Covid-19 : Hidalgo tombe le masque

La maire de Paris, toujours en poste pour encore quelques mois, compte bien sur la crise du Covid-19 pour faire sa promo électorale. Mais en promettant des masques aux Parisiens, l’édile s’est mis des bâtons dans les roues du vélib.

L’occasion était trop belle : après un score honorable au premier tour grâce à une absentions record de la part des Parisiens inquiets de la propagation du coronavirus, le confinement arrivait à point nommé pour Anne Hidalgo.

Dans cette situation anxiogène de crise, l’édile comptait jouer à fond la carte de la « maire – mère », attentionnée et sociale, pour câliner ses administrés. En socialie, on a jamais assez d’États-nounou, il faut encore que la municipalité nous cajole encore.

La mairie de Paris a donc surfé sur la crise sanitaire pour soigner son image, alors que le second tour des élections municipales pourrait finalement avoir lieu au mois de juin. Elle a donc eu la glorieuse idée de faire émerger « temporairement » de nouvelles pistes cyclables, par exemple de l’Étoile à la Défense ou rue de Rivoli. Une bonne idée sur le papier, car chaque parisien qui chevauche la « petite reine », c’est un parisien qui désengorge les transports en commun, vecteurs de propagation du virus. Seulement voilà : désengorger les transports en commun, cela passe aussi par laisser les automobilistes circuler. Le véhicule individuel est probablement le moyen de transport le plus sûr en ce moment pour tous les habitants de la grande couronne qui travaillent sur Paris. Mais faut-il encore qu’ils puissent circuler, travailler et se garer dans la capitale.

 Mais on reconnaît la gauche à cette manie de faire triompher l’idéologie sur le monde réel. Et ici, dans un trip quasi murayen, de profiter d’une pandémie mondiale pour installer dans la nuit des pistes cyclables. Comme disait Audiard, ils osent tout, et c’est à ça qu’on les reconnaît.

Le scandale des masques de la mairie de Paris

 Début avril, Anne Hidalgo fanfaronnait dans les colonnes du Parisien, et annonçait pompeusement sa volonté de distribuer gracieusement (comprendre, grâce à l’argent du contribuable) près de 2,2millions de masques en tissus à ses administrés.

Mais dès le 19 avril, les choses se corsent et visiblement, son équipe de communicants lui conseille de lever le pied sur ses promesses : au JDD, elle annonce que « 500.000 masques allaient être disponibles d'ici la fin avril pour les Parisiens ». Une sacrée décrue.

Moins de masques annoncés, et surtout des masques qui tardent à arriver. Toujours aucune nouvelle de ces fameux masques à la fin du mois d’avril, toujours aucune nouvelle de ces fameux masques au début du mois de mai.

Mais depuis quelques jours, les fameux masques sont arrivés. Et c’est la douche froide pour les maires d’arrondissements et pour les administrés : réservés en priorités aux personnes les plus fragiles et les personnes âgées, ces masques commandés par les équipes municipales se révèlent finalement trop fins et absolument pas pratiques. Un fiasco !

« On les a testés. Pas un seul n'a résisté », raconte au Parisien Jean-François Legaret maire (DVD) du Ier arrondissement. Des masques distribués en mairie, qui se détachent à la manière d’un rouleau de sopalin et qui s’attachent avec trois lanières derrière la tête… Nos anciens vont s’amuser ! « Trois lanières à fermer derrière la tête, pour des personnes âgées ça aurait été un peu compliqué », admet François Vauglin maire (PS) du XIe.

Samedi dernier, la mairie de Paris elle-même a admis, via l'adjoint chargé du dossier, Jean-François Martins, que les masques commandés par la municipalité  « pas totalement satisfaisants d'un point de vue praticité et confort pour les plus de 70 ans ». Mais diable, qui dans cette équipe municipale a pu valider une telle commande ? De l’argent public gaspillé, et des Parisiens qui attendaient certainement plus de leur municipalité pour affronter le Covid-19. En espérant que les électeurs s’en souviennent en juin prochain…

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