Les eaux troubles du nucléaire japonais

Le typhon Hagibis a frappé sévèrement le japon faisant des dizaines de morts et des milliers de sans-abris. Ce sont des pluies d’une violence inégalées qui ont ruiné de nombreux territoires à l’est du pays.

Ces événements climatiques se sont produits pendant la coupe du monde de rugby forçant les organisateurs à annuler (pour la première fois de l’histoire de cette compétition) purement et simplement 2 matchs importants entre la France et l’Angleterre et Nouvelle Zélande/Italie.Le japon devant accueillir les Jeux olympiques en 2020, la presse nippone s’interroge légitimement sur les capacités d’accueillir un tel événement planétaire dans ces conditions de multiplications de ces catastrophes qui s’inscrivent dans le réchauffement climatique .

Le typhon à violemment touché les provinces de Miyagi et de Fukushima par des pluies torrentielles qui ont entraîné des crues impressionnantes et de nombreuses rivières débordant de leur lit ont tout dévasté sur leurs passages. "Près de Fukushima, les pluies ont emporté d'énormes sacs de déchets nucléaires remplis de terre et de feuillages issus de la décontamination radioactive des sols situés aux alentours de la centrale nucléaire." (L’Express, 15/10/2019).

Sur les 2667 sacs stockés sur ce site 10 ont été emportés et 6 retrouvés selon un porte-parole du ministère de l’environnement japonais. La chaîne publique NHK minimise à son tour la gravité du problème en réduisant la crue de la rivière en simple "courant d’eau". Ce que conteste la municipalité de Tamura dans la préfecture de Fukushima "un nombre inconnu de sacs de déchets ont été emportés dans la rivière Furumichi", (LCI, 14/10/2019).

Bien évidemment le japon cherche à pacifier le dossier nucléaire et climatique avant les JO de 2020 pour afficher une image positive à l’opinion publique internationale. D’autant qu’une autre affaire lui pose bien des soucis

.En effet un milliard de litres d’eau radioactive est stocké dans 580 gigantesques réservoirs qui arrivent a saturation .La société Tecpo, qui exploite la centrale nucléaire, a annoncé le 9 août que d'ici, trois ans, il n'y aura plus la place nécessaire pour stocker cette eau. Le gouvernement japonais envisagerait donc de la rejeter dans l'océan Pacifique (RFI). Mais la société Tecpo, qui exploite la centrale nucléaire, a annoncé le 9 août que d'ici, trois ans, il n'y aura plus la place nécessaire pour stocker cette eau. Le gouvernement japonais envisagerait donc de la rejeter dans l'océan Pacifique, relate RFI. 

"C'est un problème qui concerne le monde entier"

Mais cette option fait bondir les défenseurs de l'environnement et inquiète la Corée du Sud voisine.  "Déverser cette eau dans l'océan est l'option la moins chère et la plus rapide, et nous sommes convaincus que c'est ce que fera le Japon", déplore Chang Mari, représentante de Greenpeace en Corée du Sud, à RFI. "Une fois que cette eau contaminée et ce tritium seront dans l'océan, ils suivront les courants marins et se retrouveront partout, y compris dans la mer à l'est de la Corée", ajoute-t-elle (RFI). Si le japon donne l’autorisation à Tepco de déverser l’eau contaminée dans le pacifique il faudra attendre des dizaines d’années pour espérer un retour à la « normale » concernant les taux de radioactivité.

Seule une mobilisation internationale forte pourra empêcher cette catastrophe en devenir et rechercher des solutions alternatives au rejet dans l’océan. Cela montre s’il en était besoin l’incompétence actuelle des autorités à gérer les risques issus du nucléaire sauf à rajouter des catastrophes aux catastrophes. Le mieux serait évidemment de ne pas en produire.

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