Pourquoi Le Président Faustin Archange Touadéra fait-il peur ?

Pourquoi Le Président Faustin Archange Touadéra fait-il peur ?

Tribune rédigé par : Cyrille Dorien Chaptchet, Analyste politique

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Le Président de la République Centrafricaine, Son Excellence Monsieur Faustin Archange Touadéra est victime d’une campagne d’intoxication et de manipulation de l’opinion, commanditée par des personnes malveillantes issues d'une partie de l'opinion internationale, de certains partis d'opposition et d'une coalition nébuleuse de groupes armés. Pour les personnes averties, cette campagne n’est pas une surprise au vu des enjeux politiques, économiques et géopolitiques actuels en RCA.

Les manipulateurs de l’opinion estiment que les élections ont été entachées d'irrégularités, ils dénoncent un recours massif au vote par dérogation et tancent le Président Faustin Archange Touadéra de n’avoir pas atteint l’objectif de sécurité promis. Cette persistance à propager la désinformation et à faire l’apologie de la rébellion ne les honore certainement pas et n’honore pas la République Centrafricaine.

Faustin Archange Touadéra est titulaire de deux doctorats en mathématiques obtenus en 1986 à l'université Lille I et en 2004 à l'université de Yaoundé I. Il est passé par tous les postes clés de l'Université de Bangui, à savoir : Chef de département, Vice-doyen, entre autre, Président du CIHPM (Comité inter-états pour la standardisation des programmes de mathématiques dans les pays de langue française et l'océan Indien), Directeur Général de L’ENS, Vice-chancelier et Recteur de l'université de Bangui. En ce qui concerne son parcours politique, Faustin Archange Touadéra est nommé Premier ministre le 22 Janvier 2008 par l’ex-président François Bozizé. Il démissionne de ses fonctions de premier ministre le 12 janvier 2013, et devient Président de la République centrafricaine le 30 mars 2016.

Toutes proportions gardées, nous avons jugé important de fixer l’opinion sur certaines évidences :

Faustin Archange Touadéra est un panafricaniste et amoureux de son pays. En effet, depuis presque vingt-cinq ans, si on s’en tient à la période de 1996 à aujourd'hui. La République Centrafricaine est profondément déstabilisée. Les populations ne voient que du feu, puisqu’ils sont en proie, chaque demi-décennie, à des attaques rebelles qui donnent lieu à des pillages tous azimuts. La vie devient pour cette population un éternel recommencement. Il a fallu attendre le premier mandat de Faustin Archange Touadéra pour que ces pauvres populations renouent avec l’espoir d’un lendemain heureux, sans les crépitements des armes,  où chaque centrafricain pourrait aller et venir en toute quiétude, les jeunes enfants pourraient aller à l'école sans être inquiétés, les femmes pourraient vaquer à leurs occupations sans être victimes d’enlèvements et de violes divers.

Rappelons à l'opinion que Faustin Archange Touadéra a lâché du lest vis-à-vis des groupes armés, en allant signer les accords de Khartoum, en respectant le contenu de ces accords, en appelant à la responsabilité des uns et des autres et a même souhaité faire table rase sur le passé, au point de laisser circuler librement et en toute quiétude l’ex Président de la République François Bozizé, alors même que ce dernier est poursuivi par la justice internationale et est sous sanction de l’ONU. Très peu de Présidents en exercice auraient opté pour un comportement pareil. Même François Bozizé lui-même ne l’aurait pas fait dans un cas similaire, s’il était aux  affaires. Faustin Archange Touadéra l’a fait dans l’objectif d’obtenir un climat d'apaisement et de pouvoir unir les centrafricains.

Il est important de noter aussi le deux poids deux mesures lorsqu’on aborde la question de l’embargo sur les armes imposé à la RCA. En effet, la résolution onusienne 2454 qui avait été adoptée à l'unanimité, invitant tous les Etats membres de l'ONU à continuer de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou les transferts directs ou indirects à la République centrafricaine, d'armements et de matériels connexes, ainsi que toute assistance technique et aide financière en rapport avec les activités militaires est disproportionné.

Dans un contexte où les groupes rebelles prennent d’assaut plusieurs villes dans l'arrière pays, deviennent de plus en plus armés, possèdent des infrastructures de combat neufs et n’ont aucune difficulté de ravitaillement en nourritures et autres accessoires leur permettant de mener une vie normale. Ils ont toute la latitude de défaire toutes les stratégies de sécurité mises en place par le président Faustin archange Touadéra. Par conséquent, on est très loin de dire que ce dernier n’a pas respecté sa promesse en matière de sécurité du peuple centrafricain. Le président Faustin Archange Touadéra fait plutôt preuve de bravoure, car dans le but d'atteindre les objectifs de sécurité fixés, il a fait le paris courageux de sortir de l'ornière que la France a mis en place pour les pays francophones d’Afrique subsaharienne, avec différentes formes "d'Épée de Damoclès" qui les contraignent à suivre le chemin macabre du sous-développement. Ce pari est celui du rapprochement avec la Russie et de la signature de multiples accords de coopération avec son homologue le Président Vladimir Poutine. Cette situation a provoqué des grincements de dents du côté des officines de la françafrique.

En outre, on pourrait aussi se poser plusieurs questions pour tenter de comprendre cette situation de crise incessante en République centrafricaine.

Pourquoi Faustin Archange Touadéra est-il l'homme à abattre au sein de la classe politique centrafricaine ?

Quels sont les rôles des différents protagonistes dans cet imbroglio servi au peuple centrafricain ?

Pourquoi après avoir servi son pays pendant dix ans, sans résultats positifs, l'ex-président François Bozizé souhaite revenir aux affaires ? 

La MINUSCA, n’a-t-elle pas un agenda caché en République centrafricaine ?

Pourquoi l’opposant Georges Anicet Dologuelé peut-il faire une alliance avec François Bozizé, alors que c’est bien connu que ce dernier soutient certains groupes armés ?

Pourquoi la France, malgré tous les moyens en équipements militaires et infrastructures technologiques du domaine militaire, a échoué en République Centrafricaine ?

Pourquoi la France persiste-elle à rester en République Centrafricaine ?

Prenons le cas de la MINUSCA, ce qu’il faut bien comprendre c’est que sa raison d'être se trouve dans l’existence des groupes armés en République centrafricaine. Il devient très important pour l’Union africaine et les nations unis de clarifier la mission de cette entité et au besoin, renforcer ces responsabilités afin qu’elle puisse accomplir sa mission efficacement et dans des délais courts.

En ce qui concerne les élections du 27 décembre 2020 en République Centrafricaine, beaucoup pensent qu’en repoussant les élections, les groupes armés permettraient aux populations de l'arrière pays, en âge de voter d’accomplir leur devoir paisiblement. Ce qui est faux, car les groupes armés existent depuis belle lurette, en plus, ils ont piétiné les accords de Khartoum. Ce qui ne permet pas d’envisager un tel comportement de leur part. On ne peut pas éternellement repousser les dates, déstabilisant ainsi les institutions de la république. En outre, il y a eu la présence des observateurs internationaux lors de ce double scrutin, à date aucun d’entre eux n’a fait un quelconque constat d'irrégularité. Ils évoquent un recours massif au vote par dérogation, c'est-à-dire le fait pour un électeur d’aller voter dans une autre circonscription que la sienne. Il est important de préciser que le vote par dérogation est bel et bien prévu par le Code électoral centrafricain, et ce sous certaines conditions. Nous imaginons bien que la situation que vit ce pays en ce moment peut bien justifier le recours à cette disposition du code électoral.

Sans crainte d’être contredit, Faustin Archange Touadéra est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Compte tenu de vrais enjeux politiques, économiques, géopolitiques et géostratégiques de l’heure que beaucoup ne maîtrisent pas. Il serait très imprudent voire catastrophique de stopper cet élan ou de l'empêcher d’aller jusqu’au bout de sa vision. Il est le seul à l’heure actuelle dans le paysage politique centrafricain, qui a montré que l’on peut faire les choses différemment et a commencé à implémenter cette vision. Cette façon différente de faire les choses ne rencontre pas les désirs ignominieux contenus dans des agendas cachés de ses détracteurs. D'où cet acharnement.

En tant qu’universitaire de haut vol, Mathématicien puriste, Faustin Archange Touadéra utilise des méthodes très pédagogiques et basées sur sa connaissance des mathématiques. Il possède une vision claire, il est très à l’aise dans ses actions politiques et maîtrise parfaitement le chemin qu’il souhaite prendre. Ce qui représente un atout pour la République Centrafricaine et surtout pour la sous-région Afrique Centrale en proie à des multiples attaques des groupes armés et des manipulations françafricaines.

Il va sans dire que toutes ces affirmations sont de la pure manipulation de mauvais goût des personnes qui sont contre l’intérêt général, et qui cherchent à tout prix à noircir la réputation du Président Faustin Archange Touadéra, alors que c’est une personnalité de grande valeur qui rend de bons et loyaux services à l’Afrique en général, et au peuple centrafricains en particulier.

Ceux qui ne sont pas exposés à la gestion des enjeux actuels de la RCA ont tendance à croire que les choses sont faciles : ils veulent des choses et leurs contraires en même temps, oubliant  ainsi tous les enjeux politiques actuels en RCA et autour de la RCA.

 

Cyrille Dorien Chaptchet, Analyste politique.

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