Et maintenant Edouard Philippe à la mairie de Paris ?

Alors que la saillie de Marcel Campion fait la Une des journaux, une timide percée d’Edouard Philippe est passée inaperçue. Mauvais timing, mais qui aurait pu prévoir les propos plein de fiel de l’ancien forain préféré de la municipalité parisienne ? Rendons donc à Philippe ce qui lui revient et décortiquons les propos de son député fétiche, Cédric Villani.

Invité sur le plateau de Dimanche en Politique (France 3), Cédric Villani, ancien mathématicien passé à la moulinette politicienne d’Emmanuel Macron, a plaidé pour une mairie de Paris aux couleurs de La République en Marche. Rien de très surprenant pour ce député de la majorité si ce n’est qu’il était le président du comité de soutien d’Anne Hidalgo en 2014... Un passé que Villani tente maladroitement de faire oublier en proposant le Premier ministre au poste de maire de Paris.

 

Une porte de sortie dorée pour un Premier ministre dépassé ?

D’où vient cette sortie inattendue ? Difficile à dire. Lorsque interrogé sur celui qui pourrait prendre la tête de la liste En Marche pour les municipales parisiennes, Villani botte d’abord en touche en affirmant que  « pour l’instant, il y a beaucoup de noms qui circulent » et qu’il est « trop tôt pour décider ». Ainsi, le député renvoie tous les députés et ministres de son camp dos à dos. Mais c’était sans compter sur le journaliste qui le relance en lui demandant si « Edouard Philippe serait la solution ». Et là, Villani répond du tac au tac : « Édouard Philippe serait bien sûr un grand maire de Paris, j’en suis persuadé, il a déjà été un grand maire du Havre, mais nous ne sommes pas ici pour choisir le nom maintenant ».

Et voilà un nouveau nom sorti du grand chapeau d’En Marche. Combien d’autres après celui d’Edouard Philippe ? Impossible à dire tant « Il y en a d’autres qui seraient aussi d’excellents candidats » (dixit Villani). Les appétits s’aiguisent et tout le monde y va de son commentaire pour son champion. Villani mise donc sur Philippe et ce n’est peut-être pas qu’une réflexion à voix haute. Villani est connu pour être dans les petits papiers d’Emmanuel Macron. Un président de la République qui prépare peut-être le terrain pour le second temps de son mandat.

Bien que la « République des fusibles » soit réfutée en haut lieu, Macron doit jouer sur plusieurs tableaux et devra donc changer de Premier ministre à un moment donné. Pourquoi pas entre les européennes et les municipales histoire de gauchiser un peu son discours ? Et pour ne froisser personne, il propulserait Edouard Philippe candidat à la mairie de Paris. Philippe à Paris, Collomb à Lyon, il ne reste plus qu’un candidat idoine à trouver pour Marseille et les trois premières villes de France seront dans la besace présidentielle.

Un éventuel parachutage d’Edouard Philippe à Paris ferait toutefois très « ancien monde ». Du Havre à Paris grâce à la case Matignon, cela sent la bonne vieille soupe politicienne. Et pour quelle politique ? Quand on sait que Cédric Villani regrette juste les « problèmes de méthode » de l’équipe Hidalgo, on est en droit de s’interroger sur le projet d’En Marche pour la capitale. Pourquoi virer Hidalgo pour y mettre un clone un peu plus à droite sur le papier et qui n’aura pour souci de ne changer que la méthode défaillante de l’actuelle maire ? Une question simple qui va rester longtemps sans réponse. Les Parisiens ne sont pas au bout de leurs ennuis !

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