Lecture pour tous: Dominique Nouvian s’engage auprès des enfants

Cette année, la 37e édition du Salon du Livre de Paris (23 - 27 mars) a mis à l’honneur la littérature africaine. La Côte-d'Ivoire y était notamment représentée; l'occasion de présenter au public l'association Children Of Africa, fondée en 1998 par Dominique Nouvian. Objectif: donner le goût de lire aux enfants dès le plus jeune âge... et investir sur l'avenir en promouvant l'accès à la culture.

Promouvoir la lecture en partage

Le Salon du Livre de Paris est un événement annuel incontournable pour les bibliophiles… ou simples curieux. Pas moins de 160 000 visiteurs se sont pressés, en quatre jours, Porte de Versailles, pour venir à la rencontre de leurs auteurs préférés et des générations montantes. Les visiteurs ont pu notamment découvrir le Pavillon des Lettres africaines. Une dizaine de pays du continent (du Sénégal à Madagascar, en passant par la Côte d’Ivoire, le Nigéria et le Gabon) ont exposé les ouvrages de leurs écrivains, dont certains ont fait l’honneur de leurs présences.

Comme chaque année, le président français François Hollande a visité le salon, en faisant une halte remarquée devant le Pavillon et le stand de la fondation Children of Africa. Mme Aissatou Cissé, responsable chargée de l'Education au sein de l’association, était présente et a pu échanger avec le président Hollande, qui s’est montré enthousiaste pour ce projet. Le chef de l'Etat français a assuré : « Nous faisons en sorte de multiplier ces expériences. En France aussi, il faut apporter des livres partout où il y a des enfants qui en sont privés ».

L’association vise à promouvoir de nombreux projets en direction des enfants et des femmes de plusieurs pays africains. Ce rendez-vous annuel était l’occasion de rappeler combien la place de la culture auprès des jeunes générations occupe une place importante dans ses activités. Elle s’y emploie dans un de ses projets phares : le Bibliobus.

Bibliobus ou la bibliothèque itinérante

Comment accéder à la lecture lorsqu'on habite un territoire défavorisé ou isolé ? La construction et l'entretien de bibliothèques est cher et ne s'accorde pas toujours avec des budgets serrés. Le projet Bibliobus vise justement à faciliter l’accès aux livres à tous les enfants, habitant en ville ou dans des villages reculés. Pour cela, huit bus, contenant environ 3 000 ouvrages chacun, sillonnent la Côte-d'Ivoire et proposent des activités complémentaires comme la projection de films et l'utilisation d'ordinateurs connectés à Internet. La démarche se veut entièrement didactique et ludique et doit permettre aux enfants de découvrir et d'apprécier un monde qu'ils n'ont pas l'habitude de côtoyer.

Au printemps 2016, l’association a reçu le soutien des Editions Michel Lafon. Son directeur, Michel Lafon, a offert des livres pour l’équipement des Bibliobus et des bibliothèques de l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville. « Nous avons développé une collection Education en collaboration avec l’UNESCO dans lesquels deux petits personnages du nom de Bouba et Zaza, développent des valeurs essentielles pour les enfants », explique Michel Lafon.

Pour Aissatou Cissé, « cette action vise à contribuer à la formation des enfants de toutes les régions du pays, à les initier très tôt à la lecture, à les amener à s'intéresser aux choses utiles, à assouplir leur esprit. Et surtout de les ouvrir au monde ». C’est aussi ce goût pour le partage de la lecture qui a poussé Michelle Lora à faire le déplacement au Salon du livre. L’écrivaine et conteuse ivoirienne, auteure de plusieurs ouvrages pour la jeunesse, aime aiguiser le goût de la lecture chez les tous petits, notamment en leur lisant des contes.

La Côte d’Ivoire n’est pas le seul pays sur le continent africain à promouvoir, via des associations, une politique volontariste de promotion de la lecture à destination des enfants. En Algérie, aussi, la Bibliothèque nationale a mis en place dès 1999 une initiative quasi-similaire : rapprocher le livre des lecteurs, via notamment l’animation d’un réseau de lecture publique.

Pour Dominique Nouvian, l’enjeu de la lecture dépasse le simple cadre des frontières nationales. En Afrique subsaharienne, « alors que 15 à 20 millions de jeunes sont attendus chaque année sur le marché du travail, 90 % des 15-25 ans se retrouvent soit au chômage, soit dans le secteur informel », commente-t-elle en 2016 au HuffingtonPost. Un objectif en particulier lui tient à cœur : « que ces jeunes soient les forces vives de l'économie africaine et mondiale de demain, et non pas ses victimes collatérales. »

Face à la transition démographique à venir en Afrique dans les décennies à venir, l’accès à la culture – et plus spécifiquement l’accès à la lecture au plus grand nombre – représente donc une opportunité pour relever le défi de la scolarisation.

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