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Le Club de Mediapart mar. 27 sept. 2016 27/9/2016 Dernière édition

Marche des Indignés - 06/10 - Sabotage révolutionnaire

C'était un grand événement, mais très vite ce fut saboté par une bande de squatters anarchistes. Ils étaient venus avec des tambours et des sifflets. Une brillante initiative.

C'était un grand événement, mais très vite ce fut saboté par une bande de squatters anarchistes. Ils étaient venus avec des tambours et des sifflets. Une brillante initiative.

Gand, 6 octobre, 73 è jour de la Marche vers Bruxelles, 30 km depuis Waregem
Chers Tous,

Ce matin, le plat pays était surplombé d'un ciel gris de diverses nuances. Un vent puissant soufflait, et pendant notre petit déjeuner, la pluie a commencé.
Ça faisait du bien. La pluie et le vent font partie de ce pays, autant que les canaux et les digues. Ça va ensemble. Et en outre, nous avons eu déjà eu trop de chance avec le temps. Un chouilla de pluie est toujours bon pour le côté épique de notre expédition.
Ça n'a pas duré longtemps. Pendant qu'on cheminait sur la piste cyclable de la route nationale vers Gand, le temps humide cessa. Par la suite, la marche fut facile.
La Belgique a un tas de particularités. L'une d'entre elles est l'urbanisation des routes. Quand nous arrivons à Gand, c'est comme si nous n'avions jamais quitté Waregem. Nous n'avons pas vraiment traversé la campagne. Tout le long de la route, il y avait des maisons, des villages et des centres commerciaux.
Au fil des ans, les Belges ont conservé la tradition de construire eux-mêmes leur maison. Et jusqu'à il y a peu, ils pouvaient le faire sur n'importe quel bout de terrain qu'ils avaient acquis. Comme, par souci de commodité, beaucoup de gens veulent être près de la route, le résultat a été une variété infinie de maisons jalonnant les nationales, d'une agglomération à l'autre. On pourrait croire que la Belgique n'est qu'une énorme ville, mais ce n'est qu'une illusion. La campagne débute dès les arrières-cours des gens.
Sur le parcours j'ai bavardé avec le camarade Rino, d'Italie, qui nous a déjà accompagnés à diverses occasions. Après Paris il a rejoint la marche Méditerannéenne pendant un certain temps, et je fus heureux d'entendre de sa part, pour la première fois, des informations positives sur eux.
Ils se sont surnommés "Ecomarche" quand ils ont quitté Paris, parce qu'ils voulaient constituer un exemple d'une expédition sans empreinte carbone. Alors ils sont partis sans véhicule d'assistance, et ont porté leurs sacs eux-mêmes. Ça, c'était au début, parce qu'ensuite ils ont quand même été rejoints par un véhicule, et alors pour défendre leur image écologique, ils ont commencé à ramasser les déchets qu'ils trouvaient le long de la route. Quelques-uns des innombrables sacs qu'ils ont remplis furent entassés sur les places des villages et villes où ils arrivaient, afin de faire affronter aux gens tout ce qu'ils venaient de jeter en roulant.
Rino conteste que la Dame Bleue soit un dictateur et que les marcheurs n'auraient pas pu atteindre Bruxelles sans elle. Elle part à l'avant-garde, prépare l'arrivée et coordonne la diffusion dans les villes. Les autres contribuent à la marche à leur façon, et affinent leurs objectifs en fonction des retours qu'ils ont eus dans les assemblées précédentes. Si tout est vrai, je devrais admettre, à ma plus grande honte, que leur marche fonctionne mieux que la nôtre pour le moment.
Nous entrons dans la ville de Gand, et nous occupons l'impressionnante place Saint Pierre. Toute la journée nous avons été suivis par une équipe de TV flamande. Ils ont l'occasion de filmer notre première assemblée trilingue. Flamand, français et espagnol. Les "Indignados" de Gand se sont beaucoup activés pour la préparer, nous ont attendus puis reçus avec des gâteaux, des bonbons et un tas de nourriture. Certains d'entre eux étaient là dès la frontière, et à Kortrijk. C'était un grand événement, mais très vite ce fut saboté par une bande de squatters anarchistes. Ils étaient venus avec des tambours et des sifflets. Une brillante initiative.
Comme les rythmes de samba résonnent sur la place, notre joueur de cornemuse les rejoint et les gens commencent à danser et à sauter partout. Finalement, après les assemblées interminables en Espagne et en France, il a fallu que nous venions ici dans le Plat-Pays froid et venteux pour trouver cet ingrédient absolument fondamental et indispensable de la révolution.

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Retrouvez l'original en anglais avec les photos sur le blog "Spanish Revolution"

Comme les autres billets sur la Marche, celui-ci n'est pas de moi, mais juste une traduction que j'en fais aussi souvent que je peux...

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Dankon Dominique, pour cette longue marche de traductions

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L'auteur

Dominique C

J'étais enseignante en milieu rural. Maintenant j'agis dans le domaine associatif...
Mansle - Bayers - France

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