billet, je complèterailes lignes ci-dessus, notamment par une esquisse de ce qui est réalisable à peu de frais et en une décennie environ... et la citation exacte de Grin)

 

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Tous les commentaires

"Il n'existe qu'une chose plus forte que toutes les armées du monde, c'est une idée dont le moment est venu"
(Victor Hugo) 

Le moment de l'Esperanto viendra bien un jour.

Pour cela, il faut "fatiguer la salade" comme dirait Jean Jaurès. Dominique C s'y emploie très bien.

De guerre lasse, les positions anti-Esperanto se déliteront.

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L'auteur

Dominique C

J'étais enseignante en milieu rural. Maintenant j'agis dans le domaine associatif...
Mansle - Bayers - France

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