Paris se prend une couche de (Dés)intox !

Anne Hidalgo est bel et bien en campagne. La maire de Paris délaisse un peu le luxe de l’Hôtel de Ville pour les plateaux de télévision afin d’y présenter son livre-programme « Respirer ».

Le cadavre du Parti socialiste bouge encore. Si Bruno Julliard a quitté le navire à la recherche d’un nouveau pavillon, le capitaine Hidalgo prend l’eau avec son pédalo. Il faut dire qu’il n’est pas prudent d’aller en haute mer avec un si frêle esquif et jouer dans la tempête. Pour être ramenée saine et sauve sur les côtes par les électeurs, Anne Hidalgo entreprend une large campagne de séduction aux surprenants accents. C’est en effet une peut-être première dans sa carrière politicienne : Hidalgo dit quelques vérités. Pour la responsabilité des échecs, il faudra attendre longtemps, éternellement même…

 

Crack et couacs en série

Anne Hidalgo était l’invitée de Public Sénat. La chaîne parlementaire est peu regardée, assez sérieuse, et constitue donc un lieu parfait pour répéter les arguments qui ne vont pas cesser d’être répétés jusqu’en mars 2020. Une heure d’émission pour dire que le temps de la candidature n’est pas encore venu, mais pour marteler que son bilan est bon malgré quelques petits ratés. Parmi eux, il y a la sécurité. Paris est devenue la capitale du crime (avec Marseille), et si Hidalgo n’est pas en charge de la sécurité (c’est le préfet de police), elle n’est pourtant pas étrangère au délitement de la situation. Entre ses appels d’air pour les migrants, sa volonté farouche de mettre des familles à problèmes dans tous les quartiers et ses faiblesses pour les drogués qui jouissent aujourd’hui de salles de shoot, Hidalgo n’a fait qu’empirer un problème déjà grave.

D’ailleurs c’est sur la question de la drogue que la maire de Paris tire la sonnette d’alarme. Elle fait mine de se réveiller et dénonce l’existence de « quartiers complètement pourris par la drogue ». Mais la maire de Paris n’est pas qu’une indignée, c’est une élue qui avance des solutions. Celle pour lutter contre le crack laisse songeur : un millions d’euros pour mieux accompagner et loger les drogués. A croire qu’il vaut mieux être drogué et menaçant que désespéré et déclassé social pour recevoir l’attention et les aides de la maire socialiste.

Pour une fois qu’Hidalgo part d’un constat qui crève les yeux, il est dommage qu’elle se plante. Sera-t-elle moins défaillante avec le Vélib’ dont le service est toujours aussi anémique ? Là, Hidalgo reconnaît le raté et en prend « la responsabilité ». Sauf qu’elle ajoute qu’elle a lancé « une inspection générale de ses services pour voir pourquoi on a eu cette entreprise (Smovengo) qui finalement n’était pas au rendez-vous au moment où elle devait l’être ». Rendez-vous manqué donc. Fermez le banc, il n’y a plus rien à dire, ni de solution !

La catastrophe d’Autolib’, ce n’est pas sa faute, la pollution, ce n’est pas sa faute, et pour ce qui est de rats qui pullulent il ne s’agit que d’une horrible intox. Ce n’est pas Hidalgo qui le dit, mais le site Désintox lancé par les quelques camarades PS qui sont toujours sur le bateau. Ils veulent faire briller le bilan d’Hidalgo en qualifiant de « fake news » tout ce qui ne ferait pas assez l’éloge d’une maire passée complètement au travers de son mandat. Les mesures de l’Hôtel de Ville sont désespérées, mais on espère un malentendu pour continuer à arpenter les bureaux dorés de cette mairie pas comme les autres. L’espoir fait vivre ! 

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