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Billet de blog 10 juin 2022

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Asensi, ou le crépuscule de la politique sale

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je ne connais pas personnellement ce monsieur, qu'on dit avoir été un grand homme de gauche. Ce que j'en vois, ce sont les agissements actuels, qui n'ont rien de grand, ni de gauche.

D'un point de vue objectif, une fois la NUPES créée, quel est le sens d'une candidature de gauche supplémentaire sur la circonscription de Sevran / Tremblay-En-France / Villepinte, candidature forgée de toute pièce par M. Asensi ?

On pourrait penser qu'il s'agit d'une de ses candidatures dissidentes « attendues », de ceux qui se rebellent contre le parachutage d'une personnalité politique « étrangère » à la circonscription. À l'évidence non : Clémentine Autain, candidate investie par la NUPES, a été conseillère municipale sur la ville de Sevran entre 2012 et 2017, et est députée de la circonscription depuis 2017. Elle est connue et reconnue localement et nationalement, et donc tout à fait légitime. Le sujet n'est donc pas là.

S'agit-il alors de différences substantielles sur le projet politique ? Non plus : la profession de foi de Virginie de Carvalho reprend les mêmes orientations que celles avancées par la NUPES, et spécifie même qu'elle se joindra à la majorité de gauche à l'assemblée, ajoutant au passage un flou sur l'origine de son investiture.

Alors pourquoi cette candidature ?

La seule raison de cette candidature est de tenter de faire perdre Clémentine Autain. Dans les faits, c'est une candidature qui aide la macronie, plus qu'elle ne la combat.

Et c'est d'autant plus regrettable, que les manœuvres de campagne de cette candidature sont d'une autre époque, celle où tous les coups étaient permis.

Tout d'abord, les appuis qu'on est allé chercher : Najat Mabchour, Stéphane Gatignon, des opportunistes, aux innombrables changements de casquette politique, et qui ont appelé à voter Macron en 2017.

Ensuite, par la manière d'entretenir la confusion, par leur slogan et leur différentes déclarations, afin de faire croire que cette candidature est portée par les partis de gauche, allant jusqu'à se nommer sur leur profession de foi « l'union de la gauche populaire et de l'écologie », alors qu'ils ne représentent qu'eux-mêmes, en opposition contre la gauche rassemblée dans la NUPES.

Cette candidature n'est pas le fruit d'un combat politique, elle est le fruit d'un excès d'ego, celui d'un homme rancunier, qui ne supporte pas que celle qu'il a aidé à devenir députée ait choisi de ne pas être sa marionnette et de mener ses propres combats. C'est le fruit d'un homme pour lequel les luttes de pouvoir sont plus importantes que les idéaux. L'intérêt des tremblaysiens ? L'intérêt des français, face aux attaques libérales incessantes, auxquelles la NUPES veut mettre fin ? L'intérêt des combats pour le progrès social ?... Monsieur Asensi n'en a que faire. Son seul objectif est de faire perdre Clémentine Autain.

Il mène une politique sale, d'un autre temps, à l'opposé de la politique à laquelle la société aspire, dans laquelle ce sont l'intérêt du peuple et les combats idéologiques qui priment les aspirations personnelles.

Peut-être fut-il un grand homme, mais à l'éclairage de son comportement actuel, on peut se demander si on doit ce qu'il a accompli jusqu'ici à ses valeurs, ou à son appétit de pouvoir, qui nécessitait de grandes victoires.

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